Wanderlust Ice & Ink — Art & Culture: Czech-In, une fenêtre parisienne sur les cinémas tchèque et slovaque. (c) Czech-In
Découvrir un cinéma étranger passe aussi par les personnes qui choisissent les films, les accompagnent et leur trouvent un écran. Avant qu’une œuvre ne rencontre ses spectateurs, un travail de programmation et de transmission s’engage : repérer les films, construire une sélection, préparer leur présentation et permettre au public d’en comprendre le contexte. Dans cette chaîne, les festivals occupent une place particulière. Ils donnent une visibilité à des œuvres que l’on n’aurait peut-être pas croisées autrement et créent les conditions d’une découverte collective. À Paris, le festival Czech-In remplit cette fonction pour les cinématographies tchèque et slovaque. Fondé en 2009, il réunit des fictions contemporaines, des documentaires et des œuvres du patrimoine. La majorité des films proposés sont inédits en France et présentés en version originale sous-titrée en français. Pour les spectateurs, cette programmation offre l’occasion de découvrir des artistes et des récits auxquels ils n’ont pas nécessairement accès dans leurs habitudes de cinéma. La sélection est au cœur de cette rencontre.
Programmer un festival revient à mettre des œuvres en relation, à leur donner une place dans un ensemble et à proposer plusieurs chemins au public. Un film peut attirer par son sujet, un autre par sa mise en scène, un troisième par le regard singulier de son auteur. D’une séance à l’autre, des correspondances apparaissent : une question traverse plusieurs générations, un même territoire se transforme, une expérience intime rejoint une histoire collective. Le spectateur construit progressivement ses propres repères. Faire découvrir les cinémas tchèque et slovaque suppose également de laisser une place à leurs différences. Deux œuvres issues d’un même pays peuvent offrir des visions très éloignées de la société, de la famille ou de la liberté. Les sensibilités varient selon les auteurs, les générations et les choix artistiques. Une programmation diversifiée permet précisément d’approcher cette pluralité : elle invite à découvrir des expressions individuelles plutôt qu’à chercher dans chaque film le portrait définitif d’une nation. La présence de fictions, de documentaires et de films du patrimoine multiplie ces perspectives. La fiction donne accès à des personnages, à leurs contradictions et à leurs relations. Le documentaire propose d’observer des personnes, des lieux ou des événements à travers le regard d’un cinéaste. Les œuvres plus anciennes permettent, quant à elles, de rencontrer les formes, les préoccupations et les audaces d’une autre époque. Leur rapprochement encourage une lecture du cinéma dans la durée, attentive aux héritages comme aux changements. La version originale participe pleinement à cette expérience. Entendre les voix des interprètes, leurs intonations, les silences et le rythme des échanges permet d’approcher une dimension du film que les seules images ne transmettent pas. Même lorsque la langue nous est inconnue, elle possède une présence : elle donne une texture aux conversations et contribue à la manière dont les personnages existent à l’écran. Le sous-titrage accompagne cette écoute et rend possible la rencontre avec le récit.
Programmer un festival revient à mettre des œuvres en relation, à leur donner une place dans un ensemble et à proposer plusieurs chemins au public. Un film peut attirer par son sujet, un autre par sa mise en scène, un troisième par le regard singulier de son auteur. D’une séance à l’autre, des correspondances apparaissent : une question traverse plusieurs générations, un même territoire se transforme, une expérience intime rejoint une histoire collective. Le spectateur construit progressivement ses propres repères. Faire découvrir les cinémas tchèque et slovaque suppose également de laisser une place à leurs différences. Deux œuvres issues d’un même pays peuvent offrir des visions très éloignées de la société, de la famille ou de la liberté. Les sensibilités varient selon les auteurs, les générations et les choix artistiques. Une programmation diversifiée permet précisément d’approcher cette pluralité : elle invite à découvrir des expressions individuelles plutôt qu’à chercher dans chaque film le portrait définitif d’une nation. La présence de fictions, de documentaires et de films du patrimoine multiplie ces perspectives. La fiction donne accès à des personnages, à leurs contradictions et à leurs relations. Le documentaire propose d’observer des personnes, des lieux ou des événements à travers le regard d’un cinéaste. Les œuvres plus anciennes permettent, quant à elles, de rencontrer les formes, les préoccupations et les audaces d’une autre époque. Leur rapprochement encourage une lecture du cinéma dans la durée, attentive aux héritages comme aux changements. La version originale participe pleinement à cette expérience. Entendre les voix des interprètes, leurs intonations, les silences et le rythme des échanges permet d’approcher une dimension du film que les seules images ne transmettent pas. Même lorsque la langue nous est inconnue, elle possède une présence : elle donne une texture aux conversations et contribue à la manière dont les personnages existent à l’écran. Le sous-titrage accompagne cette écoute et rend possible la rencontre avec le récit.
