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Fête des Tuiles à Grenoble: entre festivités et militantisme


Pour sa troisième édition, la Fête des Tuiles s’est de nouveau installée sur le Cours Jean Jaurès - Libération, le 10 juin 2017. En souvenir des révoltes de la Journée des Tuiles de 1788 - qui marqua le début de la Révolution Française - cette grande fête célèbre désormais le vivre-ensemble et l’esprit audacieux de Grenoble. Une bonne occasion pour certains militants de se joindre à l'improviste, aux rangs du cortège, lors du "défilé des Tuiles".


Deux kilomètres d'animations sur le Cours Jean-Jaurès - Libération à Grenoble. Photo (c) Anaïs Mariotti
Deux kilomètres d'animations sur le Cours Jean-Jaurès - Libération à Grenoble. Photo (c) Anaïs Mariotti
fete_des_tuiles__2_.mp3 Fête des Tuiles.mp3  (1.25 Mo)

La Fête des Tuiles, c’est deux kilomètres de spectacles et d’animations, qui s’étendent de l’avenue de la Libération jusqu’au Cour Jean Jaurès à Grenoble. Encore un carton plein pour cet événement, organisé et financé par la municipalité écologique. Sauf pour les bibliothécaires, qui ont profité de ce symbole de l’insurrection populaire, pour faire entendre leurs revendications.

L’annonce de la fermeture de deux bibliothèques municipales - et des licenciements qui s’en suivent - avait en effet indigné une partie des Grenoblois. Cela n’a pas empêché la fête de battre son plein, bien que son coût s’élève à plus de 350.000 euros. Il faut cependant l’avouer: la fête des Tuiles est un événement culturel réussi. "i[Il manquait à Grenoble un événement fédérateur comme l’ont beaucoup de ville en France. C’est ce qui définit une ville, son identité]", affirmait d’ailleurs le maire pour la première édition en 2015. Aussi et surtout, elle commémore la Journée des Tuiles qui marqua l’Histoire nationale et celle de la Capitale des Alpes.


Un symbole populaire et révolutionnaire

Les grenoblois se réapproprient l'espace public. Photo (c) Anaïs Mariotti
Les grenoblois se réapproprient l'espace public. Photo (c) Anaïs Mariotti
Le 7 juin 1788, les Grenoblois lancent des tuiles, depuis les toits du centre-ville, sur les troupes du pouvoir royal: c’est le début de l’insurrection populaire à Grenoble. Les édits de Lamoignon, pour la réforme des Parlements, avaient d’ores et déjà provoqué la colère du peuple; mais la lettre de cachet ordonnant aux parlementaires de s’exiler met définitivement le feu aux poudres. Cette première révolte en Dauphiné, qui sonne le début de la Révolution française, annonçait aussi la fin prochaine des privilèges.

C’est pour rappeler aux Grenoblois leur histoire commune; que la municipalité a décidé de commémorer cet événement fondateur, qui a façonné l’esprit avant-gardiste de la ville. Depuis, Grenoble n’a jamais cessé d’être une terre de dynamisme et d’innovation. Le premier centre de planification français en 1930, et le premier éco-quartier en 2010, sont des exemples parmi tant d’autres.

À travers cette fête, la municipalité entend célébrer l’histoire révolutionnaire, et rendre à la population son espace public. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si elle se déroule sur le Cours Jean Jaurès - Libération, également connu pour être la grande avenue rectiligne d’Europe, avec ses huit kilomètres de long.

Festivités dans l’espace public

Mandala géant dessiné sur le sol du Cours Jean Jaurès. Photo (c) Anaïs Mariotti
Mandala géant dessiné sur le sol du Cours Jean Jaurès. Photo (c) Anaïs Mariotti
Généralement occupé par la ligne de tramway et les automobiles, l’axe Jean Jaurès-Libération est, pour le moins qu’on puisse dire, habituellement morose. Mais fermée à la circulation à cette occasion, cette avenue se métamorphose chaque année en un lieu de vie convivial, chaleureux, et animé des rythmes endiablés de la batucada. Un étendard de vieux vêtements teints aux couleurs arcs en ciel suspendu aux facettes des immeubles; ou encore des mandalas géants sur le sol, coloriés par les enfants; autant de prestations artistiques grandeurs nature, qui ornent le décor urbain.

La Fête des Tuiles se veut avant tout fédératrice, festive et populaire. Elle ressemble à une gigantesque fête de village, où les Grenoblois se rencontrent, discutent et célèbrent le vivre-ensemble. "Tout le monde est souriant et semble de bonne humeur" affirme Sonia, une étudiante infirmière.
Elle a aussi vocation à promouvoir les artistes et les collectifs grenoblois. Aux quatre coins des rues, danses et concerts; initiations sportives, jeux pour enfants; et aussi animations culturelles et scientifiques ont semble-t-il comblé petits et grands. "C’est l’occasion de retrouver mes potes et de faire quelque chose qui sort de l’ordinaire " raconte Pablo, 24 ans. La journée s’est soldée par le "défilé des Tuiles", où l’on pouvait notamment apercevoir une Marianne géante à la peau noire, en hommage à l’Histoire de France et au multiculturalisme contemporain.

Manifestations et polémiques s’invitent à la fête

Cortège de manifestants. "Des livres rongés par les verts" en référence à la municipalité écolo. Photo courtoisie (c) Collectif des bibliothécaires en lutte
Cortège de manifestants. "Des livres rongés par les verts" en référence à la municipalité écolo. Photo courtoisie (c) Collectif des bibliothécaires en lutte
À l’heure du "défilé des Tuiles", les festivités n’ont toutefois pas fait l’unanimité. "Nous nous sommes réappropriés le symbole, la fête des tuiles, c'est la fête de l'insurrection populaire!" indique la page Facebook des Bibliothécaires de Grenoble en lutte. Une occasion opportune pour protester contre le plan d’austérité de la ville, qui prévoit une économie de 14 millions sur les services publics; et ainsi la fermeture de deux bibliothèques municipales.

Dans ce contexte, le budget de 350.000 euros alloué à cet événement peut effectivement faire tâche pour certains. En matière de politique, il faut savoir faire des choix, semble répondre la ville. À 16 heures 30, le Collectif des bibliothécaires a lancé le début des contre-festivités. Une quarantaine de manifestants se sont greffés au défilé des chars, munis de leurs propres banderoles.

D’autres militants inattendus été présents dans les rangs du cortège. En hommage au dessinateur Naji al Ali assassiné en 1987, un char avait pour thème la Palestine. Mais avec un bémol, des personnes portant des T-Shirt "Boycott Israël" ont fait polémique, suite à la publication d’une photographie sur les réseaux sociaux.

Pour l’avocat Jean-Luc Médina, il n’y a pas l’ombre d’un doute, rapporte le journal Place Gre’Net: cette provocation aurait un caractère antisémite, au regard de l’arrêt du 20 octobre 2015 de la Cour de Cassation, qui déclare illégal le boycott d’Israël. Après quoi, le Conseil représentatif des institutions juives de France aurait déposé plainte, le 12 juin 2017. Ce sujet bouillant n’a pas manqué d’être immédiatement récupéré par certaines forces politiques locales.



19/06/2017




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