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On a retrouvé le Florentin


Par Rédigé le 25/12/2025 (dernière modification le 24/12/2025)

Ce diamant de 137,27 carats appartenant aux Habsbourg dormait dans une petite valise depuis quelque 85 ans, dans la chambre forte d’une banque de Québec.


Le New York Times vient de révéler cette histoire incroyable, à la demande de deux archiducs, Lorenz et Simeon von Habsburg-Lothringen, petits-fils de Zita de Bourbon-Parme (1892-1989), dernière impératrice d’Autriche-Hongrie. Ils ont déclaré que ce trésor resterait au Canada en ajoutant "C’est notre façon de dire à quel point nous sommes reconnaissants envers le Canada, envers les Canadiens, d’avoir accueilli [notre] grand-mère qui a trouvé refuge chez vous pendant la Seconde Guerre mondiale". Faisant ainsi allusion au séjour que Zita y avait effectué de 1940 à 1948.

Le ministre de la Culture et des Communications du Québec, Mathieu Lacombe, a confirmé l'intérêt du Musée national des beaux-arts du Québec pour l'exposition des bijoux de la famille Habsbourg. "Ce serait un honneur pour le Musée national des beaux-arts du Québec d'accueillir cette collection en raison de son importance historique ainsi que de son lien inédit avec la ville de Québec. Le Musée est d'ailleurs situé à proximité du quartier où a résidé l'impératrice durant ses années passées dans la capitale nationale".
Les deux archiducs ne peuvent révéler la valeur des bijoux contenus dans la valise ni le nom de la banque où elle était conservée, "question de discrétion et de sécurité". On sait cependant qu’elle contenait 14 bijoux précieux et outre le Florentin, une montre ayant appartenu à la reine Marie-Antoinette, une décoration de l’ordre de la Toison d’or et quelques broches.

Mais c’est ce mythique Florentin, avec ses 137,27 carats, ses 126 facettes sur neuf côtés, sa forme de poire et sa teinte jaune qui retient l’attention, et surtout quand on sait qu’un carat peut valoir jusqu’à 40.000 dollars. Mais ce bijou historique la retient aussi pour son histoire extraordinaire.
Avant d’être propriété des Habsbourg, il aurait appartenu à Charles le Téméraire (1433-1477), puis à la famille des Médicis, Marie-Antoinette l'aurait possédé ainsi que Napoléon et même l’impératrice Elisabeth, avant de devenir la propriété du dernier couple impérial d’Autriche-Hongrie, Charles 1er et Zita de Bourbon-Parme.

Ces joyaux officiellement portés disparus en 1922 étaient depuis lors l'objet de tous les fantasmes.
On savait que Charles Ier les avait mis en sécurité en Suisse en 1919 quand la monarchie autrichienne s'était effondrée au lendemain de la Première Guerre mondiale et qu'il a dû partir.

Après, on perd leur trace, on les croyait volés ou perdus ou bien encore retaillés voire revendus. Il n’en était donc rien. Ils étaient tout simplement entreposés dans une banque canadienne, où Zita les avait déposés quand elle vivait à Québec.
Après la Première Guerre mondiale, le couple impérial dut partir en exil à Madère, il y resta jusqu’à la mort de Charles Ier le 1er avril 1922.
Puis Alfonso XIII, roi d’Espagne, accueillit Zita et ses sept enfants, elle met au monde le huitième et réside à Lequeito au Pays basque. En 1929, elle est reçue en Belgique. Fuyant la menace allemande, elle s ‘embarque en 1940 pour l’Amérique et trouve refuge à Québec avec ses quatre enfants les plus jeunes, les quatre aînés faisant leurs études aux Etats-Unis. La famille vit à la Villa Saint-Joseph, à Sillery quartier de Québec.
Elle s’installera en 1948 près de New York qu’elle quittera en 1952 pour Zizers dans les Grisons en Suisse où elle mourra le 14 mars 1989 après avoir connu un retour triomphal à Vienne le 13 novembre 1982.

Zita aurait parlé de cette valise aux bijoux à deux de ses fils, Robert et Rodolphe, et leur aurait demandé d’attendre 100 ans après la mort de Charles en 1922, pour révéler ce secret. Une exigence demandée par la prudence, selon Simeon "L’Autriche ne s’est libérée qu’en 1955. Tous les pays d’Europe centrale qui appartenaient à l’empire austro-hongrois étaient devenus des satellites communistes de Moscou. Vous pouvez donc imaginer que ma grand-mère était très sceptique quant à la situation politique en Europe".

Le secret se transmet ensuite discrètement dans la famille "L’idée était que moins les gens savent, plus la chose est protégée" indique Lorenz. C’est seulement à un âge avancé que les enfants de Charles et Zita ont mis leurs propres héritiers au courant.
Avant de faire l’annonce de leur existence, la famille a eu recours à l’expertise de bijoutiers autrichiens pour affirmer l’authenticité des pierres précieuses,
Pour l’Américain Charles A. Coulombe, auteur d'un livre récent  "Zita : Empress of Austria and Queen of Hungary" cette réapparition du trésor des Habsbourg est une "surprise très plaisante". Il croyait, comme beaucoup, que les bijoux avaient été volés par un banquier suisse dans les années 1920. Il est surpris que ni Charles ni Zita n’aient vendu ce trésor, alors qu’ils ont connu de grandes difficultés matérielles.

Répondant à l’article du New York Times, Andreas Babler, vice-chancelier d’Autriche et ministre fédéral du Logement, des Arts, de la Culture, des Médias et des Sports, a déclaré qu’un "examen immédiat" va déterminer si le Florentin appartenait à l’État autrichien. "S’il s’avère qu’il appartient à la République d’Autriche, j’entamerai la procédure de restitution du joyau". Il a précisé que son cabinet était déjà en contact avec l’ambassade d’Autriche au Canada.

Pour les deux archiducs, le Florentin et les autres joyaux appartiennent à la famille Habsbourg. L’Autriche a-t-elle le droit de les réclamer? Siméon s'exprime "Je ne crois pas, car la situation est très claire,. D’ailleurs, ce diamant en particulier n’a pas seulement été en Autriche, il a aussi été à Florence, en Bourgogne pendant 200 ans, au Canada pendant 85 ans et il provient probablement de l’Inde. On le définirait donc plutôt comme un patrimoine mondial".

Il reste à déterminer où ces bijoux seront mis en valeur au Canada. Lee gouvernement du Québec a très vite montré son intérêt pour cette "histoire véritablement unique qui unit le Québec à la famille Habsbourg".
De son côté, Mathieu Lacombe, le ministre de la Culture et des Communications, a indiqué qu'il était déjà en train de travailler avec le Musée national des beaux-arts du Québec "afin de trouver un moyen pour que ces bijoux puissent être exposés et accessibles au public".








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