Czech-In prolonge également les projections par des rencontres, des débats et des master classes, intégrés à sa démarche culturelle. Ces échanges peuvent éclairer un choix de réalisation, préciser le contexte d’une œuvre ou ouvrir une discussion sur ce qu’elle a suscité. Ils donnent aussi au public une place active. Une question posée après une séance peut faire surgir un détail jusque-là passé inaperçu ; une réponse peut modifier la lecture d’une scène ou donner envie d’explorer d’autres films.
Pour Wanderlust Ice & Ink, cette ouverture constitue une manière de voyager par la culture. Le cinéma nous rend attentifs à des lieux que nous n’avons jamais visités, mais aussi à des gestes et à des situations que nous reconnaissons. Une cuisine familiale, un trajet quotidien, une dispute ou un moment de fête deviennent des points de rencontre entre des expériences différentes. La curiosité naît autant de ce qui nous surprend que de ce qui nous semble familier. C’est là que réside l’intérêt d’un rendez-vous comme Czech-In : offrir le temps et l’espace nécessaires pour regarder ces œuvres, puis laisser la découverte se poursuivre. Retenir le nom d’une réalisatrice, chercher un autre film, s’intéresser à une période de l’histoire du cinéma ou simplement repenser à une scène quelques jours plus tard. Le voyage commencé dans une salle parisienne peut ainsi se prolonger bien après la projection.
Pour Wanderlust Ice & Ink, cette ouverture constitue une manière de voyager par la culture. Le cinéma nous rend attentifs à des lieux que nous n’avons jamais visités, mais aussi à des gestes et à des situations que nous reconnaissons. Une cuisine familiale, un trajet quotidien, une dispute ou un moment de fête deviennent des points de rencontre entre des expériences différentes. La curiosité naît autant de ce qui nous surprend que de ce qui nous semble familier. C’est là que réside l’intérêt d’un rendez-vous comme Czech-In : offrir le temps et l’espace nécessaires pour regarder ces œuvres, puis laisser la découverte se poursuivre. Retenir le nom d’une réalisatrice, chercher un autre film, s’intéresser à une période de l’histoire du cinéma ou simplement repenser à une scène quelques jours plus tard. Le voyage commencé dans une salle parisienne peut ainsi se prolonger bien après la projection.
Markéta Hodoušková, un parcours entre cultures et diffusion cinématographique
À l’origine de Czech-In se trouve Markéta Hodoušková, qui a fondé le festival en 2009. Née à Prague et installée en France depuis 2001, elle a étudié le cinéma et l’audiovisuel à l’Université Paris-Sorbonne, ainsi que les langues et les cultures à l’INALCO. Son parcours universitaire comprend également des études à l’Université Charles de Prague et à l’Université de Bourgogne, à Dijon. Cette formation relie l’analyse des œuvres à la connaissance des contextes culturels dans lesquels elles prennent forme.
Son expérience professionnelle prolonge cette double approche. Au sein du réseau Europa Cinemas, elle s’est spécialisée dans l’Europe centrale et orientale, avant de diriger la Confédération internationale des cinémas d’art et d’essai. Elle travaille également comme experte indépendante auprès de la Commission européenne et du Fonds du cinéma tchèque. Ces fonctions la placent au contact des questions qui accompagnent la vie d’un film : sa création, son soutien, sa diffusion et les possibilités de rencontre avec les spectateurs. Ce parcours apporte un éclairage sur le projet de Czech-In. La circulation d’une œuvre dépend de nombreux intermédiaires : producteurs, distributeurs, programmateurs, exploitants de salles, traducteurs et partenaires culturels. Pour un public étranger, la découverte commence souvent lorsque l’un de ces acteurs décide de donner une place au film et de l’accompagner. Un festival peut intervenir à cet endroit précis, en réunissant des œuvres dans une programmation qui rend leur découverte possible et leur donne un contexte.
