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Expo "Corot et ses modèles"


Jusqu'au 8 juillet 2018, le Musée Marmottan-Monet, à Paris, met en lumière la facette intime de portraitiste du peintre Corot.


Corot au Musée Marmottan-Monet, Paris. Photo (c) Charlotte Service-Longépé
Corot au Musée Marmottan-Monet, Paris. Photo (c) Charlotte Service-Longépé
corot_et_ses_modeles,_musee_marmottan,_paris.mp3 Corot.mp3  (2.46 Mo)

Né en 1796 et décédé en 1875 à Paris, Jean-Baptiste Corot est issu d’une famille aisée de drapiers dont son père désirait qu'il reprenne le commerce familial. Peu passionné par cette activité, il patiente quelques années quand enfin son père lui consent une modeste rente afin qu'il puisse explorer sa vocation de peintre.
Corot entre alors dans l’atelier du peintre Michallon, premier lauréat du Prix de Rome, qui lui enseigna à peindre sur le motif, avec comme ligne artistique: peindre ce qui est donné à la vue.


Corot, Une matinée: la danse des nymphes. Photo (c) Charlotte Service-Longépé
Corot, Une matinée: la danse des nymphes. Photo (c) Charlotte Service-Longépé
Comme nombre de jeunes artistes de l'époque, Corot se rend en Italie en 1825; un voyage devenu une sorte de rituel pour parfaire sa formation. Corot y restera trois ans révélant ainsi sa parfaite maîtrise dans ses études italiennes aux motifs aboutis, personnages en costumes traditionnels, paysans, ruines pittoresques.
"C’est enfin la peinture spontanément trouvée", écrira le peintre Millet à propos de Corot.

En quête de scène champêtre, Corot ne cessera pas de voyager dans les provinces françaises ainsi que dans les environs de Paris, lui-même habitant une partie de l’année à Ville-d’Avray. Corot retrouvera d’autres peintres à Barbizon où il traduira en peinture une nature sereine et paisible, pleine de sensibilité dans laquelle la lumière à toute sa place, car elle crée la vie.

Corot, La moissonneuse tenant sa faucille. Photo (c) Charlotte Service-Longépé
Corot, La moissonneuse tenant sa faucille. Photo (c) Charlotte Service-Longépé
Dès 1835, Corot a acquis une grande notoriété, admiré par Delacroix, et reconnu par Baudelaire. Mais pour le grand public, Corot est surtout un paysagiste prolifique en exprimant ainsi son amour de la nature, ce qui appâta les faussaires et des copistes. La liste des faux Corot est loin d’être close encore aujourd’hui.

Corot ajoutera de plus en plus de personnages dans ses tableaux aux scènes historiques, ne représentant presque jamais de vue contemporaine ni de personnages vêtus à la mode de son époque à part La Dame en bleu en 1874.
Alors que ses paysages sont d'une facture très classique, ses portraits explorent un style plus avant-gardiste pour l'époque. Il peint même une jeune paysanne brune aux lèvres entrouvertes d'un sourire.

Corot, Bacchante. Photo (c) Charlotte Service-Longépé
Corot, Bacchante. Photo (c) Charlotte Service-Longépé
Corot se cantonne d'abord aux membres de son entourage familial ou amical; puis il fit appel à des modèles professionnels. Corot utilise aussi ses esquisses italiennes pour recréer de nouveaux motifs et faire poser ses modèles en atelier après leur avoir fait revêtir divers costumes et accessoires: un luth, un tambourin, une faucille, cruche, afin que le modèle bouge, car disait-il: "mon but est d’exprimer la vie et il me faut un modèle qui remue".

En Italie, Corot peint Marietta, un nu allongé inspiré de la Grande Odalisque d'Ingres dont il reproduira la pose dans d'autres tableaux en y ajoutant des figures mythologiques pour amoindrir le caractère érotique pour l'époque du nu.

Corot, Le Moine au violoncelle. Photo (c) Charlotte Service-Longépé
Corot, Le Moine au violoncelle. Photo (c) Charlotte Service-Longépé
Vers la fin de sa vie, il délaissera les paysages pour se consacrer au portrait, dans un style bien plus moderne, épurant progressivement la représentation de ses personnages dans une sorte de réalisme idéalisé parfois très précis, parfois avec une touche impressionniste comme l'esquisse rêvée d'un souvenir.
Une évolution subtile qui fera l'admiration de Picasso, Braque (qui peindra une Femme à la Mandoline d’après un de ses tableaux) et d'Edgar Degas qui écrira "Corot est le plus grand, il a tout anticipé". Les deux peintres eurent d'ailleurs en commun le même modèle: Emma Dobigny, qu’ils appréciaient pour sa fraîcheur.

Cette exposition au rez-de-chaussée du musée réunit une soixantaine de toiles présentées harmonieusement par thème, permettant de comparer les différentes variations proposées par l'artiste: jeunes femmes italiennes, nus alanguis, moines, hommes en armure et jeunes femmes au chevalet.

Corot, L'atelier de l'artiste. Photo (c) Charlotte Service-Longépé
Corot, L'atelier de l'artiste. Photo (c) Charlotte Service-Longépé
Certaines rarement exposées, provenant de prestigieuses collections privées ou publiques des États-Unis. En fait, les musées français ne possèdent que peu de peintures de figures de Corot.
La majorité des portraits exécutés par Corot furent vendus à des proches ou bien gardés secrètement dans son atelier ce qui explique que cette facette de son œuvre resta méconnue jusqu’à ce qu’une exposition lui soit consacrée en 1909, soit trente ans après la mort de l'artiste.

"Le réel est une partie de l'art; le sentiment le complète.
Si nous avons été réellement touchés, la sincérité de notre émotion passera chez les autres.
Le pinceau à la main, je cherche des noisettes dans les bois de mon atelier; j'y entends chanter les oiseaux,les arbres frissonner sous le vent..
Le soleil se lève et se couche chez moi." Jean-Baptiste Corot


06/06/2018




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