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Les corps idolâtres de Corinne Mariaud (1/2)


La photographe française a exposé sa série de photographies "Fake I real me" à la galerie Art+ Shanghai. Un témoignage de l’obsession du corps idéal en Asie.


Une vision de la beauté

corinne_mariaud_1.mp3 Corinne Mariaud 1.mp3  (1.47 Mo)

Incarnation d’une image idéale, symbole d’une génération consumée par le désir de posséder un corps "parfait", 23 jeunes femmes ont été photographiées par l’artiste Corinne Mariaud pour sa dernière série "Fake I real Me". Depuis l’adolescence, ces jeunes femmes mettent tout en œuvre pour se confectionner un physique utopique: à travers le maquillage, elles transforment leur visage en utilisant de multiples techniques de modelage et de contouring, pour transformer leur nez, rehausser leurs pommettes ou illuminer leur teint... jusqu’à avoir parfois recours à la chirurgie esthétique. Si Corinne Mariaud a choisi ses modèles en Corée, entre autres, c’est parce que cette obsession du corps idéal y est démesurée. "À Séoul, en Corée du Sud, la quête de la perfection est poussée à l'extrême. Les jeunes femmes placent la beauté physique parmi les choses les plus importantes de leur vie", confie l’artiste. A travers ses portraits, Corinne Mariaud nous livre leur vision de la Beauté.

"J'ai photographié des portraits de ces jeunes femmes et je leur ai demandé quelles étaient leurs attentes et leurs points de vue sur la beauté", explique-t-elle. "La plupart d’entre elles portent des lentilles agrandies et colorées, consacrent une à deux heures par jour au maquillage et aux soins de leur peau, et admettent avoir eu recours à une intervention chirurgicale".


Le corps au centre du travail de l’artiste

Corinne Mariaud est une photographe française, vivant entre Paris et Singapour. Photographe indépendante dans la presse (Le Monde, Aden, Libération, Philosophie magazine, Psychologies magazine, Numéro...) elle a développé une approche personnelle et artistique dans la photographie. L’ensemble de son travail est centré sur le corps et sa place dans la société. L’artiste s’intéresse à ce qu’on en fait: le corps est considéré comme un matériau, malléable à souhait, un corps insoumis à une fatalité, mais sur lequel chacun a le pouvoir de le transformer à son image. De l’accorder à sa propre représentation.
À l’image du sculpteur Pygmalion qui tombe amoureux de sa création - une statue qui devient alors vivante - ces jeunes filles sculptent leurs corps selon leur désir. Autant les modèles de Corinne Mariaud sont une incarnation de ce pouvoir sur le corps, autant elle vient, en tant qu’artiste, prendre le pouvoir sur ces corps et vient les mettre en scène. Le corps est dans son travail doublement "traité".

La fascination de l’image

Dans ses portraits "Fake I real me", le regard des modèles est planté dans celui du spectateur. Il est frontal. L’image fascine. Les jeunes femmes sont fascinées par un idéal de beauté superficiel, et le spectateur est lui fasciné et subjugué par ces jeunes femmes et leur plastique. Modèles et spectateurs coupables d’idolâtrie? A force de retouches et de recherche de la perfection, les visages semblent s’éloigner de ce qui caractérisait chacun d’entre eux, ce qui les rendait unique d’une part et les rattacher à l’humanité, d’autre part. C’est-à-dire: leurs défauts et leurs particularités. Ce qui fait d’un visage qu’il est singulier. Ici, l’idéal (esthétique) étant finalement une norme (!), la perfection et son incarnation vont prendre la même allure chez tous les êtres qui la recherchent: les pommettes saillantes, les yeux aux pupilles agrandies, les bouches à lèvres pulpeuses, etc.

À cette prise de pouvoir personnel sur la nature (le corps) vient s’opposer le pouvoir de la norme dictée par la société. Non, le corps n’est plus une fatalité, mais ici la question de son appropriation par chacun est soulevée: mon corps transformé par mes soins est-il vraiment ma propre perception de moi-même?



24/05/2018




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