À travers Czech-In, les cinématographies tchèque et slovaque trouvent ainsi un espace de présentation à Paris. Le public peut y rencontrer des récits contemporains, découvrir des auteurs et revenir vers des œuvres plus anciennes. Cette diversité permet d’aborder le cinéma par plusieurs voies : le sujet d’un film, une écriture visuelle, le parcours d’un interprète ou une curiosité pour un pays. La dimension franco-tchèque du parcours de sa fondatrice donne également au festival une perspective particulière. Présenter une œuvre à un autre public suppose d’identifier ce qui mérite d’être expliqué, tout en conservant la liberté d’interprétation du spectateur. Certains éléments historiques ou certaines références peuvent nécessiter un éclairage ; d’autres se transmettent directement par les personnages, les images et les émotions. La médiation culturelle consiste aussi à trouver cet équilibre.
Son expérience professionnelle prolonge cette double approche. Au sein du réseau Europa Cinemas, elle s’est spécialisée dans l’Europe centrale et orientale, avant de diriger la Confédération internationale des cinémas d’art et d’essai. Elle travaille également comme experte indépendante auprès de la Commission européenne et du Fonds du cinéma tchèque. Ces fonctions la placent au contact des questions qui accompagnent la vie d’un film : sa création, son soutien, sa diffusion et les possibilités de rencontre avec les spectateurs. Ce parcours apporte un éclairage sur le projet de Czech-In. La circulation d’une œuvre dépend de nombreux intermédiaires : producteurs, distributeurs, programmateurs, exploitants de salles, traducteurs et partenaires culturels. Pour un public étranger, la découverte commence souvent lorsque l’un de ces acteurs décide de donner une place au film et de l’accompagner. Un festival peut intervenir à cet endroit précis, en réunissant des œuvres dans une programmation qui rend leur découverte possible et leur donne un contexte.
À travers Czech-In, les cinématographies tchèque et slovaque trouvent ainsi un espace de présentation à Paris. Le public peut y rencontrer des récits contemporains, découvrir des auteurs et revenir vers des œuvres plus anciennes. Cette diversité permet d’aborder le cinéma par plusieurs voies : le sujet d’un film, une écriture visuelle, le parcours d’un interprète ou une curiosité pour un pays. La dimension franco-tchèque du parcours de sa fondatrice donne également au festival une perspective particulière. Présenter une œuvre à un autre public suppose d’identifier ce qui mérite d’être expliqué, tout en conservant la liberté d’interprétation du spectateur. Certains éléments historiques ou certaines références peuvent nécessiter un éclairage ; d’autres se transmettent directement par les personnages, les images et les émotions. La médiation culturelle consiste aussi à trouver cet équilibre.
La rencontre au cœur du projet
Les projections constituent le centre de Czech-In, mais le festival inclut également dans sa mission des débats en présence d’invités, des rencontres et des master classes. Ses séances prennent place dans des salles d’art et d’essai parisiennes, ainsi que dans des lieux culturels et universitaires. Cette diversité de formats et d’espaces inscrit la découverte des films dans une démarche d’échange. Une rencontre autour d’un film permet d’en explorer la fabrication. Pourquoi avoir choisi ce personnage, ce lieu ou cette forme narrative ? Comment une histoire a-t-elle évolué entre son écrcriture et son tournage ? Que produit le choix de filmer une scène à distance, de laisser durer un silence ou de maintenir une information hors champ ? Lorsqu’un échange aborde ces questions, il rend perceptible le travail qui se trouve derrière les images.
