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Des chiens pour détecter le Covid-19  27/03/2020

Au Royaume-Uni, i’association Medical Detection Dogs va essayer de dresser des chiens pour la détection du coronavirus. Ils seront aussi chargés de rechercher les personnes malades. Ceci afin de freiner la propagation de l’épidémie selon une annonce de association qui travaille en collaboration avec la London School of Hygiene and Tropical Medicine (LSHTM) et l’Université de Durham. L’association Medical Detection Dogs précise que les trois organismes “ont engagé des préparatifs pour entraîner intensivement des chiens afin qu’ils soient prêts en six semaines à fournir un diagnostic rapide et non invasif vers la fin de l’épidémie”. Ils ont aussi contacté le gouvernement pour lui expliquer comment le chien pourrait être un allié précieux dans cette lutte.
L’association a déjà formé des chiens pour détecter des maladies telles que le cancer, la maladie de Parkinson ou des infections bactériennes et explique que le procédé serait le même pour apprendre aux chiens à repérer le Covid-19. Il s’agira de leur faire renifler des échantillons et de leur apprendre à signaler quand ils l’ont trouvé. Les chiens sont en outre capables de détecter des changements subtils de température de la peau, et pourraient donc indiquer si quelqu’un a de la fièvre.
Les chiens dressés pourraient également être utilisés pour identifier des voyageurs contaminés par le virus à leur arrivée dans le pays ou être utilisés dans d’autres espaces publics.
Dans un communiqué, Claire Guest, directrice et cofondatrice de Medical Detection Dogs, déclare “Sur le principe, nous sommes sûrs que les chiens peuvent détecter le Covid-19. Nous étudions maintenant comment nous pouvons capturer en toute sécurité l’odeur du virus sur des patients et la présenter aux chiens”. Et elle poursuit “L’objectif est que les chiens puissent dépister n’importe qui, y compris ceux qui ne présentent pas de symptômes et nous dire s’ils doivent être testés”.
Pour le professeur Steve Lindsay, de l’Université de Durham, “si la recherche réussit, nous pourrions utiliser des chiens pour détecter le Covid-19 dans les aéroports à la fin de l’épidémie pour identifier rapidement les personnes porteuses du virus. Cela aiderait à prévenir la réapparition de la maladie après avoir maîtrisé l’épidémie actuelle”.

La 74e édition du festival d’Avignon aura bien lieu  27/03/2020

C’est ce qu’a annoncé Olivier Py son directeur directeur depuis 2013. On sait que le metteur en scène est aussi dramaturge, et actuellement, confiné dans son appartement d'Avignon, il relit et corrige les épreuves de sa dernière pièce qu’il la mettra en scène pour le festival 2020. D’après Olivier Py, cette édition se tiendra bien du 3 juillet prochain au 23. Et le 8 avril, le programme sera en ligne, sur le site du festival. On y trouvera des contenus augmentés, des vidéos d’Olivier Py présentant la programmation et les déclarations de plusieurs artistes invités à propos de leurs prochaines créations. Il y aura peu de changements par rapport à ce qui avait été initialement prévu. Cependant, des artistes sud-africains invités ne pourront se déplacer, et le directeur craint que certaines compagnies d’Afrique et du Moyen-Orient ne soient encore obligées de se plier au confinement. Paul Rondin, directeur délégué du Festival d’Avignon, précise "Il va falloir s’adapter, mais surtout ne vous arrêtez pas! Nous sommes en ligne au quotidien avec toutes les équipes artistiques”.
Une inquiétude plane néanmoins, il s’agit de l’installation de la Cour d’honneur du Palais des papes, ceci pour le cas où le confinement devrait se prolonger en mai. En effet, il faut deux mois pour transformer ce lieu grandiose en théâtre.
En 2021, dernière année du mandat d’Olivier Py à la tête du festival, la réfection de la Cour sera achevée, le plateau sera refait mais gardera ses dimensions, et les gradins permettront une meilleure visibilité sans que la capacité en soit affectée, le nombre de places passera de 1929 à 1945.
Il est bien évident que cette annonce de la tenue du Festival d’Avignon à la date prévue ne sera valable que si la situation sanitaire s’améliore.

