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Restitution d'un dessin de Picasso à ses propriétaires d'origine  03/04/2020

La National Gallery of Art de Washington va restituer un dessin de Pablo Picasso, un pastel intitulé "Tête de femme", aux héritiers du banquier juif allemand Paul von Mendelssohn-Bartholdy. En 1934, celui-ci, descendant du compositeur Felix Mendelssohn, lui-même petit-fils du philosophe Moses Mendelssohn, avait vendu l’œuvre à perte, avec au moins 15 autres œuvres d’art majeures, parce qu’il craignait que les nazis ne les lui prennent.
En 1938, la banque familiale de Paul von Mendelssohn-Bartholdy, la Bank Mendelssohn & Co., fondée en 1795, a été saisie par les nazis le 31 décembre 1938 et cédée à un non-juif. Selon le New York Times, le dessin "Tête de femme" a été vendu au marchand d’art Justin K. Thannhauser en 1934 et en 2001 il a été remis par donation à la National Gallery of Art . Le musée a déclaré avoir décidé de trouver un accord avec les héritiers de Paul von Mendelssohn-Bartholdy pour "éviter le coût lourd d’une procédure" et non pas parce qu’il pensait que les revendications des héritiers étaient valables.

Le Kunstmuseum de Bâle a accepté d’indemniser les héritiers du collectionneur d’art juif de Berlin Curt Glaser pour les 200 œuvres qu’il a vendues quand il fuyait l’Allemagne nazie. Cette décision revient sur une position de de la municipalité en 2008, laquelle est propriétaire du musée, qui estimait que Curt Glaser, avait vendu les œuvres d’art au prix du marché.
Curt Glaser, directeur de la National Art Library de Berlin jusqu’à ce que les nazis accèdent au pouvoir, avait vendu la majeure partie de sa collection aux enchères en 1933. Il avait alors fui Berlin pour Paris et était arrivé aux Etats-Unis en 1941. Il y est mort deux ans plus tard. Le musée les a achetées lors d’une vente aux enchères à Berlin. Ses héritiers, dont la majorité vit aux Etats-Unis, ont contacté le Kunstmuseum au sujet des restitutions en 2004.
Les médias suisses ont récemment mis en lumière des documents contestant la version du musée sur les événements entourant son acquisition de la collection. À l’époque, la commission suisse d’acquisition d’art estimait les achats comme "bon marché" et à des "prix aux rabais".
Le New York Times a rapporté que la décision a été annoncée vendredi dernier. La somme qui sera versée aux héritiers de Curt Glaser sera tenue secrète. Le musée gardera les œuvres estimées à plus de 2 millions de dollars, – des oeuvres d’Henri Matisse, Max Beckmann, Auguste Rodin, Marc Chagall, Oskar Kokoschka, Ernst Ludwig Kirchner et Erich Heckel notamment.
Le Kunstmuseum a déclaré qu’il présentera une grande exposition en 2022, en collaboration avec les héritiers de Glaser, sur son rôle en tant que "collectionneur, d’historien de l’art, de critique et de directeur de musée".