Cette attention aux choix artistiques peut enrichir la réception d’une œuvre. Un décor apparemment ordinaire peut porter une mémoire particulière. Une conversation peut contenir une référence évidente pour le public du pays d’origine, mais moins accessible à un spectateur français. Une présentation ou une discussion aide alors à situer ces éléments, sans réduire le film à une explication unique. Le public apporte lui aussi quelque chose à la rencontre. Les questions posées après une projection révèlent les scènes qui ont marqué, les ambiguïtés qui subsistent et les expériences personnelles auxquelles le récit fait écho. Plusieurs spectateurs peuvent retenir des aspects très différents d’une même œuvre. Le débat donne une place à ces lectures et permet de découvrir ce que les autres ont vu. Les master classes ouvrent une autre possibilité : prendre davantage de temps pour aborder une pratique, un parcours ou une méthode de travail. Là où une discussion après une séance se concentre généralement sur le film projeté, ce format peut élargir le regard à un ensemble d’œuvres et aux étapes d’une carrière. Pour les étudiants comme pour les cinéphiles, il constitue une occasion d’approcher le cinéma comme un travail de création, avec ses recherches, ses contraintes et ses décisions. Les lieux d’accueil participent également à cette expérience. La salle de cinéma offre les conditions d’une attention collective ; un espace culturel ou universitaire peut favoriser une approche historique, critique ou pédagogique. En faisant circuler les films entre ces cadres, le festival multiplie les occasions de les découvrir et les manières d’en parler.
Faire dialoguer patrimoine et création contemporaine
L’identité d’un festival se lit aussi dans les rapprochements qu’il propose. Associer des œuvres du patrimoine à des films récents permet d’observer les transformations d’un cinéma : les sujets qui reviennent, les formes qui évoluent, les héritages que les nouvelles générations reprennent ou déplacent. Le passé devient alors une ressource pour regarder le présent avec davantage de précision. La douzième édition de Czech-In, en 2026, donne un exemple de cette démarche avec la rétrospective « Havel à l’écran ». Consacrée à Václav Havel à l’occasion du quatre-vingt-dixième anniversaire de sa naissance, elle réunit six projections et deux rencontres autour du dramaturge, dissident et ancien président. Le choix d’une rétrospective permet d’aborder une personnalité à travers plusieurs représentations. Un documentaire construit son regard à partir de situations filmées, d’archives ou de témoignages. Une œuvre de fiction procède par l’écriture, l’interprétation et la mise en scène. Lorsque ces approches se côtoient, le spectateur peut s’interroger sur la manière dont le cinéma compose un portrait et sur ce que chaque forme rend visible. La programmation comprend notamment Citizen Havel, de Pavel Koutecký et Miroslav Janek, tourné sur plus de treize années au cours de sa présidence, Havel, Can You Hear Me?, de Petr Jančárek, consacré aux dernières années de sa vie, et Leaving, l’unique long métrage réalisé par Havel. Cet ensemble rapproche l’homme observé par les cinéastes et l’auteur qui passe lui-même derrière la caméra. La création contemporaine apporte une autre perspective. Elle permet d’examiner les questions auxquelles les cinéastes d’aujourd’hui choisissent de consacrer leurs films et les formes qu’ils inventent pour les traiter. Le dialogue avec le patrimoine peut se construire autour d’un thème, mais aussi d’une manière de filmer : l’attention portée au quotidien, l’usage de l’humour, la place donnée à l’intime ou le rapport entre une trajectoire individuelle et son époque.
Les courts métrages, un espace pour découvrir de nouvelles écritures
Cette ouverture se retrouve dans le programme de courts métrages de l’édition 2026, conçu en partenariat avec les écoles de cinéma FAMU et VŠMU, ainsi que KINETRACES. Il rassemble fiction, documentaire, animation et expérimentation, en donnant une place à une nouvelle génération de cinéastes européens. Le court métrage possède ses propres possibilités narratives. Une durée resserrée peut concentrer l’attention sur une rencontre, un geste ou un moment de bascule. Elle peut également laisser davantage de place à une recherche de rythme, de matière ou de son. Certaines œuvres développent un récit ; d’autres cherchent avant tout à produire une sensation ou à déplacer notre façon de regarder. Pour le public, un programme réunissant plusieurs courts métrages permet de passer rapidement d’un univers à un autre. Les différences deviennent immédiatement perceptibles : rapport aux personnages, construction du cadre, place de la musique, degré de réalisme ou recours à l’animation. Cette succession donne à voir la pluralité des propositions et invite à prêter attention à des signatures encore en devenir. Dans l’ensemble d’un festival, ces films contribuent aussi au renouvellement du regard. À côté d’œuvres reconnues ou de rétrospectives, ils ouvrent un espace de découverte dont l’intérêt tient à la rencontre avec des démarches nouvelles. Le spectateur peut y retenir un nom et suivre ensuite l’évolution de son travail.
