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Jeanne Voisin

Nouvelles d'Autriche


Quelle sera la prochaine étape? - Une collection qui s'enrichit - A propos de la santé d'Ötzi


Quelle sera la prochaine étape?

podcast_autriche.mp3 Podcast Autriche.mp3  (333.48 Ko)

Jusqu'à maintenant dans les auberges autrichiennes, on pouvait se régaler de "zigeunerschnitzel", escalope tzigane, et si l'on avait encore un peu faim ou si l'on était gourmand, il était possible prendre du "negerbrot", pain nègre, ou un "Mohr im Hemd", Maure en chemise. Ceci risque de n'être bientôt plus qu'un agréable souvenir. En effet, l'Association autrichienne des restaurateurs vient de découvrir que le nom de ces plats traditionnels était "discriminatoire". Aussi est-il grand temps de changer certaines appellations. Elles font partie de la tradition mais sont aujourd'hui, "inacceptables" poursuit-elle. Et d'expliquer au journal Tiroler Tageszeitung "Notre travail est celui de l'accueil de personnes et, pour cette raison, nous devrions montrer l'exemple". Le nom des plats serait remplacé par une description. Par exemple, le "zigeunerschnitzel" deviendrait "escalope avec sauce au poivre", ce qui est assez inexact car il y a aussi des tomates et des poivrons... SOS Mitmensch, groupe qui milite pour l'intégration et l'égalité en Autriche aurait très bien accueilli cette proposition. Son porte-parole a déclaré à der Telegraf "La discrimination n'est pas matière à rire, même si cela est arrivé à son insu ou en raison de la tradition". Pour Harald Ultsch, président de l'association de gastronomie du Tyrol, ce débat va un peu trop loin. "Ce sont simplement des plats traditionnels", regrette-t-il.
Outre la "côtelette sauce au poivre", on lira donc sur les menus et les cartes des restaurants "pain très sombre" et "gâteau au chocolat et à la crème" ce qui est assez peu précis. Il y a en effet du chocolat dans le "pain très sombre" et l'appellation "gâteau au chocolat et à la crème" est bien floue.
L'association des restaurants autrichiens ne compte pas en rester là, elle s'est aussi offusquée du nom "spaghettis alla puttanesca", plat populaire servi dans tous les restaurants italiens ou prétendus tels d'Autriche. Cette ligue à la vertu exigeante mais sans doute à l'imagination linguistique fort courte, n'a pas encore dit ce qu'elle comptait en faire.
En France, dans ce registre, les changements ont déjà été effectués. Le "nègre en chemise" est devenu le "noir et blanc". La "tête de nègre" a a été remplacée par "meringue au chocolat" ou "tête au choco". Des appellations qui donnent tout de suite envie de commander une part de ces friandises...
L'histoire ne dit pas si cette association autrichienne se cantonnera essentiellement à la cuisine et à la pâtisserie. On peut penser que son zèle l'amènera à s'attaquer aussi à d'autres domaines, la musique par exemple. Elle se penchera sans doute sur le cas de "Der Zigeunerbaron", "Le Baron tzigane", opérette de Johann Strauss fils, créée le 24 octobre 1885 au Theater an der Wien, d'après le roman "Saffi" du Hongrois Mór Jókai, écrit en 1870. Un jour viendra peut-être où l'affiche apposée sur les murs de la Volksoper, temple viennois de l'opérette, mentionnera comme spectacle du soir "Le Baron issu de la communauté des gens du voyage"... Puis ce sera le tour de "Tzigane", rhapsodie de concert pour violon et orchestre composée par Maurice Ravel en 1924, la dédicataire en était la violoniste hongroise Jelly Arányi de Hunyadvár. Sous quel nom la retrouvera-t-on dans les concerts? Et pour ne s'en tenir qu'à quelques personnages, quel sera le sort d'Azucena dans le "Trouvère" de Verdi ou d'Otello, Maure de Venise, chez le même compositeur d'après Shakespeare? Et "Carmen", nouvelle de Prosper Mérimée qui a inspiré un opéra-comique, chef-d’œuvre du répertoire, que deviendra-t-elle? Le ridicule ne tue plus paraît-il, mais la sottise semble avoir encore de beaux jours devant elle!

