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J.N.B.L.

Le Kenya cantonne les réfugiés dans des camps

Communication de notre partenaire


La décision du Kenya de placer les réfugiés et les demandeurs d'asile dans des camps éloignés des centres urbains constitue une restriction discriminatoire et illégale de leur droit de circuler librement, a déclaré Amnesty International.


Le gouvernement a affirmé que cette politique visait à répondre aux problèmes de sécurité que connaît le pays.

"Cette restriction du droit de circuler librement risque de déboucher sur d'autres graves atteintes aux droits humains, dans des camps de réfugiés déjà surpeuplés et peu sûrs. (...) Le gouvernement ne peut pas se contenter de désigner l'ensemble des réfugiés et demandeurs d'asile comme les boucs émissaires de l'insécurité. (...) Prendre pour cibles des groupes entiers de la population et les montrer du doigt de cette façon est inacceptable. Ce n'est pas, et ne sera jamais, une réponse adéquate aux problèmes de sécurité", a déploré Kathryn Achilles, spécialiste de l'Afrique de l'Est à Amnesty International.

Des milliers de réfugiés et de demandeurs d'asile originaires de Somalie qui vivent dans des villes, dont la capitale Nairobi, devront partir s'installer dans le camp de Dadaab, dans le nord-est du Kenya, tandis que les personnes originaires d'autres pays iront s'installer dans le camp de Kakuma. Le complexe de Dadaab est déjà extrêmement surpeuplé, même sans l'afflux supplémentaire de réfugiés qui devront quitter les centres urbains pour s'y établir. Cette surpopulation exerce une pression sur la fourniture des services de base aux demandeurs d'asile et aux réfugiés, notamment en termes d'accès à un abri, à l'eau et à des installations sanitaires. Le nord-est du pays connaît depuis peu des problèmes de sécurité, notamment des attaques contre les personnes qui vivent dans les camps de Dadaab ou qui travaillent dans le secteur.

Amnesty International demande au gouvernement kenyan d'annuler la directive et l'exhorte à reprendre l'enregistrement des réfugiés et demandeurs d'asile qui vivent dans les zones urbaines, ainsi que ceux installés dans des camps, et à leur fournir les services élémentaires. Cette décision a été prise après plusieurs semaines d'arrestations arbitraires et discriminatoires de Somaliens, surtout dans le quartier d'Eastleigh, à Nairobi, alors qu'avaient eu lieu des attaques à la grenade et des attentats à la bombe.

Des centaines de personnes ont été interpellées, et la plupart ont depuis été libérées sans être inculpées. En outre, de nombreuses informations faisaient état de harcèlement, de mauvais traitements et d'extorsion de fonds imputables aux forces de sécurité. Amnesty International a incité le gouvernement à enquêter sur ces allégations.
Plus de 500.000 Somaliens sont enregistrés au Kenya en tant que réfugiés, et ils composent la majeure partie des réfugiés et demandeurs d'asile au Kenya.

En tant que signataire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés (ONU) et de la Convention de 1969 régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique (Organisation de l'unité africaine, OUA), le Kenya est tenu de protéger les personnes qui sollicitent l'asile sur son territoire.
Amnesty International reconnaît la responsabilité que le Kenya endosse en accueillant les réfugiés, notamment en provenance de Somalie, mais y faire face ne saurait se résumer à forcer des gens à s'installer dans des camps ou à restreindre leur droit de circuler librement. Le Kenya doit satisfaire aux obligations qui lui incombent au titre du droit international et, pour ce faire, il doit pouvoir compter sur le soutien de la communauté internationale, notamment en termes de financement accru et de programmes de réinstallation.
kenya.mp3 Kenya.mp3  (380.94 Ko)


03/01/2013








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