Disparition d’un chef hongrois  02/04/2020

Zoltán Peskó s’est éteint à Budapest le 31 mars à l’âge de 83 ans. Né le 15 février 1937 dans cette ville, il avait étudié à l’Académie Franz Liszt avant de quitter la Hongrie en 1964 pour aller se perfectionner en Italie. Il étudie la composition auprès du compositeur Goffredo Petrassi à l'Accademia Santa Cecilia de Rome et la direction d’orchestre avec Franco Ferrara. Ensuite, il fut l’élève de Pierre Boulez à Bâle. Entre 1966 y 1969, il est l’assistant de Lorin Maazel à Berlín. Dans les années 1970 il commence une carrière internationale, il est directeur général des théâtres de Bologne et de la Fenice de Venise. Entre 1978 et 1982, il dirige l’orchestre de la RAI à Milan. Dans la dernière partie de sa carrière qu’il arrêtera en 2005, il est directeur musical de l’Opéra du Rhin à Dusseldorf ainsi que de l’orchestre symphonique portugais et du théâtre san Carlos de Lisbonne. Cet épisode se termina par un procès qu’il perdit en 2013.
Depuis, il donnait des masterclasses et s'intéressait à la formation des chefs d'orchestre.
Zoltán Peskó dirigea des pièces rares, entre autres Oberto comte de San Bonifacio de Verdi, Salammbô de Moussorgski et dans le répertoire symphonique les Concertos pour orchestre de Goffredo Petrassi, il les enregistra également.
Il laissera le souvenir d'un grand interprète de la musique du XXe siècle aussi bien dans le domaine de l'opéra que du concert, comme Ulisse de Dallapiccola, ou l'Ange de feu de Prokofiev. Il laisse un grand nombre d'enregistrements des oeuvres de Petrassi, Dallapiccola, Maderna et Feldman, entre autres.
Zoltán Peskó fut aussi compositeur.


 

Vol d’un tableau de Vincent Van Gogh  01/04/2020

Il a eu lieu au cours de la nuit du dimanche 29 au lundi 30 mars, au musée Singer Laren, à Laren, à une trentaine de kilomètres d’Amsterdam. Ce n’est pas la première fois que ce musée est victime d’un cambriolage, en janvier 2007 déjà, sept statues de bronze, dont un exemplaire du "Penseur" d’Auguste Rodin, avaient été dérobées dans les jardins et retrouvées deux jours plus tard. Cette fois, il s’agit de la toile "Le jardin du presbytère de Nuenen au printemps" cette localité où Van Gogh a résidé dans le presbytère de son père. Peinte en 1884, l’oeuvre, huile sur panneau de 25 x 57 cm, est estimée entre un et six millions d’euros et avait été prêtée au musée Singer Laren par le musée de Groningue dans le cadre d’une exposition dédiée à l’art néerlandais "Mirror of the Soul", organisée en coopération avec le Rijksmuseum d’Amsterdam..
Ce musée est actuellement fermé jusqu’au 1er juin au moins en raison de la pandémie de Covid-19 et Evert van Os, directeur général de l’institution de déclarer “Il y a eu une effraction hier dimanche soir et un tableau de Van Gogh a été volé” et d’ajouter “Nous sommes en colère, sous le choc et tristes”. Les voleurs ont forcé la porte d’entrée vitrée du bâtiment vers 3 h 15 et on se plaît à faire remarquer que le vol a eu lieu 167 ans, jour pour jour, après la naissance du peintre néerlandais le 30 mars 1853.
Jan Rudolph de Lorm, un des directeurs du musée, avoue "Je suis choqué et incroyablement agacé que ce vol se soit produit. L’art est là pour être vu, pour être apprécié, pour inspirer et apporter du réconfort, en particulier en ces temps difficiles où nous nous trouvons".
Pour Arthur Brand, enquêteur néerlandais spécialisé dans les affaires de faux et vols d’œuvres d’art, "La chasse est lancée". Celui que l’on appelle souvent "Indiana Jones du monde de l’art" est surtout connu pour avoir retrouvé en 2015 deux chevaux de bronze de Josef Thorak, l’un des deux sculpteurs célèbres du Troisième Reich avec Arno Brecler. Il rappelle que c’est le troisième vol d’un Van Gogh aux Pays-Bas depuis les années 1990. Deux chefs-d’œuvre du peintre avaient été dérobés en 2002 au Musée Van Gogh d’Amsterdam. "Vue de la mer de Scheveningen" daté de 1882 et "Sortie de l’église réformée de Nuenen" peint en1884-1885, leur valeur s’élève à plusieurs millions d’euros. Ils avaient été retrouvés en Italie en 2016 et sont de nouveau au musée d’Amsterdam depuis juin 2019.

