A Burgos (Espagne) où il devenait jeudi 20 octobre 2016 docteur Honoris Causa de l'Université, l'écrivain Mario Vargas Llosa a critiqué la culture du spectacle qui règne actuellement dans la société. Il a tenu ces propos au cours d'une conférence de presse qui s'est tenue avant la cérémonie et a déclaré "Notre époque est marqués par le spectacle dans toutes les activités, y compris la culture et la politique". C'est peut-être pour lui un signe de la démocratisation, mais "la culture implique une sélection et une élite, vu sa grande complexité". Il a ajouté que cet aspect frivole ou banal la rend contreproductive et fait que les hommes politiques se font photographier avec des stars de cinéma ou des footballeurs plutôt qu'avec des écrivains. Et il a donné pour exemple l'attribution du prix Nobel de littérature à Bob Dylan, ce qu'il considère comme une erreur même s'il reconnaît qu'il apprécie beaucoup le chanteur. Mario Vargas Llosa, prix Nobel de littérature 2010, entre autres prix, pense que cette récompense doit couronner une œuvre qui a marqué une époque ou celle d'un auteur jusque là peu connu mais qui mérite cette récompense. Et "non pas le spectacle d'un grand chanteur". Et le célèbre écrivain hispano-péruvien s'est demandé si l'année prochaine on ne décernerait pas le Nobel de littérature à un footballeur…
Mercredi 19 octobre 2016, on apprenait que Pariscope cessait de paraître. Le magazine de 11,8cm sur 15,8 avait été fondé le 13 octobre 1965 par Daniel Filipacchi, patron de Hachette Filipacchi, et Philippe Grumbach, rédacteur en chef de L'Express. Depuis lors chaque mercredi, jour de sortie des nouveaux films, il faisait connaître toutes les activités culturelles de la capitale et de la région parisienne. Cinéma mais aussi théâtre, expositions et concerts. On le trouvait dans tous les kiosques et chez tous les marchands de journaux de Paris et de la banlieue. En province, il y en avait aussi quelques exemplaires, pour les curieux ou ceux qui se disposaient à aller à Paris et voulaient se préparer un programme… Comme beaucoup de publications, Pariscope a souffert de la progression d'Internet. Denis Olivennes, PDG de Lagardère Active le met en vente en octobre 2013. Pascal Chevalier, patron du groupe Reworld l'achète le 2 avril 2014. Mais les affaires ne s'arrangent pas, en juin denier, on en a vendu 21.000 exemplaires par semaine alors que trois ans plus tôt il y en avait 45.000.
Il faut noter qu'au moment où Pariscope disparaît, son concurrent L'Officiel des spectacles célèbre son 70e anniversaire et présente sa nouvelle version, 1€ au lieu de 0,7€, avec de nombreux conseils à l'usage des lecteurs. L'Officiel des spectacles a été fondé le 25 septembre 1946. Actuellement, il s'en vend quelque 34.000 exemplaires chaque semaine. La PME L'Officiel a su prendre le virage numérique et il y a 8 ans un site a été créé, fréquenté par plus de 500.000 visiteurs. Et désormais on peut y acheter des places de théâtre et de concert.
Gordon Schroeder, un architecte américain décédé en 2014 à l’âge de 86 ans a légué sa fortune à six bâtiments historiques français. La plus grosse part est destinée à l’abbaye cistercienne de Vaucelles située dans la commune des Rues-des-Vignes, département du Nord. Ce joyau du patrimoine est en fort mauvais état et depuis une dizaine d'années l’association des amis de l’abbaye recherche des fonds pour financer les travaux de sécurité nécessaires afin que le bâtiment continue à être ouvert au public. Recherche vaine jusqu'à maintenant mais tout a changé depuis que l'association a appris que Gordon Schroeder, passionné par l’architecture française et sans héritier, avait souhaité léguer à sa mort 125.000$, soit quelque 111.000€ à l’abbaye de Vaucelles. Il y était venu il y a une vingtaine d’années et avait été très impressionné. On comprend que cette bonne nouvelle ait été très bien accueillie par l’association des amis de l’abbaye, qui avait fini par imaginer que ce bâtiment devrait être fermé au public. Les fenêtres de l'abbaye pourront être aussi rénovées. Mais l'abbaye de Vaucelles ne sera pas la seule à bénéficier de la générosité de Gordon Schroeder même si elle est la mieux dotée. En profiteront également le château d’Olhain, dans le Pas-de-Calais, le château d’Arlempdes en Haute-Loire, le château de Sarzay dans l’Indre, le château de Bosmelet dans la Seine-Maritime et enfin les jardins du château de Saint-Denis-sur-Loire dans le Loir-et-Cher. Tous les cinq ont reçu un chèque de 25.000$ soit une vingtaine de milliers d'euros.
