Le Piaasi, vers la mutation


Par Max Dominique Ayissi Rédigé le 12/08/2009 (dernière modification le 12/08/2009)

Le Projet d’Appui aux Acteurs du Secteur Informel fait son bilan, dans la perspective de sa mutation en fonds d’aide.


Les petits métiers que finance le Piaasi (journalducameroun.com)
C’est un Coordinateur National satisfait qui a réuni les hommes de médias ce 11 août 2009, pour un point de presse au siège de l’institution à Yaoundé. Claude Melone Loe lançait une campagne de communication sur la phase pilote du Piaasi.
En cinq ans, le programme a consommé 5 860 809 000 des 9 659 900 000 Fcfa qui lui ont été alloués, dans le cadre des fonds PPTE, pour un taux de consommation de 60,67%. Selon les chiffres rendus publics par le Piaasi, le taux d’utilisation des fonds consommés est de l’ordre de 98%.
Cet argent est allé, à hauteur de 4 022 000 000 Fcfa, à 6365 microprojets qui ont permis, à autant d’acteurs camerounais du secteur informel, de créer plus de 24 542 emplois. Ce qui représente un taux de financement de l’ordre de 20,37%. Puisque le Piaasi a reçu, depuis 2005, 31265 demandes de financement. Des chiffres qui, de l’avis de Claude Melone Loe, sont largement au-dessus des attentes.
3600 jeunes ont été sensibilisés entre 2005 et 2007, dans le cadre de 16 séminaires visant l’organisation des activités du secteur. 456 maîtres artisans ont été formés dans divers corps de métiers au cours de 20 séminaires régionaux. 10522 ont été formés dans les techniques managériales pour la réussite de leurs projets. L’institution a en aussi réhabilité des Centres de Formation Professionnel Rapide et aidé au montage des microprojets.

Phase pilote

Créé en 2003, au plus fort de l’explosion du chômage, le Piaasi avait reçu mission, pour une phase pilote de trois ans, de favoriser la mutation à terme du secteur informel vers le secteur formel, à travers le renforcement des capacités des acteurs sur le triple plan de l’organisation, de la formation et du financement des activités. C’est en 2005 que le Projet Intégré d’Aide aux Acteurs du Secteur Informel entre effectivement en fonction.
Les deux premières années seront consacrées à la mise en place des structures et du personnel, dont une Coordination Nationale et les Coordination Régionales. Le patron du Piaasi affirme que son organisme couvre aujourd’hui tous les départements et 254 arrondissements, des 280 que compte le Cameroun. Soit un taux de couverture de 90,71%.

Le recouvrement

Après avoir trainé le pas pour rendre les fonds qui leurs ont été alloués, les bénéficiaires des crédits Piassi reviennent progressivement à de meilleurs sentiments. Mais avec un taux de 30%, en 2008 (le meilleur jamais atteint), le recouvrement reste incontestablement le principal problème auquel le Piaasi fait face. A l’origine de cette petite performance, « la mauvaise foi » de certains attributaires, qui disparaissent ou se font passé pour morts. C’est d’ailleurs la raison d’être de la campagne en cours.
La Coordination Nationale vient donc de créer une section spécialement chargée du recouvrement, dotée de brigades régionales, dans le but avoué d’améliorer, dès cette année 2009, la récupération des fonds prêtés, pour permettre de financer les nombreux dossiers qui sont toujours en attente. La sécurisation des fonds est de rigueur. Le Piaasi a donc revu les conditions d’attribution. Dès cette année, outre un avaliste, pour répondre des fonds alloués, les candidats devront présenter un certificat de domiciliation, délivré par le maire de la commune où rédie leur activité.


La mutation

La convention, entre les bailleurs de fonds et l’Etat du Cameroun, prévoyait, au terme des trois années pilotes (2005-2008), que le Projet d’Appui aux Acteurs du Secteur Informel (Piassi) mute en Fonds d’Appui aux Acteurs du Secteur Informel(Fiaasi). Cette mutation qui devrait permettre le décaissement de 40 milliards de francs Cfa. Selon le Coordinateur national, les textes de mutation ont déjà été transmis pour études.
Interrogé sur le retard accusé, Claude Loé Melone n’a pas voulu parler de lenteur, mais plutôt d’un processus qui durait dans le temps. Il s’est aussi voulu rassurant quand à la pérennisation de ce projet. Près de 5 milliards restent disponibles pour permettre au Piaasi de continuer à remplir ses missions statutaires.
Il reste, et Claude Melone Loe le reconnait, que l’environnement camerounais, qui est caractérisé par la sortie chaque année d’environ 300 000 jeunes des circuits académiques, pour le marché de l’emploi, nécessite certainement d’avantages d’efforts de la part des pouvoirs publics. C’est tout l’intérêt d’une mutation rapide du projet en fonds mais aussi le recouvrement de tous les fonds prêtés.






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