Jérémy Taburchi est de retour  29/03/2020

Ce n’est pas un inconnu pour nous, cet artiste peintre, plasticien et dessinateur de presse né à Nice en 1974 a été le créateur du Chat Rose au début des années 2000. Il est également écrivain et aussi animateur de la revue Lou Can. En 2016, il a écrit "Le journal d’une exposition", sous-titré Petit manuel à l’usage des artistes débutants et autres utopistes.
Depuis sa dernière grande exposition niçoise en 2014, Jérémy Taburchi a tenu le journal des faits et des pensées qui ont accompagné la préparation de cet important événement, du 12 juillet au 10 octobre 2014. Les problèmes techniques, les conflits entre personnes, la vie intime de l’artiste notamment, y sont abordés sans tabou. C’est ce qui donne à ce texte tout son caractère original. On s’y familiarise avec les particularités du milieu artistique niçois, ses lumières et ses ombres. L’auteur pose un regard tantôt dur, tantôt tendre sur les personnages et les mythes qui peuplent ce microcosme et il révèle les secrets habituellement bien gardés des coulisses du monde de l’Art sur la Côte d’Azur. La postface est signée par l’artiste Nivèse, seule femme de la célèbre Ecole de Nice.
L’ouvrage reparaît dans une édition tirée à 100 exemplaires numérotés à la main par l’artiste. Les vingt premiers exemplaires du sont proposés avec une estampe numérotée et signée par l’artiste. L’estampe est protégée par une pochette en papier cristal.
On peut découvrir depuis peu deux exemplaires numérotés du tirage limité du "Journal d’une exposition" à la Librairie Matarasso; 46 Boulevard Risso à Nice. Le N°6 et le N°10 sont accompagnés de leur estampe numérotée et signée.
La version “Classique” du livre paru chez Baie des Anges éditions en 2016 est disponible.
A noter qu’en raison d’une forte demande, les boîtes en aluminium qui servaient à expédier les livres avec les estampes ne sont plus disponibles.

Des chiens pour détecter le Covid-19  27/03/2020

Au Royaume-Uni, i’association Medical Detection Dogs va essayer de dresser des chiens pour la détection du coronavirus. Ils seront aussi chargés de rechercher les personnes malades. Ceci afin de freiner la propagation de l’épidémie selon une annonce de association qui travaille en collaboration avec la London School of Hygiene and Tropical Medicine (LSHTM) et l’Université de Durham. L’association Medical Detection Dogs précise que les trois organismes “ont engagé des préparatifs pour entraîner intensivement des chiens afin qu’ils soient prêts en six semaines à fournir un diagnostic rapide et non invasif vers la fin de l’épidémie”. Ils ont aussi contacté le gouvernement pour lui expliquer comment le chien pourrait être un allié précieux dans cette lutte.
L’association a déjà formé des chiens pour détecter des maladies telles que le cancer, la maladie de Parkinson ou des infections bactériennes et explique que le procédé serait le même pour apprendre aux chiens à repérer le Covid-19. Il s’agira de leur faire renifler des échantillons et de leur apprendre à signaler quand ils l’ont trouvé. Les chiens sont en outre capables de détecter des changements subtils de température de la peau, et pourraient donc indiquer si quelqu’un a de la fièvre.
Les chiens dressés pourraient également être utilisés pour identifier des voyageurs contaminés par le virus à leur arrivée dans le pays ou être utilisés dans d’autres espaces publics.
Dans un communiqué, Claire Guest, directrice et cofondatrice de Medical Detection Dogs, déclare “Sur le principe, nous sommes sûrs que les chiens peuvent détecter le Covid-19. Nous étudions maintenant comment nous pouvons capturer en toute sécurité l’odeur du virus sur des patients et la présenter aux chiens”. Et elle poursuit “L’objectif est que les chiens puissent dépister n’importe qui, y compris ceux qui ne présentent pas de symptômes et nous dire s’ils doivent être testés”.
Pour le professeur Steve Lindsay, de l’Université de Durham, “si la recherche réussit, nous pourrions utiliser des chiens pour détecter le Covid-19 dans les aéroports à la fin de l’épidémie pour identifier rapidement les personnes porteuses du virus. Cela aiderait à prévenir la réapparition de la maladie après avoir maîtrisé l’épidémie actuelle”.