Cette attention aux choix artistiques peut enrichir la réception d’une œuvre. Un décor apparemment ordinaire peut porter une mémoire particulière. Une conversation peut contenir une référence évidente pour le public du pays d’origine, mais moins accessible à un spectateur français. Une présentation ou une discussion aide alors à situer ces éléments, sans réduire le film à une explication unique. Le public apporte lui aussi quelque chose à la rencontre. Les questions posées après une projection révèlent les scènes qui ont marqué, les ambiguïtés qui subsistent et les expériences personnelles auxquelles le récit fait écho. Plusieurs spectateurs peuvent retenir des aspects très différents d’une même œuvre. Le débat donne une place à ces lectures et permet de découvrir ce que les autres ont vu. Les master classes ouvrent une autre possibilité : prendre davantage de temps pour aborder une pratique, un parcours ou une méthode de travail. Là où une discussion après une séance se concentre généralement sur le film projeté, ce format peut élargir le regard à un ensemble d’œuvres et aux étapes d’une carrière. Pour les étudiants comme pour les cinéphiles, il constitue une occasion d’approcher le cinéma comme un travail de création, avec ses recherches, ses contraintes et ses décisions. Les lieux d’accueil participent également à cette expérience. La salle de cinéma offre les conditions d’une attention collective ; un espace culturel ou universitaire peut favoriser une approche historique, critique ou pédagogique. En faisant circuler les films entre ces cadres, le festival multiplie les occasions de les découvrir et les manières d’en parler.
Faire dialoguer patrimoine et création contemporaine
L’identité d’un festival se lit aussi dans les rapprochements qu’il propose. Associer des œuvres du patrimoine à des films récents permet d’observer les transformations d’un cinéma : les sujets qui reviennent, les formes qui évoluent, les héritages que les nouvelles générations reprennent ou déplacent. Le passé devient alors une ressource pour regarder le présent avec davantage de précision. La douzième édition de Czech-In, en 2026, donne un exemple de cette démarche avec la rétrospective « Havel à l’écran ». Consacrée à Václav Havel à l’occasion du quatre-vingt-dixième anniversaire de sa naissance, elle réunit six projections et deux rencontres autour du dramaturge, dissident et ancien président. Le choix d’une rétrospective permet d’aborder une personnalité à travers plusieurs représentations. Un documentaire construit son regard à partir de situations filmées, d’archives ou de témoignages. Une œuvre de fiction procède par l’écriture, l’interprétation et la mise en scène. Lorsque ces approches se côtoient, le spectateur peut s’interroger sur la manière dont le cinéma compose un portrait et sur ce que chaque forme rend visible. La programmation comprend notamment Citizen Havel, de Pavel Koutecký et Miroslav Janek, tourné sur plus de treize années au cours de sa présidence, Havel, Can You Hear Me?, de Petr Jančárek, consacré aux dernières années de sa vie, et Leaving, l’unique long métrage réalisé par Havel. Cet ensemble rapproche l’homme observé par les cinéastes et l’auteur qui passe lui-même derrière la caméra. La création contemporaine apporte une autre perspective. Elle permet d’examiner les questions auxquelles les cinéastes d’aujourd’hui choisissent de consacrer leurs films et les formes qu’ils inventent pour les traiter. Le dialogue avec le patrimoine peut se construire autour d’un thème, mais aussi d’une manière de filmer : l’attention portée au quotidien, l’usage de l’humour, la place donnée à l’intime ou le rapport entre une trajectoire individuelle et son époque.
