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Mort de l'écrivain chilien Luis Sepúlveda


Par Rédigé le 17/04/2020 (dernière modification le 17/04/2020)

Il est décédé jeudi 16 avril du Covid-19 à l’hôpital universitaire central des Asturies à Oviedo où il avait été admis 48 jours plus tôt dans l’unité de soins intensifs et mis sous respirateur.


On lui avait diagnostiqué une pneumoníe provoquée par le coronavirus. Il avait 70 ans (c) temi.repubblica
On lui avait diagnostiqué une pneumoníe provoquée par le coronavirus. Il avait 70 ans (c) temi.repubblica
luis.mp3 Luis.mp3  (6.04 Mo)

Le 29 février dernier, à son retour du salon du livre à Póvoa de Varzim, au nord du Portugal, on lui avait diagnostiqué une pneumoníe provoquée par le coronavirus. Il avait 70 ans.
Né à Ovalle le 4 octobre 1949 à quelque 500km au nord de Santiago, Luis Sepúlveda Calfucura était le fils d’une infirmière d’origine mapuche et d’un militant communiste qui lui communiqua une idéologíe "profondément rouge". Il se disait petit-fils d’un Andalou anarchiste exilé au Chili par son père, et descendant d’un chef indien Mapuche par sa mère. Il avait adhèré très jeune aux Jeunesses communistes puis à une branche du Parti socialiste. Proche du gouvernement de Salvador Allende renversé le 11 septembre 1973, il fut emprisonné trois ans et grâce à l'intervention d'Amnesty International, il put quitter le Chili en 1977, les 28 ans d’incarcération auxquels il avait été condamné ayant été transformés en 8 ans d’exil.

En 2003, il évoquera cette période dans "La folie de Pinochet". Engagé pour la défense des communautés indiennes, il parcourut une douzaine de pays, Nicaragua où il est aux côtés des sandinistes, Argentine, Uruguay, Equateur, Colombie, Pérou, Brésil notamment et en 1982 il partit pour la Suède. Puis, il s’installa à Hambourg et y travailla comme journaliste. Par ailleurs il écrivait.

En 1996, il s’établit à Gijón, dans les Asturies et écrit des récits de voyages dont "Patagonia Express" ou en français "Le Neveu d’Amérique" en1996, récit d'une traversée de l’Amérique à l’Andalousie. Suivirent des romans et des essais. Par ailleurs, il milite au sein de la Fédération internationale des droits de l'homme, et défend l'environnement auprès de Greenpeace. 

Il avait un jour expliqué pourquoi il s’était fixé en Espagne "Je voulais aller tous les matins au bistrot du coin prendre mon petit déjeuner dans ma langue. J’aime passionnément ma langue. Appartenir à un groupe humain de presque 500 millions de personnes unies par la même langue est un cadeau de la vie".

Son premier grand succès qui le fit connaître dans le monde entier fut "Le Vieux qui lisait des romans d'amour" en 1989, traduit en français trois ans plus tard. Il vendit plus de 18 millions de volumes de cette oeuvre considérée comme un hymne à la littérature, la lecture et la préservation de la nature. Le livre fut traduit dans trente-cinq langues, étudié dans les lycées et les universités et récompensé par de nombreux prix.
Il fut également adapté à l’écran en 2001 par l’Australien Rolf de Herr, avec Richard Dreyfuss devenu Antonio José Bolivar qui connaît tous les secrets de la forêt amazonienne et de ses habitants. Le thème de son roman avait été inspiré par une mission sur "l'impact de la colonisation sur les populations amazoniennes" qu’il avait menée en 1978 dans le cadre de l'Unesco. Il avait alors rencontré les Indiens Shuars de l’Equateur.

Déjà en1998, l’Italien Enzo D'Alò avait réalisé un film d’animation "La Mouette et le Chat", librement adapté de son "Historia de una gaviota y del gato que le enseñó a volar…", "Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler", paru en 1996. Ce roman avait fait de Sepúlveda un grand auteur pour la jeunesse. Il le sera plusieurs fois encore, dont en 2016 avec "Histoire d'un chien Mapuche". Toute l’œuvre de Luis Sepúlveda est inspirée par son engagement politique et écologiste, son goût du voyage.
On citera quelques romans "Rendez-vous d'amour dans un pays en guerre" en 1997, "Les Roses d'Atacama" en 2001 ou "La Fin de l'histoire" en 2016. Sa critique des dictatures latino-américaines lui inspira "L’ombre de ce que nous avons été" en 2009.

A propos de ses relations avec son pays natal, il déclare "Avec le Chili de ma mémoire, j’entretiens une relation cordiale et amoureuse. Avec le Chili officiel, elle est plus conflictuelle. Je suis un opposant, un homme qui critique ce qui doit être critiqué. Mais un pays, c’est aussi des gens, et ma relation avec les miens, au Chili, est toujours belle, fraternelle et stimulante".








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