La 74e édition du festival d’Avignon aura bien lieu  27/03/2020

C’est ce qu’a annoncé Olivier Py son directeur directeur depuis 2013. On sait que le metteur en scène est aussi dramaturge, et actuellement, confiné dans son appartement d'Avignon, il relit et corrige les épreuves de sa dernière pièce qu’il la mettra en scène pour le festival 2020. D’après Olivier Py, cette édition se tiendra bien du 3 juillet prochain au 23. Et le 8 avril, le programme sera en ligne, sur le site du festival. On y trouvera des contenus augmentés, des vidéos d’Olivier Py présentant la programmation et les déclarations de plusieurs artistes invités à propos de leurs prochaines créations. Il y aura peu de changements par rapport à ce qui avait été initialement prévu. Cependant, des artistes sud-africains invités ne pourront se déplacer, et le directeur craint que certaines compagnies d’Afrique et du Moyen-Orient ne soient encore obligées de se plier au confinement. Paul Rondin, directeur délégué du Festival d’Avignon, précise "Il va falloir s’adapter, mais surtout ne vous arrêtez pas! Nous sommes en ligne au quotidien avec toutes les équipes artistiques”.
Une inquiétude plane néanmoins, il s’agit de l’installation de la Cour d’honneur du Palais des papes, ceci pour le cas où le confinement devrait se prolonger en mai. En effet, il faut deux mois pour transformer ce lieu grandiose en théâtre.
En 2021, dernière année du mandat d’Olivier Py à la tête du festival, la réfection de la Cour sera achevée, le plateau sera refait mais gardera ses dimensions, et les gradins permettront une meilleure visibilité sans que la capacité en soit affectée, le nombre de places passera de 1929 à 1945.
Il est bien évident que cette annonce de la tenue du Festival d’Avignon à la date prévue ne sera valable que si la situation sanitaire s’améliore.

Au Bolchoï comme si on y était  26/03/2020

Vendredi 27 mars est normalement la journée mondiale du théâtre. C’est pourquoi l’initiative du théâtre du Bolchoï retient l’attention. Car ce jour-là, pour la première fois de sa longue et prestigieuse histoire, il diffusera gratuitement ses meilleurs spectacles sur sa chaîne Youtube. Rappelons que dès la semaine dernière les opéras de New York et de Paris ont pris l’initiative de diffuser en streaming sur leur site Internet une sélection de leurs plus grands succès. 
On imagine que cette année, la journée mondiale du théâtre sera bien triste. Comme de nombreux théâtres à travers le monde, le célèbre établissement moscovite a dû fermer ses portes à cause de la pandémie de Covid-19, laquelle a déjà fait 840 contaminés dont 3 morts en Russie. Un communiqué du Bolchoï a donc annoncé qu’à partir de vendredi 27 mars le théâtre retransmettra plusieurs opéras et ballets populaires, faisant partie de la “Collection dorée”, sur sa chaîne Youtube officielle. Des diffusions qui ne seront soumises à "aucune restriction géographique". Le premier à être diffusé sur la plateforme à 17h, heure française sera le ballet "Lac des Cygnes". Six spectacles enregistrés seront ainsi mis en ligne jusqu’au 10 avril. Vladimir Ourine, directeur général du Bolchoï précise: "Tout comme le reste du monde, notre pays vit une période difficile, nous n’avions jamais eu à affronter ce genre de situation. Mais maintenant que nous avons dû fermer le théâtre, nous ne voulons pas perdre le lien avec notre public". Et il espère que cette initiative du théâtre "remontera le moral et apportera au moins une santé spirituelle à ceux qui aiment l'art du Bolchoï".
Dans les prochains jours, toujours à la même heure, suivront l'opéra "Boris Godounov" et le ballet "La Belle au bois dormant".
Chaque spectacle sera disponible sur YouTube pendant 24 heures après sa diffusion.