Au Bolchoï comme si on y était  26/03/2020

Vendredi 27 mars est normalement la journée mondiale du théâtre. C’est pourquoi l’initiative du théâtre du Bolchoï retient l’attention. Car ce jour-là, pour la première fois de sa longue et prestigieuse histoire, il diffusera gratuitement ses meilleurs spectacles sur sa chaîne Youtube. Rappelons que dès la semaine dernière les opéras de New York et de Paris ont pris l’initiative de diffuser en streaming sur leur site Internet une sélection de leurs plus grands succès. 
On imagine que cette année, la journée mondiale du théâtre sera bien triste. Comme de nombreux théâtres à travers le monde, le célèbre établissement moscovite a dû fermer ses portes à cause de la pandémie de Covid-19, laquelle a déjà fait 840 contaminés dont 3 morts en Russie. Un communiqué du Bolchoï a donc annoncé qu’à partir de vendredi 27 mars le théâtre retransmettra plusieurs opéras et ballets populaires, faisant partie de la “Collection dorée”, sur sa chaîne Youtube officielle. Des diffusions qui ne seront soumises à "aucune restriction géographique". Le premier à être diffusé sur la plateforme à 17h, heure française sera le ballet "Lac des Cygnes". Six spectacles enregistrés seront ainsi mis en ligne jusqu’au 10 avril. Vladimir Ourine, directeur général du Bolchoï précise: "Tout comme le reste du monde, notre pays vit une période difficile, nous n’avions jamais eu à affronter ce genre de situation. Mais maintenant que nous avons dû fermer le théâtre, nous ne voulons pas perdre le lien avec notre public". Et il espère que cette initiative du théâtre "remontera le moral et apportera au moins une santé spirituelle à ceux qui aiment l'art du Bolchoï".
Dans les prochains jours, toujours à la même heure, suivront l'opéra "Boris Godounov" et le ballet "La Belle au bois dormant".
Chaque spectacle sera disponible sur YouTube pendant 24 heures après sa diffusion.

Marseille à l'époque de la peste de 1720  26/03/2020

En cette période d’épidémie et surtout de confinement qui invite à se réfugier dans la lecture, on évoque beaucoup parmi les ouvrages les plus connus "Le Hussard sur le toit" de Jean Giono, "La Peste" d'Albert Camus ou "Der Tod in Venedig" La Mort à Venise de Thomas Mann. On cite moins "Les pestiférés" de Marcel Pagnol. Mort le 18 avril 1974 à 79 ans, il n’avait pas eu le temps d'achever son récit où il est question de l'épidémie de peste qui ravagea Marseille en 1720, plus de la moitié des habitants de Marseille périrent, sans compter ceux de la région. Ce texte fait partie du recueil "Le temps des amours", paru de manière posthume en 1977. Quatrième titre du cycle des "Souvenirs d'enfance" qui comprend aussi "La Gloire de mon père", "Le Château de ma mère" et "Le Temps des secrets".
Grâce à Serge Scotto, Eric Stoeffel et Samuel Wambre, "Les Pestiférés" sont devenus en 2019 une BD de 138 pages publiée dans la collection Grand angle chez Bamboo Édition. Ce qui permet aux lecteurs de cette BD de découvrir la fin que Marcel Pagnol n'avait pas eu le temps de rédiger mais avait racontée à ses proches. Son petit-fils Nicolas révèle que  son père Frédéric tenait de son propre père Marcel comment il voyait la fin de son son récit et et lui en avait parlé et c’est elle qu’il a confiée aux auteurs de la BD.
Ce n’est pas la première fois que Pagnol se retrouve en BD et il est même prévu d’adapter ainsi toute son oeuvre jusqu'en 2030.

