Élections américaines: Un pas en avant, deux pas en arrière


Par Rédigé le 25/11/2016 (dernière modification le 23/11/2016)

L’élection de Donald Trump, successeur du premier président noir des États-Unis, en a surpris plus d’un. Ce vote contestataire reflète un fléau de plus grande envergure: l’usure du système.


Photo (c) Max Goldberg

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La politique du "plus c’est gros, plus ça passe ", semble finalement avoir fait des adeptes. L’engouement pour le milliardaire couronne la lassitude du peuple, désabusé par la politique et les médias. Tout comme la montée du FN en France, les résultats inattendus de ces élections sont le symbole d’un malaise occidental et d’un monde en plein ébullition.

Les instabilités et transformations géopolitiques au Moyen-Orient, la dégradation du dialogue entre la Russie et l’Occident, l’affaiblissement des gouvernements au profit d’acteurs non-étatiques, l’apparition du terrorisme comme nouvelle forme de guerre, sont probablement des manifestations de la mutation du système mondial.

L’Occident vieilli, l’extrémisme bat son plein, d’un côté comme de l’autre. En Europe, les discours orientés sur la "Nation" séduisent, alors que le phénomène de repli identitaire augmente. L’électorat réclame du changement et les politiques l’ont bien compris. Dernièrement, le Brexit illustre le rejet du statu quo et la volonté de modifier l’ordre établi. Et c’est finalement ce dont nous avons peut-être besoin et ce que nous réclamons: une métamorphose structurelle de l’ordre mondial.

Donald Trump promet de restaurer la "grandeur de la Nation", ou bien son mandat marquera peut-être, la fin de l’hégémonie américaine au profit d’une nouvelle superpuissance (Chine, Brésil, Russie, etc). Dans le pire ou le meilleur des cas, sa politique pourrait bouleverser les équilibres mondiaux. Ce souffle nouveau sera-t-il signe de renaissance ou de décomposition d’un système à l’agonie?

Quoi qu’il en soit, la montée des partis extrêmes et radicaux qui déchaînent le monde, s’inscrit dans des bouleversements systémiques plus larges. Cette époque marque peut-être le passage vers une nouvelle ère, dont la transition ne saurait se faire sans une suspension momentanée de nos acquis et valeurs universels. Alors l’Homme a-t-il réellement évolué, s’est-il véritablement assagi au fil du temps? Avons-nous tiré des leçons du chauvinisme, autrefois facteur de guerres? L’Histoire montre que l'Homme semble avoir besoin de ces cycles de violences politiques pour réaliser des avancées intellectuelles majeures. Comme le disait si justement Antonio Gramsci: "Le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres".







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