Marseille à l'époque de la peste de 1720  26/03/2020

En cette période d’épidémie et surtout de confinement qui invite à se réfugier dans la lecture, on évoque beaucoup parmi les ouvrages les plus connus "Le Hussard sur le toit" de Jean Giono, "La Peste" d'Albert Camus ou "Der Tod in Venedig" La Mort à Venise de Thomas Mann. On cite moins "Les pestiférés" de Marcel Pagnol. Mort le 18 avril 1974 à 79 ans, il n’avait pas eu le temps d'achever son récit où il est question de l'épidémie de peste qui ravagea Marseille en 1720, plus de la moitié des habitants de Marseille périrent, sans compter ceux de la région. Ce texte fait partie du recueil "Le temps des amours", paru de manière posthume en 1977. Quatrième titre du cycle des "Souvenirs d'enfance" qui comprend aussi "La Gloire de mon père", "Le Château de ma mère" et "Le Temps des secrets".
Grâce à Serge Scotto, Eric Stoeffel et Samuel Wambre, "Les Pestiférés" sont devenus en 2019 une BD de 138 pages publiée dans la collection Grand angle chez Bamboo Édition. Ce qui permet aux lecteurs de cette BD de découvrir la fin que Marcel Pagnol n'avait pas eu le temps de rédiger mais avait racontée à ses proches. Son petit-fils Nicolas révèle que  son père Frédéric tenait de son propre père Marcel comment il voyait la fin de son son récit et et lui en avait parlé et c’est elle qu’il a confiée aux auteurs de la BD.
Ce n’est pas la première fois que Pagnol se retrouve en BD et il est même prévu d’adapter ainsi toute son oeuvre jusqu'en 2030.

Un tableau de Berthe Morisot rejoint le musée Marmottan-Monet  29/02/2020

Le 18 février, lors d’une vente aux enchères chez Freeman's Auctioneers & Appraisers à Philadelphie, le musée parisien a acquis l’’huile sur toile "Apollon révélant sa divinité à la bergère Issé, d’après François Boucher", pour 230.000$, soit quelque 212.000€. Le tableau a été financé pour moitié par la Société des amis du musée Marmottan et pour le reste par l’Académie des Beaux-arts à laquelle Paul Marmottan avait légué son hôtel et ses collections. Cette toile vient enrichir la plus grande collection de cette illustre figure de l’impressionnisme qu’est Berthe Morisot, elle se compose de 83 œuvres dont 25 peintures et plus d’une soixantaine d’aquarelles, pastels et dessins, l'Académie des Beaux-arts en est propriétaire.
Berthe Morisot fut l’élève de Camille Corot et la muse d’Edouard Manet dont elle deviendra la belle-sœur, elle avait en effet épousé Eugène, jeune frère du peintre. Edouard Manet la représentera à plusieurs reprises notamment dans sa célèbre toile Le Balcon, elle est assise à gauche du tableau. Elle parviendra à s’imposer comme la première femme impressionniste et sera aux côtés de Monet, Renoir, Degas, Pissarro l’un des principaux membres de cette petite assemblée d’artistes.
En automne 1892, Berthe Morisot, alors âgée d’une cinquantaine d’années, visite le Musée des Beaux-Arts de Tours avec sa fille Julie. Elle y copie "Apollon révélant sa divinité à la bergère Issé" de François Boucher, 29 septembre 1703 -30 mai 1770, tableau de 129x157cm datant de 1750. Elle avait une véritable vénération pour cet artiste qu’elle avait déjà copié. Pour cette copie, 63,8 x 79,4cm, Berthe Morisot a concentré son attention sur un coin du tableau, amplifiant ainsi la peinture des deux nymphes près d’un ruisseau dans la forêt. Cette technique existait au XVIIIe siècle, c’était la pochade qui consistait à capturer rapidement les couleurs et l’atmosphère d’une scène.
Le musée d’Orsay a consacré une exposition à Berthe Morisot du 18 juin au 22 septembre 2019. C’était d’ailleurs la première dédiée à cette artiste par un musée national depuis la rétrospective organisée en 1941 au musée de l'Orangerie à l’occasion du centenaire de sa naissance. A cette occasion un catalogue avait été édité, Paul Valéry en avait rédigé la préface.