Un tableau de Berthe Morisot rejoint le musée Marmottan-Monet  29/02/2020

Le 18 février, lors d’une vente aux enchères chez Freeman's Auctioneers & Appraisers à Philadelphie, le musée parisien a acquis l’’huile sur toile "Apollon révélant sa divinité à la bergère Issé, d’après François Boucher", pour 230.000$, soit quelque 212.000€. Le tableau a été financé pour moitié par la Société des amis du musée Marmottan et pour le reste par l’Académie des Beaux-arts à laquelle Paul Marmottan avait légué son hôtel et ses collections. Cette toile vient enrichir la plus grande collection de cette illustre figure de l’impressionnisme qu’est Berthe Morisot, elle se compose de 83 œuvres dont 25 peintures et plus d’une soixantaine d’aquarelles, pastels et dessins, l'Académie des Beaux-arts en est propriétaire.
Berthe Morisot fut l’élève de Camille Corot et la muse d’Edouard Manet dont elle deviendra la belle-sœur, elle avait en effet épousé Eugène, jeune frère du peintre. Edouard Manet la représentera à plusieurs reprises notamment dans sa célèbre toile Le Balcon, elle est assise à gauche du tableau. Elle parviendra à s’imposer comme la première femme impressionniste et sera aux côtés de Monet, Renoir, Degas, Pissarro l’un des principaux membres de cette petite assemblée d’artistes.
En automne 1892, Berthe Morisot, alors âgée d’une cinquantaine d’années, visite le Musée des Beaux-Arts de Tours avec sa fille Julie. Elle y copie "Apollon révélant sa divinité à la bergère Issé" de François Boucher, 29 septembre 1703 -30 mai 1770, tableau de 129x157cm datant de 1750. Elle avait une véritable vénération pour cet artiste qu’elle avait déjà copié. Pour cette copie, 63,8 x 79,4cm, Berthe Morisot a concentré son attention sur un coin du tableau, amplifiant ainsi la peinture des deux nymphes près d’un ruisseau dans la forêt. Cette technique existait au XVIIIe siècle, c’était la pochade qui consistait à capturer rapidement les couleurs et l’atmosphère d’une scène.
Le musée d’Orsay a consacré une exposition à Berthe Morisot du 18 juin au 22 septembre 2019. C’était d’ailleurs la première dédiée à cette artiste par un musée national depuis la rétrospective organisée en 1941 au musée de l'Orangerie à l’occasion du centenaire de sa naissance. A cette occasion un catalogue avait été édité, Paul Valéry en avait rédigé la préface.

Quand une affaire d’espionnage devient un opéra  26/02/2020

On se souvient peut-être de cet ancien agent secret russe Alexandre Litvinenko qui avait fui la Russie en 1999 et était mort à Londres le 23 novembre 2006 après trois semaines d’agonie, à la suite d’un empoisonnement au polonium-210, une substance radioactive extrêmement toxique. Une enquête menée au Royaume-Uni avait conclu près de dix ans plus tard à la responsabilité de l’Etat russe, lequel dément, et établit la culpabilité de deux exécutants, les Russes Andreï Lougovoï et Dmitri Kovtoun. Ils avaient pris un thé à Londres avec la victime à l’hôtel Millenium de Londres. Cette aventure est le thème d'un opéra en deux actes. "La vie et la mort d'Alexandre Litvinenko" est l'oeuvre du compositeur britannique Anthony Bolton, sur un livret de Kit Hesketh-Harvey avec chœur et orchestre de 52 musiciens. Elle sera présentée en première mondiale le 15 juillet prochain à l’Opéra de West Horsley dans le cadre du festival de Grange Parkà qui se déroule du 6 juin au 19 juillet dans le Hampshire au sud de Londres. 
Pour le compositeur "Il y est question de pouvoir, de politique, de trahison, d’amour, de danger", autrement dit tous les ingrédients qui peuvent faire un opéra. Il se déroule en Russie et au Royaume-Uni. C’est en lisant une biographie d'Alexandre Litvinenko qu’Anthony Bolton a décidé de se lancer dans l’écriture de cet opéra qui lui a demandé trois ans de travail "Quand j’ai posé [le livre], je me suis dit "On doit en faire un opéra”. L'opéra sera chanté en anglais avec certaines parties en russe, il emprunte des passages aux compositeurs russes Rachmaninov, Chostakovitch et Tchaïkovski, mais aussi aux chants de football et de l’armée russe ainsi qu’à l’hymne tchétchène. La veuve d’Alexandre Litvinenko a confié avoir pleuré après avoir vu une répétition de l’opéra : "Il n’y a toujours pas eu de justice pour Sacha" a-t-elle confié. Cependant, Marina Litvinenko a déclaré qu’elle restait "absolument" optimiste sur le fait que les responsables de la mort de son mari seraient traduits en justice.
L'opéra a été monté en collaboration avec Marina qui a "offert des images vidéos jamais vues qui doivent être intégrées" au spectacle. 
On pourra y entendre le ténor Adrian Dwyer qui interprétera l'ex-agent secret, la soprano Rebecca Bottone sera sa femme, tandis que le contreténor Andrew Watts sera le patron du FSB, Service fédéral de sécurité de la fédération de Russie. Quant au baryton-basse Andrew Slater, il représentera l'ex-oligarque devenu opposant au Kremlin Boris Berezovski, retrouvé pendu à son domicile de l'ouest londonien le 12 mars 2013. La mezzo-zoprano Olivia Ray interprétera le rôle d’Anna Politkovskaya.
En 2007, le réalisateur russe Andreï Nekrassov avait consacré à cette affaire un documentaire de 105 min, "Rebellion: l'affaire Litvinenko, empoisonnement d'un ex- agent du KGB". Il fut présenté au Festival de Cannes de cette-année-là.