Les courts métrages, un espace pour découvrir de nouvelles écritures
Cette ouverture se retrouve dans le programme de courts métrages de l’édition 2026, conçu en partenariat avec les écoles de cinéma FAMU et VŠMU, ainsi que KINETRACES. Il rassemble fiction, documentaire, animation et expérimentation, en donnant une place à une nouvelle génération de cinéastes européens. Le court métrage possède ses propres possibilités narratives. Une durée resserrée peut concentrer l’attention sur une rencontre, un geste ou un moment de bascule. Elle peut également laisser davantage de place à une recherche de rythme, de matière ou de son. Certaines œuvres développent un récit ; d’autres cherchent avant tout à produire une sensation ou à déplacer notre façon de regarder. Pour le public, un programme réunissant plusieurs courts métrages permet de passer rapidement d’un univers à un autre. Les différences deviennent immédiatement perceptibles : rapport aux personnages, construction du cadre, place de la musique, degré de réalisme ou recours à l’animation. Cette succession donne à voir la pluralité des propositions et invite à prêter attention à des signatures encore en devenir. Dans l’ensemble d’un festival, ces films contribuent aussi au renouvellement du regard. À côté d’œuvres reconnues ou de rétrospectives, ils ouvrent un espace de découverte dont l’intérêt tient à la rencontre avec des démarches nouvelles. Le spectateur peut y retenir un nom et suivre ensuite l’évolution de son travail.
Barrandov, comprendre les lieux où le cinéma se fabrique
La conférence « Barrandov, le Hollywood de l’Europe centrale », organisée avec le Centre tchèque de Paris le 5 octobre 2026, ajoute une dimension historique à cette programmation. Elle invite à déplacer l’attention vers les studios et les infrastructures qui rendent les tournages possibles. Les informations présentées dans l’invitation retracent la création des studios Barrandov dans les années 1930 par les frères Miloš et Václav Maria Havel, respectivement l’oncle et le père du futur dramaturge et président. Elles soulignent également les liens entre leur histoire et celle du cinéma tchécoslovaque, jusqu’à leur rôle dans l’accueil de productions internationales.
S’intéresser à un studio permet de comprendre une autre part de la création cinématographique. Derrière un film se trouvent des plateaux, des ateliers, des équipements et des savoir-faire. Les décors doivent être conçus et construits, les costumes préparés, les équipes coordonnées. Ces conditions matérielles influencent ce qu’il est possible de tourner et la manière dont une production s’organise. L’histoire d’un lieu comme Barrandov permet ainsi de relier les œuvres aux métiers qui les rendent possibles. Elle rappelle aussi que le cinéma possède une géographie : des lieux de formation, des centres de production et des espaces de diffusion, entre lesquels circulent les artistes et les compétences.
En réunissant projections, rétrospectives, courts métrages et conférences, Czech-In propose donc plusieurs niveaux de découverte. Le public peut entrer dans le festival par un récit, puis s’intéresser à son auteur, à son contexte ou aux conditions de sa fabrication. Cette possibilité de passer de l’œuvre à tout ce qui l’entoure donne au rendez-vous sa profondeur culturelle et prolonge la curiosité au-delà de la séance.
S’intéresser à un studio permet de comprendre une autre part de la création cinématographique. Derrière un film se trouvent des plateaux, des ateliers, des équipements et des savoir-faire. Les décors doivent être conçus et construits, les costumes préparés, les équipes coordonnées. Ces conditions matérielles influencent ce qu’il est possible de tourner et la manière dont une production s’organise. L’histoire d’un lieu comme Barrandov permet ainsi de relier les œuvres aux métiers qui les rendent possibles. Elle rappelle aussi que le cinéma possède une géographie : des lieux de formation, des centres de production et des espaces de diffusion, entre lesquels circulent les artistes et les compétences.
En réunissant projections, rétrospectives, courts métrages et conférences, Czech-In propose donc plusieurs niveaux de découverte. Le public peut entrer dans le festival par un récit, puis s’intéresser à son auteur, à son contexte ou aux conditions de sa fabrication. Cette possibilité de passer de l’œuvre à tout ce qui l’entoure donne au rendez-vous sa profondeur culturelle et prolonge la curiosité au-delà de la séance.

Wanderlust Ice & Ink — Art & Culture: Czech-In, une fenêtre parisienne sur les cinémas tchèque et slovaque