Quand une affaire d’espionnage devient un opéra  26/02/2020

On se souvient peut-être de cet ancien agent secret russe Alexandre Litvinenko qui avait fui la Russie en 1999 et était mort à Londres le 23 novembre 2006 après trois semaines d’agonie, à la suite d’un empoisonnement au polonium-210, une substance radioactive extrêmement toxique. Une enquête menée au Royaume-Uni avait conclu près de dix ans plus tard à la responsabilité de l’Etat russe, lequel dément, et établit la culpabilité de deux exécutants, les Russes Andreï Lougovoï et Dmitri Kovtoun. Ils avaient pris un thé à Londres avec la victime à l’hôtel Millenium de Londres. Cette aventure est le thème d'un opéra en deux actes. "La vie et la mort d'Alexandre Litvinenko" est l'oeuvre du compositeur britannique Anthony Bolton, sur un livret de Kit Hesketh-Harvey avec chœur et orchestre de 52 musiciens. Elle sera présentée en première mondiale le 15 juillet prochain à l’Opéra de West Horsley dans le cadre du festival de Grange Parkà qui se déroule du 6 juin au 19 juillet dans le Hampshire au sud de Londres. 
Pour le compositeur "Il y est question de pouvoir, de politique, de trahison, d’amour, de danger", autrement dit tous les ingrédients qui peuvent faire un opéra. Il se déroule en Russie et au Royaume-Uni. C’est en lisant une biographie d'Alexandre Litvinenko qu’Anthony Bolton a décidé de se lancer dans l’écriture de cet opéra qui lui a demandé trois ans de travail "Quand j’ai posé [le livre], je me suis dit "On doit en faire un opéra”. L'opéra sera chanté en anglais avec certaines parties en russe, il emprunte des passages aux compositeurs russes Rachmaninov, Chostakovitch et Tchaïkovski, mais aussi aux chants de football et de l’armée russe ainsi qu’à l’hymne tchétchène. La veuve d’Alexandre Litvinenko a confié avoir pleuré après avoir vu une répétition de l’opéra : "Il n’y a toujours pas eu de justice pour Sacha" a-t-elle confié. Cependant, Marina Litvinenko a déclaré qu’elle restait "absolument" optimiste sur le fait que les responsables de la mort de son mari seraient traduits en justice.
L'opéra a été monté en collaboration avec Marina qui a "offert des images vidéos jamais vues qui doivent être intégrées" au spectacle. 
On pourra y entendre le ténor Adrian Dwyer qui interprétera l'ex-agent secret, la soprano Rebecca Bottone sera sa femme, tandis que le contreténor Andrew Watts sera le patron du FSB, Service fédéral de sécurité de la fédération de Russie. Quant au baryton-basse Andrew Slater, il représentera l'ex-oligarque devenu opposant au Kremlin Boris Berezovski, retrouvé pendu à son domicile de l'ouest londonien le 12 mars 2013. La mezzo-zoprano Olivia Ray interprétera le rôle d’Anna Politkovskaya.
En 2007, le réalisateur russe Andreï Nekrassov avait consacré à cette affaire un documentaire de 105 min, "Rebellion: l'affaire Litvinenko, empoisonnement d'un ex- agent du KGB". Il fut présenté au Festival de Cannes de cette-année-là.

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