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Cameroun: une fête de l'unité dans la désunion totale


Fête nationale du 20 mai 2018 à Bamenda sous fond de haute sécurité et de boycott par les populations.


Un défilé boudé

Photo prise par l'auteur
Photo prise par l'auteur
bamenda.mp3 Bamenda.mp3  (1.42 Mo)

C’est sous très forte escorte que le gouverneur de la région du Nord-Ouest Adolphe Lele Lafrique est arrivé à la place des fêtes de Bamenda à Commercial Avenue dans le but de présider la cérémonie de défilé militaire et civil qui marque cette fête nationale du Cameroun. Après avoir reçu de nombreuses menaces d’attaques de la part des séparatistes armés lors de cette journée, les autorités ont pris la décision de bouclé la ville et de sécuriser le lieu où la cérémonie allait avoir lieu. Suite à ces menaces les habitants n’ont pas répondu positivement à l’invitation du gouverneur de se rendre sur le lieu ou allait avoir lieu le défilé. Certains évoquent les représailles par la suite de la part des séparatistes. C’est pour cette raison que ces derniers ont préféré ne pas venir voir ce défilé. On aura donc assisté à un défilé militaire avec toute les forces présentes sur le champs de cette bataille dans la partie anglophone du Cameroun, la gendarmerie, la police, le Bataillon d’intervention rapide (BIR), le corps d’élite de la gendarmerie et de la police. Peu d’élèves se sont présentés pour le défilé civil, de sources sures des étudiants de l’Université de Bamenda ont été forcés par leurs responsables de venir défiler sous peine d’expulsion, tandis que les fonctionnaires de tous les ministères présents dans la ville ont été aussi obligés de venir défiler pour combler ce déficit. C’est d’ailleurs sur très forte escorte de la gendarmerie que ces étudiants et élèves ont été amenés sur le site puis ramenés dans leurs secteur respectifs. C’est donc une population qui a répondu aux abonnés absents lors de cette fête du 20 mai à Bamenda, et une Place des Fêtes hyper-militarisée qui a vu passer une parade qui n’aura pas été du goût de certains.


Un cessez-le-feu urgent

Le gouverneur a félicité ceux qui ont tenu à être là malgré les menaces, les qualifiants de patriotes. Pour lui "la paix est une construction permanente", d’ailleurs il a remercié ceux qui prient, et œuvrent au retour de la paix globale dans la région.
Rappelons que ce jour-même il y a eu des attaques dans les villes de Batibo, Ekona et Banguem. Dans d’autres la fête nationale n’a pas pu se tenir à cause de ces attaques qui ont poussé les populations à déserter les grandes villes en quête de sécurité. C’est certainement la situation qui a poussée les États-Unis a accuser le Cameroun d’exécutions ciblées de la part de son armée, d’incendier les villages, de détenir illégalement des personnes leur refusant l’accès aux familles, aux avocats et à la croix Rouge. Les États-Unis ont aussi accusé les séparatistes de brûler les écoles, de tuer des policiers, de semer la terreur dans les villages; ils ont ainsi appelé à un cessez-le-feu des deux côtés pour donner une chance au dialogue. C’est l’avis que partage le Dr Nick Ngwanyam, directeur de l’Institut St Louis à Bamenda pour qui il est temps d’arrêter de faire crépiter les armes et de donner la chance au dialogue, car trop de sang a déjà été versé coté civil comme militaire.
Pendant ce temps Bamenda se meurt, l’économie est en berne.

Une économie meurtrie

La ville de Bamenda est l’arrêt. Elle vibre au rythme des villes mortes qui cette fois sont montées en puissance, les séparatistes ont lancé un mot d’ordre de ville morte qui allait durer une semaine. Ceci poussant les populations à boycotter la fête nationale de l’unité qui est célébrée sur toute l’étendue du territoire.
Conséquences: depuis une semaine les boutiques, les marchés, les administrations sont à l’arrêt. Les populations sont cloîtrées chez elles. Plus de travail, la vie est à l’arrêt. A cela s’ajoute le couvre-feu instauré par le gouverneur dans la ville et la région après les attaques sanglantes qui ont coûté la vie à des soldats. L’économie se meurt et certains habitants n’en peuvent plus. C’est le cas de Raoul, un jeune qui réside dans la ville de Bamenda. Pour lui c’est simplement devenu infernal ce rythme de vie qui dure depuis bientôt un an. Même s’il rapporte le fait d’être habitué à la situation, il implore le gouvernement de faire mieux pour résoudre la crise.

Pendant ce temps les lieux de culte sont sous très haute protection policière depuis quelques jours après que les séparatistes aient incendié des écoles de confession religieuse dans les deux régions. Outre les villes mortes, les autorités ont imposé un couvre-feu dans la région de 21h à 5h du matin. Des patrouilles se sont intensifiées dans la région et le nombre de militaires a été renforcé. Une situation qui fait dire avec exactitude que les élections de 2018 ne seront pas évidente dans cette partie du pays.



28/05/2018




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