En mars au théâtre des Muses de Monaco  25/02/2020

Pour fêter les femmes, il propose de découvrir ou de retrouver le destin de l’artiste peintre mexicaine la plus célèbre en 1h20. Celle qui s’est fait remarquer par sa modernité et son abondante créativité. Grâce à Céline Bernat, comédienne, auteur et metteur en scène qui a beaucoup travaillé avec le Grenier de Toulouse. Et à la mise en scène de Léna Coen.Tout au long d’une existence qui ne fut qu’une souffrance ininterrompue, Frida Kahlo, 1907-1954, fut à la fois obsédée par la mort et amoureuse de la vie, femme émancipée et vivant dans une totale dépendance affective. Et l’on pourrait ajouter d’une grande féminité et d’une troublante masculinité, humble et narcissique. Elle fut tout cela en même temps.  Et elle aurait dit au moment de mourir "J’espère que la sortie sera joyeuse, et j’espère ne plus jamais revenir".
Si l’on en croit "Le Journal de Saône-et-Loire "Frida" "est une pièce intense, pleine d’humour malgré les drames et qui redonne à cette icône, toute sa légèreté et sa fraicheur. Dans ce poétique solo, Céline Bernat est Frida Kahlo, elle l’incarne totalement". Et Anthéa de renchérir dans son mot habituel  "Nous nous retrouvons tous dans le miroir de Frida, dans l’image forte et inébranlable qu’elle s’est bâtie pour tenter de déjouer son immense fragilité et son inadaptation au Monde".

Frid: Jeudi 5, vendredi 6 et samedi 7 mars à 20h30
Dimanche 8 à 20h30

Au théâtre des Muses, les enfants ne sont pas oubliés et la pièce Little Red, Le petit chaperon rouge à New-York, de Dorothée Leveau et Anthony Alborghetti qui en sont aussi les interprètes, en est la preuve Un spectacle de 50 minutes pour les enfants partir de 6 ans… et les adultes aussi naturellement.
Pour" Vaucluse matin" «Un petit bijou théâtral, inédit et intelligent».Et "Le Dauphiné Libér "n'est pas d'un avis contraire «Ils ont su moderniser le Petit Chaperon rouge. En rentrant, parents et enfants pourront discuter de ce spectacle fin et intelligent qui n’a laissé personne indifférent. Good job Little Red!». 
Pendant les vacances, la mère de Little Red envoie sa fille rendre visite à sa grand-mère à New-York. Avec son panier bio en main, la jeune fille bilingue doit faire des choix pour arriver au domicile de sa grand-mère. Samantha, speakerine américaine, ainsi que son ex-amoureux Albert, savoyard enjoué et maladroit vont raconter et vivre l’aventure du Petit Chaperon Rouge à New-York. Tout au long du spectacle, les enfants se familiariseront avec l’anglais en chantant avec “Little Red” et la conseilleront sur les décisions à prendre.

Mardi 4 et samedi 7 à 14h30 et 16h30

A noter une reprise exceptionnelle de «Sacha Guitry, mon amour», présenté comme une  "déclaration amoureuse et théâtrale". Ceci en raison de l’immense succès remporté à la création de la pièce du jeudi 13 au dimanche 16 février. Le théâtre des Muses a donc la joie d’annoncer cette unique représentation supplémentaire. Rappelons qu’il s’agit d’une conférence théâtralisée d'Anthéa Sogno dont l’admiration qu’elle voue à Sacha Guitry n’est un secret pour personne!