Des chercheurs catalans ont découvert que le "Vanessa cardui" ou "Vanesse des chardons" ou encore la "Belle-Dame", rejoint la savane africaine depuis l'Europe. C'est une espèce commune que l'on peut voir dans les jardins, les parcs et les bords de routes. Ce papillon vit en moyenne de trois à quatre semaines et la femelle pond une centaine d’œufs. On croyait jusqu'à maintenant qu'à l'époque de la migration, pour trouver une atmosphère plus chaude, le "Vanessa cardui" se rendait en Afrique du Nord. Il n'en est rien, on vient de découvrir que ces papillons peuvent parcourir jusqu'à 4.000 km pour rejoindre la savane africaine. Des chercheurs de l'Institut de biologie évolutive de Barcelona, encadrés par Gerard Talavera et Roger Vila, et de l'Université de Harvard ont fait le même voyage que l'insecte. Ils ont traversé le Sénégal, le Bénin, le Tchad et l’Éthiopie, pour analyser cette impressionnante migration, la plus longue chez le papillon. Roger Vila indique que ces papillons détectent le nord magnétique et perçoivent la température et la pression atmosphérique. Ils sont aussi capables de discerner les vents favorables et peuvent se repérer grâce au soleil. Le chercheur précise que les papillons qui vont le plus loin pondent moins d’œufs.
Une statue représentant le capitaine Dreyfus a été inaugurée le 9 octobre 2016, au parc Steinbach de Mulhouse, sa ville natale. A l'occasion du 110e anniversaire de sa réhabilitation, le 12 juillet 1906, après la révision définitive du procès de Rennes. En présence de Charles Dreyfus, son petit-fils et de plusieurs personnalités politiques locales et du Grand rabbin de France, Haïm Korsia. Lequel a rappelé l’injustice qui avait été faite au judaïsme à travers l’affaire Dreyfus mais aussi "l’injustice faite à un homme fidèle à la France, qui l’avait choisie plutôt que l’Allemagne, et avait choisi de la servir dans l’armée". Cette statue a été réalisée par Sylvie Koechlin, à l’issue d’un concours d’artistes organisé par l’Association "Monument Dreyfus". Depuis une bonne dizaine d'années, elle se battait pour faire aboutir ce projet, sous la présidence de Bertrand Louvel, premier président de la Cour de cassation. Le 9 octobre 2016 était aussi la date anniversaire de la naissance d’Alfred Dreyfus, né en effet à Mulhouse le 9 octobre 1859. Parmi les membres du Comité d'honneur de l’Association "Monument Dreyfus" on note Martine Leblond-Zola. Le rôle qu'a joué son arrière -grand-père dans cette réhabilitation, fut primordial. Principalement avec l'article "J’accuse…!" publié dans le journal L'Aurore du 13 janvier 1898. sous la forme d'une lettre ouverte à Félix Faure, président de la République française.
