Expo "Paysages de neige"


Par Rédigé le 25/12/2017 (dernière modification le 25/12/2017)

Jusqu'au 26 janvier 2018, la galerie De Jonckheere située sur le Larvotto à Monaco expose l'hiver sous les pinceaux des peintres les plus représentatifs des écoles du Nord au XVIIe siècle.


"Paysages de Neige" De Jonckheree. Photo montage(c) Charlotte Service-Longépé

Paysages de neige.mp3  (1.6 Mo)

De Jonckheere rassemble des petits bijoux picturaux pour une exposition unique de rares tableaux des maîtres flamands: Adam Van Breen, Adriaen Van Stalbemt, Peter Brueghel Le Jeune, Hendrick Avercamp.

L'hiver 1560 fut particulièrement rigoureux dans le Nord de l’Europe si bien que cette époque est évoquée comme le "Petit Âge glaciaire". Aux Pays-Bas, cette atmosphère de froidure, de neige et de givre a inspiré des peintres flamands pour dépeindre des scènes hivernales.
La neige domine les tableaux, mais ceux-ci ne sont pas dénués de vie ni d'activité. Les personnages en costumes colorés font vivre chaque tableau, représentant des activités festives, patinage, promenades joyeuses.


Crucifixion sous la neige par Karl Van Mander. Photo (c) Charlotte Service-Longépé
Ces représentations deviennent même une mode picturale populaire, la première dans l’histoire de l’art. Hendrick Avercamp sera un des premiers à peindre avec succès des scènes de genre hivernal, si bien qu'il en fera sa spécialité.
À l'inverse des tableaux typiques flamands dans lesquels domine une palette chromatique sombre, les œuvres de paysage de neige rayonnent par leur intense luminosité. Les contours des arbres couverts de givre sont soulignés par de fines lignes blanches, les maisons et les églises prennent des teintes pastel. À noter un tableau atypique de paysage de neige avec crucifixion peint par Carel Van Mader illustrant un Golgotha hivernal.
Plusieurs siècles plus tard, les impressionnistes Monet et Sysley peindront également des scènes hivernales en faisant eux aussi jouer la lumière sur des paysages de campagnes enneigées.

Le second espace d'exposition montre l’approche des modernes tels que Philippe Pastor. Celui-ci réinvente la transcription de la neige sur sa toile avec relief par le biais d’aplats de pigment blanc. Une approche abstraite sans personnage, la nature seule qui semble retranscrire un paysage de banquise crevassée, menacée par le réchauffement climatique.


Philippe Pastor et Hendrick Avercamp. Photo montage (c) Charlotte Service-Longépé
"Pendant un instant inépuisable, je me suis assis
près de la neige.
L'âme
qui me servait de refuge s'évanouit et devint
une immensité
appuyée sur l'immensité.
La perfection affluait et renonçait à tout recours
à la réflexion.
La neige
était à un doigt de renoncer à être neige"
.
François Jacqmin, "Le Livre de la Neige".







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