Loading
Podcast Journal
Le Podcast Jour


Le Podcast Journal - podcastjournal.net  

Rechercher un article publié :

 
 
Respectez l'environnement: n’imprimez pas nos pages sur papier, visualisez-les sur écran blanc ou noir, partagez-les sur vos réseaux ou envoyez-les par mail! Reproduction autorisée uniquement avec le lien mentionnant la source: www.podcastjournal.net

Podcast Journal

Des microbes et des hommes… - en savoir plus avec Canal Académie


Chikungunya, paludisme, tuberculose... Depuis les années 1970, on note un retour des maladies infectieuses sur le devant de la scène. Les micro-organismes résistent davantage aux traitements, les vecteurs se jouent des insecticides et de plus en plus fréquemment émergent des maladies que nous ne connaissions pas jusqu’alors. Explications avec Maxime Schwartz, biologiste moléculaire, directeur général honoraire de l’Institut Pasteur.


L’homme, responsable de la propagation d’un virus : l’exemple du sida et du chikungunya

Le moustique vecteur du Chikungunya est l’Aedes albopictus
Le moustique vecteur du Chikungunya est l’Aedes albopictus

Le sida
Cette maladie, qui émerge dans les années 1980, fait aujourd’hui trois millions de morts par an. Il semble que le VIH, qui trouvait un hôte chez le singe, a passé la barrière de l’espèce de la manière suivante : certaines populations africaines ont pour habitude de chasser les grands singes et d’en manger. La découpe de la viande crue de l’animal associée à de microcoupures auront certainement suffit au développement du virus chez l’homme.
Pendant une dizaine d’années, le virus ne se répand pas. Le foyer est restreint à un petit village de l’ex-Zaïre (actuel RDC), touchant alors l’équivalent de 1 % de la population. Les choses se compliquent dix ans plus tard, au moment de l’exode rural pour trouver du travail en ville. Misère et prostitution font se propager le virus du sida comme une traînée de poudre.

Le chikungunya
L’épidémie de chikungunya s’est déroulée en deux étapes. Au printemps 2005, c’est une petite épidémie qui voit le jour. En revanche, en 2006, c’est une épidémie de grande ampleur qui sévit, touchant 40 % de la population réunionnaise.
Pourtant, initialement, ce virus est transmis par un moustique particulier, très peu présent dans l’océan Indien… Comment celui-ci a-t-il pu se propager ?

En analysant le virus de ces deux vagues de contamination, il semble que c’est un voyageur, revenant des Comores, qui est à l’origine de cette épidémie. Piqué initialement lors de son séjour par le moustique vecteur du chikungunya, il croisa de retour sur l’île de la Réunion, des moustiques locaux qui, en faisant ripaille de quelques gouttelettes du sang infecté, se sont mis à infecter d’autres Réunionnais !



Quand les virus contre-attaquent !

Les virus ont aussi une capacité d’adaptation redoutable, et résistent notamment aux antibiotiques. On observe plusieurs mécanismes de résistance :
1. la modification de la cible
2. le court-circuit de l’enzyme cible
3. l’atténuation de la perméabilité membranaire
4. la production d’une enzyme détruisant ou modifiant l’antibiotique
5. et, fait le plus inquiétant, les pompes à efflux. Le principe est redoutablement simple : le virus fait ressortir l’antibiotique de la cible !

De ce fait, dans certains cas comme celui de la tuberculose, il devient pratiquement impossible de combattre la maladie. En effet, sur les 10 millions de nouveaux cas dans le monde par an, 5 % sont multi-résistants.

Autre cas connu : la grippe et sa facilité à muter

La grippe a fait plusieurs vagues successives de morts : en 1918 (grippe espagnole, cf émission), en 1957 (grippe de Hong-Kong) et en 1968 (grippe asiatique). À chaque fois, le virus de la grippe provient des oiseaux avant de s’attaquer aux hommes. Aujourd’hui, les 300 morts de la grippe aviaire, depuis 2003, inquiète les virologues. Le H5N1 va-t-il totalement s’adapter à l’homme ?

Taux de prévalence de la tuberculose pour 100 000 habitants, en 2005. La tuberculose fait chaque année près de 1,7 million de victimes, dont environ 230 mille personnes atteintes également du VIH. Source Fondation Rodolphe Mérieux
Taux de prévalence de la tuberculose pour 100 000 habitants, en 2005. La tuberculose fait chaque année près de 1,7 million de victimes, dont environ 230 mille personnes atteintes également du VIH. Source Fondation Rodolphe Mérieux

Les nouvelles armes des virologues

Actuellement, les scientifiques travaillent sur plusieurs possibilités de lutte contre ces maladies infectieuses, notamment celle du génie génétique. Il s’agit de prendre un gène du virus, de le mettre en culture avec une levure, pour fabriquer une protéine du virus… pour que celle-ci devienne un vaccin : une sorte de vaccin OGM !

Ce procédé a déjà été utilisé pour le vaccin contre la rage des renards en France. Et c’est sur ce même procédé que l’on travaille à la possibilité d’un vaccin contre le sida.
Pour ce dernier cas, les virologues travaillent à prendre un gène du virus du sida pour le mettre dans le génome du virus atténué de la rougeole. Mais il faut rester prudent. S’il existe beaucoup d’essais de vaccins contre le sida, pour le moment, aucun ne fonctionne.

Autre voie explorée : l’immunothérapie

Il s’agit d’injecter au patient les anticorps manquants, pour que son organisme affronte le virus. Dans le cas du paludisme par exemple, on sait depuis longtemps que certaines populations ont acquis une immunité, et l’on travaille sur cette immunité pour pouvoir l’établir chez d’autres.

Enfin, les chercheurs travaillent aussi sur la possibilité d’un vaccin anti-vecteur :
Si nous restons sur l’exemple du paludisme, le vaccin fonctionnerait de cette manière : l’homme serait vacciné de telle sorte que le moustique potentiellement vecteur du paludisme mourrait en piquant l’homme !

Écoutez les explications de Maxime Schwartz, correspondant de l’Académie des sciences. Sa communication se déroulait en novembre 2008 à l’Académie des sciences, dans le cadre des Défis du XXIe siècle.

29/11/2008




Autres articles dans la même rubrique ou dossier:
1 2 3 4 5 » ... 15





Dans nos blogs :

Le calvaire des ânes tués pour fabriquer une gélatine

Une nouvelle enquête révèle les dessous du commerce chinois des peaux d'ânes, qui sont bouillies pour produire un "médicament...

Découverte d’une nouvelle espèce d’orang-outan en Indonésie

Pour la première fois depuis 1929, une nouvelle espèce de grands singes a été découverte dans la région de Batang Toru au nord de l’île de...

Une scène de crime pour dénoncer le massacre

Le 1er novembre 2017 une scène de crime géante a attendu les passants à Paris, près du centre Georges Pompidou. A l'initiative de Vegan...



Le Podcast Journal sur :