C'est à quoi se sont engagés 200 pays qui viennent de dénoncer et interdire le commerce de cet animal le plus traqué de la planète. Trois mille délégués étaient réunis à Johannesburg, au sommet de la CITES, Convention on International Trade of Endangered Species ou Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction. Le pangolin qui mesure de 30 à 80 cm, ressemble à un fourmilier pourvu d'écailles ou dit-on à un artichaut sur pattes. Il est fort prisé des Chinois et des Vietnamiens qui font des médicaments de leurs écailles et considèrent sa chair comme une marque d'ascension sociale. Dans certains pays d'Afrique, il passe pour éloigner le mauvais œil. L'organisation Traffic a calculé que plus d'un million d'entre eux ont été capturés au cours de la dernière décennie. Pour Ginette Hemley, porte-parole du WWF (World Wildlife Fund, Fonds mondial pour la nature) à ce sommet, cette décision est une nouvelle exceptionnelle et une grande victoire à propos de ces animaux les plus menacés de la planète. Il existe huit espèces de pangolins, quatre en Afrique et quatre en Asie. Ces dernières ont quasiment disparu et les réseaux de trafiquants se sont rabattus sur l'Afrique.
Le 23 juin 2016, le service des douanes de Hong Kong interceptait sur un bateau arrivant du Cameroun, quatre tonnes d'écailles de pangolin, arrachées aux cadavres de milliers de ces animaux. En août 2016, les autorités indonésiennes avaient saisi 657 pangolins dissimulés dans les congélateurs d'une maison sur l'île de Java. La vente d'un pangolin adulte à 60€ le kg représente l'année de salaire d'un villageois thaïlandais.
Le 7 décembre 2002, deux tableaux de la première période de Van Gogh étaient volés au musée d'Amsterdam qui porte le nom du célèbre peintre. Il s'agissait de "Sortie de l’église de Nuene" 41 x 32cm, de 1884 et "Vue de la mer de Scheveningen" 34,5 x 51 cm, de 1882. Leur valeur atteindrait les 100 millions de dollars. La Guardia di Finanzia, police douanière et financière, aidée par un repenti Mario Cerrone, les a retrouvés récemment à Castellammare di Stabia, près de Naples dans une maison appartenant à Raffaele Imperiale, trafiquant de drogues affilié au clan Amato-Paganà de la Camorra, la mafia napolitaine. Les toiles étaient enveloppées dans des tissus de coton et dissimulées dans une double cloison. Les malfaiteurs s'étaient introduits dans le musée en brisant une vitre et étaient descendus le long d’une corde pour s’emparer des deux toiles. Ils avaient oublié sur place deux chapeaux, l’ADN prélevé permit d'arrêter les voleurs qui furent condamnés à quatre ans de prison. Mais les tableaux eux restaient introuvables. Pour le conservateur du musée qui a authentifié les tableaux "Ce sont bien les véritables peintures" et malgré ces 14 années, les deux toiles "semblent en assez bonne condition". Matteo Renzi, président du Conseil des ministres a déclaré "Merci à la police financière d’avoir récupéré les œuvres de Van Gogh". Axel Rüger, directeur du musée Van Gogh, précise "Nous sommes plus que contents que les toiles aient été retrouvées. Pour nous c’est un rêve de les avoir retrouvées et de pouvoir les ramener à la maison". Pour l'instant, les deux tableaux sont dans un coffre en attendant d'être remises en état, même s'ils n'ont pas été très abîmés, et de prendre le chemin d'Amsterdam.
Chaque année, les chercheurs découvrent des milliers de plantes et d'animaux dans les lieux les plus reculés du monde. Et parfois des espèces surprenantes dans des endroits qui ne le sont pas moins… C'est ce qui s'est passé avec l'estomac d'une grenouille venimeuse vivant dans une zona montagneuse du nord-ouest de l’Équateur. Aussi incroyable que cela puisse paraître, c'est là qu'a été découverte une nouvelle fourmi. C'était l'estomac de la grenouille Oophaga sylvatica, qu'on appelle kiki ou diablotin en Amérique du Sud. Il faut préciser que cette découverte ne s'est pas faite dans l'estomac proprement dit mais dans les sucs gastriques soigneusement extraits sans tuer le batracien, lequel fait partie d'une espèce en voie de disparition et a ensuite été remis dans son milieu naturel. Les chercheurs ont rédigé un article publié dans le numéro de septembre de la revue ZooKeys. Au cours de ces dernières années, ils ont analysé le contenu de l'estomac de quelque 300 Oophaga sylvatica et ont pu identifier 3.000 aliments différents. Les scientifiques des États-Unis, de Colombie et d’Équateur qui ont mené cette étude sont persuadés que cette nouvelle fourmi Lenomyrmex hoelldobleri, fait partie de l'alimentation de cette grenouille diablotin. Cette fourmi est munie de fortes mandibules, on n'en sait pas davantage pour l'instant car l'étude n'a porté que sur ce seul exemplaire. Elle portera un nom rappelant le célèbre entomologiste allemand Bert Hölldobler, spécialiste des fourmis.