Dimanche 15 à 16h30

Théâtre des Muses
45 Boulevard du Jardin Exotique
98000 Monaco
Réservations par tél. : 00 377 97 98 10 93
Par courriel: reservations@theatredesmuses.com 

Victoires de la musique classique  24/02/2020

Leur 27e édition s'est déroulée dans la soirée du vendredi 21 février, à l'Arsenal de Metz, ce bâtiment militaire devenu grâce à l’architecte espagnol Ricardo Bofill un temple incontournable de la musique classique. L'Orchestre national de Metz dirigé par David Reiland son directeur musical et chef d'orchestre permanent avait pour tâche d’animer la soirée. Judith Chaine productrice de France Musique et Leïla Kaddour Boudadi de France Télévisions étaient chargées de présenter la soirée retransmise en direct sur France 3 et France Musique.
Au palmarès figurent des valeurs confirmées telles que la mezzo Karine Deshayes et le ténor Benjamin Bernheim, récompensés dans la catégorie Artiste lyrique de l’année. La Victoire d’honneur a été attribuée à la soprano russe Anna Netrebko et au contreténor Philippe Jaroussky dont la réputation n'est plus à faire. La soprano Marie Perbost est reconnue Révélation artiste lyrique. La Révélation soliste instrumental est revenue au hautboïste Gabriel Pidoux âgé de 23 ans, il souhaite donner ses lettres de noblesse au répertoire pour instruments à vents dans les salles de concert. Camille Pépin, 29 ans a été nommée dans la catégorie Compositeur: avec The Sound of Trees, pour clarinette, violoncelle solo et orchestre - en l'occurrence celui de Picardie. Elle est actuellement compositrice en résidence au Festival international de musique de Besançon.
Mais la vedette de la soirée fut incontestablement le pianiste Alexandre Kantorow, lauréat en juin dernier du prestigieux Concours Tchaïkovski et de la médaille d'or, premier Français à l’obtenir. Lors de la finale, il avait interprété le Concerto pour piano No. 2 de Tchaïkovski et le Concerto pour piano No. 2 de Brahms, avec l'Orchestre symphonique de Russie Evgeny Svetlanov, dirigé par Vasily Petrenko. Ce jeune homme d'à peine 23 ans a de qui tenir, il est le fils du célèbre violoniste et chef d'orchestre Jean-Jacques Kantorow. II a été doublement récompensé, Soliste instrumental et Meilleur enregistrement avec les concertos pour piano 3, 4 et 5 de Saint-Saëns (Bis). Ce dernier en fa majeur est dit l’Egyptien, il fut achevé au Caire en 1896.
Un hommage particulier fut rendu aux deux grandes artistes qu'étaient Jessye Norman et Mirella Freni récemment décédées. La première le 30 septembre 2019 et la seconde le 9 février 2020.
A noter aussi que Florent Charpentier, clarinette solo, a pris la parole au nom de l'Orchestre national de Metz et plus généralement des musiciens. Il a attiré l'attention de l'assistance sur la question de la réforme des retraites et rappelé qu'elle engendrerait pour les musiciens une perte de "plus de 1.000 euros par an". Et a conclu son intervention par "Ne vous étonnez donc pas de les voir de nouveau mobilisés".

"L’Analphabète" revient à l’Artistic Théâtre  23/02/2020

Après avoir triomphé en novembre et décembre derniers sur la scène de ce théâtre du XIe arrondissement parisien, le récit autobiographique d’Agota Kristof y est repris depuis le 25 janvier. Toujours dans la mise en scène de Catherine Salviat qui en est aussi l'interprète. Les habitués de cette salle se souviendront qu’il y a deux ans ils avaient eu le plaisir de retrouver celle qui eut une carrière exceptionnelle à la Comédie-française et en est maintenant sociétaire honoraire, dans la pièce du dramaturge britannique Martin Crimp "Probablement les Bahamas".
"L’analphabète" n’est pas une nouveauté pour Catherine Salviat, elle l’a déjà interprétée ces dernières années au théâtre parisien des Déchargeurs dans une mise en scène du franco-libanais Nabil El Azan.
Mais pour elle, "Il ne s’agit pas de rejouer ce très beau spectacle qui a eu sa vie propre, mais de continuer à faire entendre un récit extraordinaire au fil duquel Agota Kristof, en racontant cette irrésistible poussée vers l’écriture, revient à ses années d’enfance, à sa découverte de la lecture et à cet exil politique qui l’a privée des siens, de son pays natal et peu à peu de sa langue maternelle, faisant d’elle, qui était pourtant déjà poète en Hongrie, en Suisse, une analphabète".

