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Brexit à tout prix


Par Elise Venet Rédigé le 05/11/2019 (dernière modification le 03/11/2019)

Quitter l’Union européenne ne constitue désormais plus une option, mais une réalité tangible pour le Royaume-Uni, 3 ans et 4 mois après le référendum fondateur du Brexit (abréviation de "British Exit"). Initialement prévue en mars 2019, puis fixée au 31 octobre 2019, la sortie de l’Europe du pays vient d’être pour la 3e fois reportée au 31 janvier 2020, date butoir.


Un processus de longue haleine

"Il y a des conseillers conjugaux spécialisés en Brexit aujourd’hui en Grande-Bretagne" Le romancier Jonathan Coe sur France Culture (c) John Cameron, Unsplash
"Il y a des conseillers conjugaux spécialisés en Brexit aujourd’hui en Grande-Bretagne" Le romancier Jonathan Coe sur France Culture (c) John Cameron, Unsplash
Si l’idée de s’affranchir des institutions européennes est apparue dès les années 2000, les quelques 66 millions de sujets de la Reine Elizabeth II et leurs représentants politiques restent profondément divisés autour de la question d’un retrait définitif.

David Cameron, Premier ministre en 2016, a inscrit le Brexit dans l’agenda politique britannique (obtenant 51,9 % de "oui" de la part des "leavers", partisans d’une Europe sans leur pays). Le Parti Conservateur a vite compris la portée du sujet, et s’en est emparé. Au cours des 3 années suivantes, Theresa May a pris en charge le gros de négociations laborieuses avec le Conseil européen. D’abord partisane d’un Brexit dur, elle avait infléchi sa position pour contenter son parti et amadouer l’opposition travailliste, sans succès.

Sa démission annoncée en mai devant le 10 Downing Street laissait libre sa place de Première ministre à son principal opposant au sein des Tories, le populiste Boris Johnson. Ce dernier incarne la version d’un Brexit nationaliste intransigeant, prêt à faire sortir le Royaume-Uni de l’Union sans accord avec Bruxelles (cas d’un "no deal").
 

Les points d’achoppement

Par trois fois, les députés britanniques ont rejeté le deal négocié par Theresa May, forçant les négociateurs européens emmenés par Michel Barnier à repousser la date du Brexit au 31 octobre dernier.

Il faut dire que les sujets de discorde ne manquent pas dans cette désunion souhaitée par une partie des Britanniques. L’Union européenne perdrait avec le Royaume-Uni une de ses premières puissances économiques, place boursière internationale stratégique, ainsi qu’un allié diplomatique de choix des États-Unis.

Avant sa sortie, le pays serait sommé de verser une cinquantaine de milliards d'euros au budget européen pour respecter ses engagements jusqu’en 2020. De nombreuses discussions portent, par ailleurs, sur la circulation des travailleurs étrangers sur le sol britannique, ainsi que sur le cadre des échanges de produits et services entre les deux zones (procédures douanières, réglementations environnementale, sanitaire, etc.) Il s’agit du fameux "backstop" à la frontière nord-irlandaise

Quitte ou double

Entrée en 1973 dans l'Union européenne, la Grande-Bretagne estime désormais que celle-ci a changé de nature profonde et limite ses choix de souveraineté nationale en matière d'immigration, de commerce et de politique économique (c) Paul Fiedler, Unsplash
Entrée en 1973 dans l'Union européenne, la Grande-Bretagne estime désormais que celle-ci a changé de nature profonde et limite ses choix de souveraineté nationale en matière d'immigration, de commerce et de politique économique (c) Paul Fiedler, Unsplash
Pour Boris Johnson, l’enjeu de ce Brexit est donc à la mesure des déclarations "choc", dont il est coutumier."D’une manière ou d’une autre, nous quitterons l’UE", avait-il déclaré le 22 octobre. Il a obtenu le principe d’élections anticipées qui auront lieu le 12 décembre prochain, et espère ainsi faire voter l’accord qu’il a conclu à Bruxelles, en s’appuyant sur une majorité à la chambre des communes. Le Labour de Jeremy Corbyn entend bien, lui, remporter les élections et organiser un second référendum qui annulerait le Brexit.

Cette saga est donc loin d’être terminée, dépendante tant des tensions politiques internes du Royaume-Uni (à l’équilibre traditionnel des deux partis historiques s’ajoutent les revendications des partis indépendantistes irlandais et écossais), que des milieux économiques européens.

Repoussée au 31 janvier prochain, au lieu du 31 octobre 2019, l’entrée en vigueur effective de l’accord de retrait implique une extension possible en 2021 ou 2022. Jusque-là le Royaume-Uni resterait membre à part-entière de l’Union européenne et rien ne changerait pour les entreprises et les ressortissants européens. Après cela, le Royaume-Uni deviendrait un Etat répondant aux lois commerciales de l’Organisation Mondiale du Commerce. Faites vos jeux !

brexit_a_tout_prix.m4a Brexit à tout prix.m4a  (413.77 Ko)









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