Le dernier mercredi du mois d'août 2016 s'est déroulé à Buñol en Espagne, la Tomatina. Ceci depuis 71 ans, le jour où l'on célèbre le saint patron de la localité Sant Lluis Bertran. Tout a commencé le dernier mercredi d’août de 1945, des jeunes gens venus assister à la fête provoquèrent une bousculade. Tout le monde commença à se battre près d'un petit commerce de légumes qui vendait des tomates! Un an plus tard, le même mercredi, les jeunes gens revinrent et cette fois ils avaient apporté leurs propres tomates. La police interdit la manifestation mais le conseil municipal de Buñol décida, au bout de 7 ans, d’autoriser cette titanesque bataille qui avec le temps était devenue une attraction touristique. Ces milliers de tomates lancés pendant plus de 2h ont permis à Buñol d'obtenir le label "Fête d’intérêt touristique international" en 2002.
Ce 31 août 2016, 160.000 tonnes de tomates, 10 de plus que l'an passé, ont été ainsi lancées par 50.000 participants. La fête était encadrée par 700 policiers et 200 volontaires et cette année, elle était organisée contre la violence machiste et homophobe.
Il ne faut pas manquer de signaler que cette année la Tomatina s'est voulue solidaire. Elle s'est associée à la marque de tomates Orlando et à l'ONG "1 Kilo de Ayuda" pour en remettre 14 tonnes à des familles au bord de l'exclusion sociale. Le produit de la vente leur sera remis.
Le Belge Jan Starckx a acquis sans le savoir un tableau authentique signé Willem de Kooning, peintre hollando-américain (1904-1997), précurseur de l'expressionnisme abstrait. L'œuvre est estimée entre 55.000 et 100.000€ par la BBC. C'est une histoire assez incroyable. Jan Starckx, amateur d'art résidant à Turnhout en Belgique, se rend sur un site de petites annonces en ligne pour acheter une simple reproduction. Il trouve un tableau qui lui plaît, une jeune fille aux cheveux châtains vêtue d'une robe rouge. En novembre 2015, il l'acquiert pour 450€. Il examine la signature et même si elle est écrite différemment, elle ressemble à celle de Willem de Kooning. Notre Belge effectue des recherches et découvre finalement des similitudes avec une autre peinture de l'artiste le "Portrait de Renée". Jan Starckx explique "C'est en voyant ce portrait que j'étais convaincu qu'il s'agissait d'un authentique Willem de Kooning. Dès les premiers jours, j'avais cette intuition que si le Portrait de Renée est bien de Willem de Kooning, celui-ci devait l'être aussi". Il décide alors de prendre contact avec "Fake or fortune", une émission de la BBC qui enquête justement sur l'authenticité des œuvres d'art. Des spécialistes comparent les deux tableaux et leur conclusion est sans appel. Les deux œuvres sont authentiques et dues au pinceau de Willem de Kooning. Le peintre aurait réalisé ce portrait durant ses années d'études à Bruxelles. Et Jan Starckx de conclure "Cela provoque un bonheur immense de savoir que vous avez fait une découverte importante". Il conserve une reproduction chez lui tandis que l'œuvre authentique est précieusement conservée dans un coffre à la banque. Puis, celle-ci sera exposée à Turnhout et ensuite à Molenbeek, où d'ailleurs elle a été peinte dans les années '20. En avril 2017, elle partira pour l’État du Delaware, au musée Winthertur, dans la banlieue de Wilmington. Elle y sera exposée à côté du "Portrait de Renée".