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Disparition de Judit Reigl


Par Rédigé le 17/08/2020 (dernière modification le 16/08/2020)

L’artiste peintre qui était née le 1er mai 1923 à Kapuvár à l’ouest de la Hongrie, s’est éteinte le 7 août à Marcoussis dans l’Essonne.


Judit Reigl dans son atelier de Marcoussis (c) DR
Judit Reigl dans son atelier de Marcoussis (c) DR
rue_des_jeux_20.m4a Disparition de Judit Reigl.m4a  (2.08 Mo)

On ne pouvait accéder à son atelier que par une échelle de meunier que paraît-il, elle empruntait allègrement jusqu’à un âge fort avancé. La galerie Antoine Laurentin qui l’avait représentée à Bruxelles et à Paris avait organisé en 2016, avec les galeries de France, Anne de Villepoix, Benoît Sapiro et Alain Le Gaillard, une rétrospective de l’artiste, a manifesté sa grande tristesse à cette annonce.

Judit Reigl étudie à l’Académie des Beaux-Arts de Budapest de 1941 à 1946. A la faveur d’une bourse d'études, elle part pour Rome en décembre 1946, elle y réside jusqu'en octobre 1948. Revenue à Budapest, elle tentera huit fois de fuir son pays sous la férule stalinienne et réussit enfin le 10 mars 1950 même si elle n’est pas encore arrivée à ses fins…. Arrêtée en Autriche, elle est emprisonnée deux semaines dans un camp d'où elle s'enfuit et reprend son voyage vers Paris, le plus souvent à pied, via Munich, Bruxelles et Lille. Finalement, elle y arrive le 25 juin 1950, elle est accueillie par son compatriote le peintre Simon Hantaï déjà en France depuis 1949. Il llui présente André Breton.

Du 18 novembre au 2 décembre 1954, le pape du surréalisme expose dans sa galerie A l’Étoile scellée, quatorze œuvres de Judith Reigl. Il a été enthousiasmé par la grande toile "Ils ont soif insatiable, de l’infini", de 1950. De monstrueux cavaliers illustrent le titre, une phrase de Lautréamont, 1846-1879, dans les Chants de Maldoror en qui les Surréalistes se reconnaissent. Breton rédige la préface du catalogue et évoque à propos de Judit Reigl, "le pacte qu’elle a conclu avec deux puissances jusque-là inflexibles, Lautréamont et un peintre titan, le Hongrois Csontvary". La séparation d’avec les Surréalistes se fait dès 1956. Elle se tourne alors vers l’abstraction et le travail en série et s’intéresse au mouvement dans l’art. Elle s'inspirera aussi de Bach, Luciano Berio ou Mozart.
Judit Reigl peint "sans aucun dessin préparatoire ni pinceau: avec les deux mains, en marchant vers la toile, parfois en jetant la peinture à distance". Elle confessera “À partir d’un fond blanc, je plaçais sur la toile les mottes de peinture avec une lame souple et arrondie, quelquefois une simple baguette de bois, et je les "montais" ensuite de bas en haut sur la toile, en recouvrant, avec ce noir broyé, les couleurs plus légères placées en dessous. Je savais immédiatement si c’était réussi ou raté, et, dans ce cas, il n’y avait pas de retouche possible”.
Oeuvres qu’elle a exposées dans les plus grands musées ou les plus celèbres galeries du monde entier même si son nom n’est pas des plus connus du grand public.

Le musée de Soissons organise en 2004 une première rétrospective de son oeuvre. En 2010 ce sera le musée de Nantes et en 2019 celui de Brest qui exposeront ses oeuvres. En 2018, le musée d’Art moderne de Paris réalise un accrochage des cinq peintures du Fonds de dotation Judit Reigl autour d’une acquisition récente, une toile de la série New York, 11 septembre.

En 2011, le Prix Kossuth récompense Judit Reigl et le 31 décembre 2017, Audrey Azoulay alors ministre français de la Culture et de la Communication lui a remis le Prix Aware, Archives of Women Artists, Research and Exhibition, doté de 10 000€. Celui-ci a été créé en 2014 pour remédier à la sous-représentation des femmes dans la culture… Ses œuvres sont conservées au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, au Museum of Modern Art et au Metropolitan Museum of Art de New York, à la Tate Modern de Londres, au musée d'Art moderne de la ville de Paris. Et naturellement à Budapest, au musée des Beaux-arts de Budapest et à la galerie Kálmán Makláry Fine Arts.








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