Une collection qui s'enrichit

Récemment, au Belvédère de Vienne, Claudia Schmid, ministre autrichien de l’Éducation, des arts et de la culture et Agnes Husslein-Arco, directrice de l'institution, se réjouissaient du legs fait par le collectionneur Peter Parzer. Ce dernier, décédé en novembre 2010, avait hérité de tableaux de son père. Parmi la cinquantaine que l'Autrichien a généreusement offerts, figurent deux œuvres de Gustav Klimt, Sonnenblume, "Tournesol" peinte à Litzlberg am Attersee en 1907 et Familie, "Famille" datée de 1909/10. Le procureur des finances, avocat et conseiller de la République a suivi la rédaction du contrat de succession et assuré cet héritage pour l'Autriche grâce à son intervention au nom du ministère fédéral des Finances. Pour sa part, Maria Fekter, ministre de ce département, déclare qu'"Il n'est pas courant qu'un Etat se voie ainsi céder des œuvres d'art de cette importance. C'est pourquoi nous étions bien entendu prêts à assister le Belvédère dans le déroulement de cette succession. Agnès Husslein-Arco mérite les plus grands remerciements pour sa totale implication et pour le fait de rendre ces magnifiques tableaux accessibles au public". Et cette dernière de préciser "J'ai connu Peter Parzer et l'ensemble de sa collection pendant 30 ans. Il était très lié au Belvédère depuis des années et nous assistait dans nos activités d'exposition et de recherche".
C'est une heureuse coïncidence puisque cette année, on célèbre à Vienne le cent-cinquantième anniversaire de la naissance de Klimt. Il est en effet né le 14 juillet 1862 à Baumgarten dans le Burgenland, à l'est de Vienne. Ces deux tableaux visibles sur place du 9 au 18 mars, sont estimés à plusieurs dizaines de millions d’euros. Ils viennent s'ajouter aux 22 toiles que possède déjà la collection de Klimt du Belvédère. On pourra voir "Tournesol" du 24 mars au 8 juillet prochain, au musée Correr de Venise dans le cadre de l'exposition "Klimt sous le signe d'Hoffmann et de la Sécession", en coopération avec le Belvédère où elle fut d'abord présentée ces derniers mois. Et naturellement, les deux oeuvres seront présentes dans la grande exposition "Meisterwerke im Fokus: 150 Jahre Gustav Klimt", "Sous le signe des chef-d’œuvres: 150 ans de Gustav Klimt", qui se tiendra au Belvédère supérieur du 12 juillet prochain au 6 janvier 2013.
Schloss Belvedere, le Belvédère est une construction que réalisa Johann Lukas von Hildebrandt de 1714 à 1723 pour Eugène-François, Prince de Savoie qui servit trois empereurs de la maison de Habsbourg, Léopold Ier, Joseph Ier et Charles VI. Il s'illustra particulièrement dans la lutte contre les Ottomans et durant la guerre de Succession d'Espagne. L'ensemble se compose du Belvédère supérieur où se trouve le musée abritant notamment la collection Gustav Klimt, et du Belvédère inférieur, résidence du prince Eugène, ils sont séparés par de vastes jardins. C'est au Belvédère que fut signé à Vienne le 15 mai 1955 le "Traité d'État concernant le rétablissement d'une Autriche indépendante et démocratique", entre les forces occupantes alliées, États-Unis, URSS, France, Grande-Bretagne, et le gouvernement autrichien. Traité qui est entré en vigueur le 27 juillet 1955.

