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Lech Walassa Mulondani

Corruption au quotidien à Bukavu.


Faire inscrire un mariage à l’Etat-civil, obtenir un document quelconque dans un service public, un permis de conduire ou une autorisation d’exercer une activité relève du parcours du combattant à Bukavu. Pour éviter tous les ennuis, la corruption est une pratique officielle qui s’exprime sous plusieurs formes.


Les textes officiels fixent les frais à payer pour tel ou tel autre service mais les agents commis à différents niveaux font payer plus que ne l’exigent les instructions. Pour inscrire au bureau de l’Etat civil et faire célébrer un mariage par le bourgmestre on fait payer une caisse de bière ou un sac de ciment en plus de trente dollars officiels. Les chauffeurs de taxi paient à chaque point de contrôle des sommes d’argent pour lesquelles ils n’obtiennent aucun document. Quand on passe devant le poste de contrôle de la police de la circulation routière, on n’est plus scandalisé de voir le policier souffler dans son sifflet avec une main tout en tendant l’autre au conducteur pour recevoir quelque chose. Pour accéder au bureau de certains responsables, il faut graisser la patte à l’huissier ou à la secrétaire. Chez les journalistes la pratique porte le sobriquet de Coupage tandis que les militaires, policiers et autres agents de l’Etat utilisent les termes les plus divers : makolo ya soldat ou pieds du soldat, madesu ya bana ou haricots des enfants, papier ou encre, j’en passe et de meilleurs. La liste va chercher même dans les écoles où une pratique consiste à échanger les notes contre de l’argent ou les relations sexuelles entre enseignants et élèves : les fameuses notes sexuellement transmissibles !

Le SIDA partout !

Ici le sida ne signifie pas nécessairement l’infection au VIH. Salaires impayés depuis des années ou salaires insignifiants et difficilement acquis sont les deux sens de ce sigle depuis quelques années. Le mal est tellement profond que le président de la république a pris des ordonnances pour révoquer des magistrats pour « faits infractionnels graves.» Parmi les reproches, la corruption figure en bonne place. Les conditions sociales des agents et fonctionnaires de l’Etat les exposent à la corruption et aux autres formes de compromissions dans l’exercice de leur travail. Pour avoir été moi-même agent de l’Etat, je sais par exemple qu’un fonctionnaire touche moins de trente dollars américains par mois. Il y a quelques jours le maire de Bukavu s’est bagarré avec les femmes des militaires pour création d’un marché pirate. Ces épouses dont les maris servent sous le drapeau national doivent se débrouiller pour tenir le ménage pendant que les maris sont soit au front ou soit sous payés. « Nous ne voulons pas voir nos maris utiliser les armes pour rançonner nos compatriotes afin de nous nourrir. Nous les protégeons contre les mauvaises pratiques qui existent dans l’armée. » Paroles d’une femme de militaire excédée par la chasse à l’homme de la police d’assainissement au marché de Nyawera à Bukavu. Certaines épouses de militaires servent comme femme de ménage dans de plus aisées pour vivre plus honnêtement.

Aucune structure anti-corruption


L’ONG International Alert a publié des caricatures illustrant la pratique de la corruption dans tous les secteurs. Mais quand on sait que des rapports fiables établissent que l’institution la plus corrompue est bel et bien la présidence de la République, il y a lieu de se demander comment ce mal qui a des racines au plus haut sommet du pays pourra être éradiqué. Il faudra la création d’un organe indépendant pour lutter contre la corruption. En 1992, il a suffi d’un communiqué du premier ministre d’alors Etienne TSHISEKEDI demandant à tous ceux qui détenaient indument un bien de l’Etat de le restituer sans délais pour voir les gens s’exécuter. Aujourd’hui il faut un leadership intransigeant pour mettre fin à la récréation qui n’a fait que trop durer.


10/08/2009


Tags : Bukavu, Congo






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