Le récit est paru en 2004 aux éditions suisses Zoé et se compose de onze chapitres, brefs, d’une écriture sobre et simple qui nous mènent de Hongrie en Suisse, de l’enfance heureuse de l’auteur à son âge adulte, du nid familial chaleureux à l’exil, d’une longue maternelle connue à une autre qu’elle doit apprendre pour survivre… Mais dans tout cela aucun misérabilisme, aucun pathos mais plutôt une leçon de vie teintée d’optimisme et parfois de drôlerie.
C’est ce que Catherine Salviat nous livre sur le ton de la conversation, sur une scène dépouillée avec seulement les jeux de lumières de François Cabanat qui est aussi scénographe. Elle est vraiment Agota Kristof qui nous raconte son enfance dans le petit village de Csikvánd à l’ouest de la Hongrie où elle est née le 30 octobre 1935, entre un père instituteur et une mère qui enseigne les arts ménagers, la mort de Staline, l’exil en 1956 quand elle a 21 ans, le passage difficile de nuit à la frontière autrichienne avec sa fille de quatre mois dans les bras, l’arrivée en Suisse, le travail à l’usine d’horlogerie près de Neufchâtel, l’apprentissage d’une nouvelle langue et le soir l’écriture, romans, nouvelles, pièces de théâtre, poèmes qui la rendront bientôt célèbre et qui seront souvent traduites. Ce qui lui vaudra de nombreuses distinctions dont le Prix Schiller, le Prix de l'État autrichien pour la littérature européenne, le Prix Kossuth de l'État hongrois ou le Prix du livre inter… Ce qui ne l'empêchera pas de se sentir analphabète dans la langue française qu'elle qualifie parfois d'ennemie.
Agota Kristof est morte en Suisse le 27 juillet 2011 et ses cendres ont été transférées dans la ville hongroise de Kőszeg, où elle avait passé quelques années de sa jeunesse.

Découverte d'une nouvelle grotte en Catalogne  21/02/2020

Un sanctuaire paléolithique datant d’environ 15.000 ans et orné de plus de 100 gravures a été découvert le 30 octobre dernier à L’Espluga de Francolí, dans la province de Tarragone en Catalogne. L’annonce n’en a été faite que le 7 février. Les spécialistes ont mis à profit ce laps de temps pour effectuer en toute tranquillité des relevés 3D des gravures préhistoriques. Ce serait le plus ancien vestige d’art préhistorique mis au jour dans cette région. Les archéologues jugent cette découverte "sans précédent" et "exceptionnelle".
En automne dernier donc, une équipe de scientifiques de l'Institut catalan de paléoécologie humaine et d'évolution sociale (IPHES profitait d’une crue survenue quelques jours plus tôt et accédait à la grotte du Font Major dont ils voulaient évaluer le potentiel archéologique. Josep Maria Vergès, du centre de recherche de l'Université Rovira i Virigili, l'URV à Barcelone et directeur du projet de recherche précise à Archeology News Network "Nous avons fait une découverte fortuite, extraordinaire et inattendue. Ce n’est pas quelque chose que nous cherchions", a-t-il expliqué.
Les experts ont conclu que ce vestige datait du magdalénien - dernière époque du paléolithique supérieur européen -, soit il y a environ 15.000 ans. Cependant, certains dessins pourraient être bien plus anciens, et d’autres dater de l’époque néolithique, plus récente. On remarque une centaine de gravures, dont une quarantaine environ représentent des dessins de biches, de chevaux et de bœufs. Les autres seraient des symboles et des signes abstraits.
Selon le chercheur, le sanctuaire pourrait avoir été encore plus vaste et des gravures auraient été effacées par l’érosion et sans doute par d’autres facteurs. Avant de devenir un lieu protégé, une partie de la grotte était en effet une étape appréciée des randonneurs. De nombreux visiteurs qui ne soupçonnaient pas l’existence des gravures les ont détériorées en touchant les parois et même en y inscrivant des graffitis. Il est maintenant interdit de visiter le site mais des images en haute résolution et des numérisations en 3D devraient permettre aux scientifiques de l’étudier en détail. Et le public pourrait lui aussi en profiter.

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