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Malaisie: un nouveau gouvernement improbable


Le 9 mai 2018, une victoire historique a secoué la monarchie fédérale. Pour la première fois depuis 64 ans, un nouveau parti est au pouvoir en Malaisie. Jusqu'ici, l’Organisation nationale de l’unité malaise (UMNO) dirigeait fermement le pays, sans interruption depuis son indépendance du Royaume-Uni.


Image du domaine public.
Image du domaine public.
malaisie_12.mp3 Malaisie.mp3  (2.01 Mo)

L'opposition, réunie dans la coalition Pakatan Harapan (Alliance de l’espoir), a gagné 113 sièges du Parlement, ne laissant que 79 sièges à l’UMNO et ses alliés, regroupés au sein de la coalition gouvernementale du Barisan Nasional (Front national).
Le parti s'accrochait pourtant toujours avec vigueur au pouvoir. Il avait orchestré le redécoupage des circonscriptions juste avant l’élection, et placé stratégiquement la date des élections, en milieu de semaine, pour avoir moins le moins de votants possible.

Face à eux, la stratégie de l'opposition était plutôt insolite. Il s'agissait de représenter la nouveauté et le changement, tout en choisissant pour leader l'ancien dirigeant répressif de l'UMNO, Mahathir Mohamad, 92 ans. Il avait déjà été Premier ministre de 1981 à 2003, soit tout de même 22 ans. Il est aujourd'hui le plus vieux dirigeant du monde en exercice. Et son âge est loin d'être son pire malus.
Du temps de sa gouvernance, tous ses alliés actuels étaient contre lui, et pour cause! En 1987, il avait envoyé 106 personnes en prison sans procès sous couvert de l'Internal Security Act, une loi de détention préventive, alors largement utilisée par les autorités pour faire taire toute voix dissidente.

C'est pourtant à un de ses pires ennemis de l'époque que Mahathir Mohamad a l'intention de donner sa place au pouvoir, à sa sortie de prison. Anwar Ibrahim, son ancien vice-Premier ministre, purge actuellement une peine absurde pour "sodomie", à cause d'un précédent qui remonte à une accusation de Mahathir lui-même. A la fin des années 90, celui-ci l'avait limogé car il devenait trop influent, et surtout trop critique. Conformément à ce qui a été convenu avec le parti vainqueur, Anwar va aujourd'hui être gracié par le sultan afin de gouverner le pays. Il devra ensuite faire les démarches pour intégrer le parlement. En attendant, sa femme a été nommée députée auprès de Mahathir.


Une mini-révolution en Asie du Sud-Est

Jusqu'ici, personne n'osait s'opposer au régime en place. Pourtant, la population saturait. Il y avait le scandale de détournement de fonds du ministre sortant Najib Razak: l'affaire "1Mdb", du nom du compte de fonds souverains qu'il a créé, dont il aurait pris 546 millions d’euros pour son compte bancaire personnel. Au pouvoir depuis 9 ans, il a toujours nié ces accusations, sans convaincre grand monde. Pendant ce temps, la situation économique se dégradait pour les classes moyennes, amplifiant le ressentiment général.

Mahathir a, certes, commis de graves erreurs envers les droits humains fondamentaux par le passé, mais il était très bon pour le développement économique. Et grâce au soutien de ses anciens opposants politiques, il est parvenu à regagner la confiance.

Amirx Abd Hadi, responsable de la section "détention sans procès" de Suaram, seule ONG de défense des droits de l'Homme du pays, a fait campagne pour Mahathir. Malgré que ses parents l'aient toujours combattu, et malgré ce qu'il a autrefois infligé à ses pairs (son ONG a été fondée par d'anciens prisonniers politiques de Mahathir), Amirx est conscient qu'il était leur seule alternative.

Une des raisons du succès de l'ancien de l'UMNO est qu'il n'effrayait pas la population malaise "de souche", qui aurait pu craindre un changement de gouvernement.
En effet, dès l'époque de la colonisation, les Britanniques ont, selon ses mots, "utilisé les rivalités ethniques pour diviser le peuple et mieux régner". Depuis, les minorités indienne (10% de la population) et chinoise (25%) ont continué à être fortement discriminées par l'UMNO. Selon Amirx, le fait que Mahathir soit issu d'un mouvement nationaliste malais a donc joué en sa faveur. Les minorités, elles, ne se sentent pas plus menacées pour autant.

S'il se réjouit aujourd'hui de cette victoire, il n'y voit donc pas une fin en soi. "Je crois que changer de gouvernement ne peut pas se résumer à démettre le Barisan Nasional, qui était corrompu jusqu'à l'os. En fait, je n'ai pas non plus énormément d'espoir avec notre nouveau gouvernement".

Pour lui, la campagne contre le Barisan Nasional était avant tout une campagne pour changer la mentalité des Malaisiens, pour qu'ils n'aient plus peur de démettre un gouvernement qui échoue. C'est aujourd'hui chose faite.



14/05/2018




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