Woinic, le "plus grand sanglier du monde" fête ses huit ans


Par Rédigé le 06/08/2016 (dernière modification le 05/08/2016)

Le 8 août 2008 était inaugurée la structure de sanglier géant, installée sur une aire d'autoroute ardennaise. Son impact touristique est pour le moins contrasté.


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Plus de 52.000 visiteurs en 2015, soit le troisième site le plus visité des Ardennes, après le château fort de Sedan et le parc animalier de Saint-Laurent. À première vue, Woinic a réussi son pari, celui d’attirer les touristes et de favoriser la visibilité du département. Pourtant, force est de constater que la curiosité des débuts s’est quelque peu estompée. À ses débuts, en 2008, il n’était pas rare de voir jusqu’à 5.000 personnes venir admirer la structure, des personnes surement avides de voir ce qui faisait alors l’objet de nombreuses polémiques.

Pour rappel, le vote, le 25 juillet 2008, de l’achat du "plus grand sanglier du monde" par le Conseil départemental avait laissé peu de personnes indifférentes, les réactions allant de l’amusement à l’indignation; une indignation liée notamment à son coût: 600.000 euros. L’édifice, construit par le sculpteur Eric Sleziak entre 1983 et 1993, prend le nom de Woinic, contraction des prénoms des parents de l’artiste ardennais, Woidouche et Nicole.

Censé représenter les Ardennes, dont l’un des symboles est le sanglier, Woinic a quelque peu échoué à attirer les touristes extérieurs au département. Entre 2009 et 2013, seuls 13% des véhicules qui se sont arrêtés pour visiter le fameux sanglier étaient étrangers. Parmi eux, une écrasante majorité de Belges (53%) suivis par les Néerlandais (15%), les Allemands (13%) et les Luxembourgeois (7%). Autrement dit, on pouvait s’y attendre mais les chiffres le prouvent: la structure ne constitue pas une attraction en soi, pour laquelle les touristes se déplacent. Elle est davantage perçue comme une curiosité que l’on aperçoit en passant et qui peut pousser à faire un petit arrêt pour la voir de plus près. Jean Villemain, de la direction de la communication du Conseil Départemental, le reconnait d’ailleurs aisément: "Concernant la clientèle non ardennaise, les touristes ne viennent pas forcément pour Woinic mais s’y arrêtent volontiers, quitte à faire un détour".

Malheureusement, il semble que même pour les Ardennais, l’intérêt se soit quelque peu émoussé et la curiosité des débuts semble être passée. Entre 2009 et 2013, le nombre de véhicules s’arrêtant pour observer Woinic a ainsi décru de 45%, passant de près de 43.000 à 23.000 visites annuelles. Aujourd’hui, ce n’est pas un jour qu’il faut pour atteindre 5.000 visiteurs mais un ou plusieurs mois; avec des chiffres évidemment meilleurs en été (9.000 visiteurs en août 2014).

Pris globalement, l’impact sur l’attractivité touristique de l’installation de Woinic est donc nulle. 2008 et 2009 avaient pourtant vu un pic de fréquentation touristique - probablement impulsé par le sanglier géant (10 mètres de haut, 14 m de large) - puisque ces deux années furent les seules durant lesquelles le cap des 600.000 touristes fut franchi. Mais l’embellie fut de courte durée et, en 2014, les chiffres sont revenus au niveau de 2007 voire moins (459.000 contre 490.000). La crise économique, avancée comme explication par le Conseil départemental, y est peut être pour quelque chose d’autant que 2015 a vu un rebond à 541.000 touristes dans les Ardennes.

En tout cas, le Conseil départemental croit au potentiel touristique de Woinic. En avril 2016, 520.000 euros ont été consacrées pour refaire le socle de la structure et favoriser l’accueil touristique avec notamment la construction d’une aire de jeux et de trois parcelles pour des porteurs de projets dans hôtellerie ou la restauration. Une fois encore, les sceptiques sont nombreux. Il faudra certainement moins de huit ans pour constater ou non l’envol touristique de Woinic.







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