A propos de la santé d'Ötzi

On se souvient de cet homme découvert par des randonneurs le 19 septembre 1991 à 3.200 mètres d'altitude, à la frontière austro-italienne, dans les Alpes de l'Ötztal, d'où son nom d'Ötzi. Il gisait sous une couche de glace et son existence n'avait été révélée que parce que le glacier avait fondu cet été-là. Des analyses avaient permis de dater ce corps du chalcolithique, soit de 4 546 à ± 15 ans. Elles sont difficiles à mener mais rendues possible actuellement "par des nouvelles technologies de séquençage génétique ultra-sensibles qui ont réussi à travailler avec de très petites quantités d'ADN", c'est ce qu'expliquait récemment au Figaro Frank Maixner, chercheur à l'EURAC, European Academy, Académie européenne, de Bolzano/bozen. Ville de cette partie du Tyrol autrichien devenu le Trentin-Haut-Adige italien, après la signature du traité de Saint-Germain-en-Laye le 10 septembre 1919. C'est d'ailleurs au musée archéologique du Tyrol du Sud voisin qu'est jalousement conservée la dépouille momifiée d'Ötzi. Et Frank Maixner d'ajouter qu'"A côté de l'ADN humain nous avons aussi retrouvé de l'ADN de bactéries qui semblent être des pathogènes qui circulaient dans le sang d'Ötzi, certaines sont du genre Borelia et sont des traces possibles de la maladie de Lyme". Laquelle se transmet par des morsures de tiques.
Notre homme d'environ 45 ans, mesurait 1,59 m et pesait 40 kg, il chaussait du 38, était brachycéphale, portait une barbe, et est probablement mort lors d'un combat, une flèche lui aurait transpercé l'omoplate. En 2012, Ötzi continue à intriguer et ne cesse de livrer ses secrets. On découvrit aussi qu'il était du groupe sanguin O et avait les yeux marrons et les cheveux bruns, il manifestait par ailleurs une allergique aux produits laitiers, ne pouvant digérer le lactose, ce qui d'après Albert Zink, directeur de l'Institut des momies et de l'homme des glaces à Bolzano, cette intolérance au lactose est peut être due au fait que l'élevage de bétail n'était pas encore très répandu en Europe, et que la capacité de digérer le lait n'était pas encore un avantage génétique pour l'espèce humaine. On a également appris grâce toujours à des analyses ADN, qu'il était prédisposé aux maladies cardio-vasculaires, il a été démontré qu'Ötzi souffrait déjà d'un durcissement des artères, l'athérosclérose. Pour l'anthropologue Albert Zink et le bio-informaticien Andreas Keller, "La preuve qu'une telle prédisposition génétique existait déjà au temps d'Ötzi est très intéressant pour nous" et de préciser "Cela indique que les maladies cardio-vasculaires ne sont en aucun cas liées essentiellement à un style de vie moderne. Nous sommes impatients d'utiliser ces données afin de pouvoir explorer la façon dont ces maladies se développent".
Et ce n'est pas tout, des scientifiques ont pu déterminer que les ancêtres de cet homme appelé aussi parfois homme de Hauslabjoch ou Homme de Similaun, lieux de l'ötzal, étaient originaires du Moyen-Orient et disposaient du même héritage génétique que les populations qui vivent actuellement en Corse ou en Sardaigne. Jacques Chiaroni, directeur du laboratoire d'hématologie moléculaire de Marseille explique qu'"Il y a en fait deux hypothèses, soit l'homme des glaces est une sorte de touriste qui serait arrivé de Corse ou de Sardaigne, ou alors la mutation génétique que l'on observe dans son chromosome Y était plus fréquente au néolithique qu'aujourd'hui et a été diluée dans l'ensemble de l'Europe par d'autres populations, et on ne la retrouve plus que dans ce deux îles un peu préservées, la Corse et la Sardaigne". Cependant, la présence d'Ötzi à 3.200 m d'altitude reste mystérieuse.

22/03/2012


Tags : Autriche, Ötzi


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