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Les demoiselles de Rochefort sont désormais orphelines

La chronique culturelle de Colette


Par Rédigé le 29/01/2019 (dernière modification le 29/01/2019)

On le croyait éternel et même doté d’une éternelle jeunesse. Il n’en était rien puisque Michel Legrand s’est éteint dans la nuit du 25 au 26 janvier à près de 87 ans.


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Si à l’énoncé de son nom viennent à l’esprit quelques airs des Demoiselles de Rochefort ou des Parapluies de Cherbourg, il ne faut pas oublier qu’il a composé la musique de quelque 200 autres films, sans compter un Concerto pour piano et un autre pour violoncelle. Ainsi qu’un opéra "Dreyfus" sur un livret de Didier van Cauwelaert, dont le création mondiale eut lieu à l’Opéra de Nice le 16 mai 2014. "J’ai souhaité composer un opéra populaire, sentimental, dont le style tonal parlerait immédiatement au cœur du spectateur" confiera-t-il alors. Il n’a vécu que pour la musique, quelle qu’elle soit et en a abordé tous les genres et toujours avec bonheur. "Depuis que je suis enfant, mon ambition a été de vivre complètement entouré par la musique. Mon rêve était de ne rien rater. C'est pourquoi je ne me suis jamais fixé sur une seule discipline musicale". Et outre la composition, il aura été arrangeur, pianiste accompagnateur ou soliste, chanteur et il aura réussi où que ce soit.

C’est un véritable enfant de la balle, son père Raymond Legrand, chef d'orchestre et compositeur de variétés, jazz et musiques de films, a été l’élève de Gabriel Fauré au Conservatoire. Michel, né le 24 février 1932 à Paris, a donc baigné dans la musique dès sa plus tendre enfance et a côtoyé les musiciens qui ont égayé les jours sombres des Français dans les années 1940. Dès l’âge de 10 ans, il étudie au Conservatoire de Paris, l’harmonie, le piano, la fugue et le contrepoint. Dans les classes de Lucette Descaves, filleule de Camille Saint-Saëns, d’Henri Challan qui lui "a fait comprendre que l'émotion musicale provenait de l'harmonie" et de Nadia Boulanger. "Grâce à Nadia Boulanger, j’ai pu tout faire" dira-t-il. Parmi les centaines d’élèves de cette grande pédagogue, on relève les noms de Daniel Barenboim, Philip Glass, Yehudi Menuhin aussi bien qu’Astor Piazzolla, Aaron Copland ou Quincy Jones...

Dès le début des années 1950, il aborde la musique de films mais c’est surtout avec l’apparition de la Nouvelle Vague une décennie plus tard, qu’il connaîtra un succès durable. Il collabore avec Agnès Varda, Jean-Luc Godard et naturellement Jacques Demy pour Lola en 1961, Les Parapluies de Cherbourg en 1964, Les Demoiselles de Rochefort en 1967 et Peau d'âne en 1970. Cette Peau d'âne est d’ailleurs à l’affiche du Théâtre Marigny pour 100 représentations jusqu’au 17 février 2019. La fantaisie musicale s’inspire du film de Demy et Jean-Luc Choplin directeur de l’établissement, n’a pas lésiné sur les moyens, il a fait appel au metteur en scène d’opéra espagnol Emilio Sagi, à d’ex-étoiles de l’Opéra de Paris et même à Claire Chazal.

Le film musical au début des années 60 était quelque chose de tout nouveau et il a fallu vaincre bien des réticences, Michel Legrand fut aidé par le producteur Jacques Canetti, grand découvreur de talents et par ailleurs frère d'Elias Canetti, prix Nobel de littérature en 1981. Ce grand travailleur a également composé la musique du dernier film, inachevé, d’Orson Welles "The Other Side of the Wind" "De l'autre côté du vent". Restauré et terminé, il a été projeté en avant-première à la dernière Mostra de Venise. Michel Legrand avait déjà composé la musique de "F for Fake" "Vérités et mensonges" du même Orson Welles.


Tout lui réussit

Depuis le retrait de la scène lyrique de Natalie Dessay en octobre 2013, il réalise un nouveau projet avec la soprano. "Elle et lui",un disque et une tournée. Et un spectacle à moitié oratorio et comédie musicale "Between yesterday and tomorrow" donné en mars 2018 au Théâtre des Champs-Élysées. Un ensemble de chansons relatant la vie d’une femme, avec des interludes musicaux, orchestré par Michel Legrand pour 85 musiciens. Il déclare "Natalie Dessay, c’est l‘interprète idéale car elle aime tout faire, du classique, du jazz, de la chanson… exactement comme moi. Elle a surtout un registre vocal très étendu et peut incarner plusieurs personnages dans une même chanson. Je trouve son chant très beau et émouvant". En 2014 au Châtelet, Natalie Dessay se produit dans les Parapluies de Cherbourg aux côtes du baryton Laurent Naouri, son mari, sous la direction de Michel Legrand.

Une magnifique carrière donc qui lui a valu d’innombrables hommages et distinctions. Docteur honoris causa de la faculté de musique de l'Université de Montréal en 2007, il voit ses cinquante ans de carrière récompensés début 2009 à la Cinémathèque française de Paris par la projection de la plupart des films dont il a composé la musique. Sans compter toutes les récompenses qui lui ont été attribuées au fil des ans et sans de nombreux festivals pour ses partitions.










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