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Quand inondations et épidémies font des ravages à Djibouti


Par MOHAMED AHMED SALEH Rédigé le 23/01/2020 (dernière modification le 21/01/2020)

Le dernier trimestre a été particulièrement dramatique à Djibouti. Entre inondations et épidémies en tout genre, la population a payé un lourd tribut à cette série noire.


Une famille décimée

Artère inondée de la capitale Djibouti (C) Journal La Nation
Artère inondée de la capitale Djibouti (C) Journal La Nation
A la fin du mois de novembre, des pluies diluviennes se sont abattues sur la capitale et les régions de l’intérieure. Dans cette partie du monde, où l’on est plus habitué à la sécheresse et l’aridité, ce sont l’équivalent de trois années de précipitations qui sont tombées en trois ou quatre jours. De quoi provoquer de graves inondations. Une dizaine de personnes ont perdu la vie dont une mère et ses 4 enfants qui ont été tués dans l'effondrement de leur habitation.
Quatre autres personnes sont mortes suites à ces pluies diluviennes et ces averses accompagnées de vents violents, inhabituels à cette époque de l'année. Dans les quartiers pauvres de la capitale, où les habitations sont sommaires, les dégâts étaient importants.

Plan d'urgence déclenché

Sapeurs pompiers djiboutiens et français mobilisés pour évacuer les eaux de pluies (C) La Nation
Sapeurs pompiers djiboutiens et français mobilisés pour évacuer les eaux de pluies (C) La Nation
Les infrastructures ont été violemment touchées, et les écoles ont été fermées. Les voies de circulations de la capitale, et beaucoup de maisons individuelles se sont retrouvées sous l'eau. Ce qui a obligé le gouvernement à déclencher un plan d'urgence qui a mobilisé les ressources militaires pour porter secours aux victimes. Les agences onusiennes et les pays amis ont également envoyé des secours d’urgences.
L’évacuation des eaux stagnantes a été suivie de la distribution de médicaments et de moustiquaires et de l'eau potable, tandis que des fonds et des dons de vivres ont été offerts par de généreux bienfaiteurs pour soutenir l'effort humanitaire.
La situation a provoqué la colère du chef de l'État, Ismaïl Omar Guelleh, qui a fustigé lors d'une réunion de crise, l’incurie des services publics qui n’ont pas "su tirer les leçons de précédentes catastrophes naturelles".

Épidémies de fièvres sans précédent

Entrée de l'hôpital général Peltier (C) La Nation
Entrée de l'hôpital général Peltier (C) La Nation
Une catastrophe n’arrive jamais seule. Après l’épisode des inondations, c’est une épidémie sans précédent de fièvres et de gastro-entérites qui s’est abattue sur le petit peuple. Les hôpitaux et toutes les structures sanitaires sont bondés de dizaines de milliers de malades du paludisme, de la fièvre dengue, de la gastro-entérite mais aussi et surtout de la fièvre chikungunya.

La fièvre chikungunya, maladie virale transmissible à l’homme par le vecteur du moustique Aedes albopictus, appelé aussi moustique-tigre, est celle qui fait le plus de ravage. Plus de 16 000 cas de fièvres chikungunya ont déjà été recensés et des décomptes non officiels font état de plusieurs dizaines de victimes. L’on reconnait officiellement que la maladie peut causer la mort des personnes fragiles comme les bébés, les personnes âgées ou déjà fragilisées par d’autres maladies.

Dans presque chaque foyer, la fièvre chikungunya a fait ses effets. Les malades souffrent de douleurs musculaires et articulaires, de forte fièvre, d’éruption cutanée associées à des courbatures et à de vives douleurs dans les articulations, rendant difficiles les déplacements.
Chikungunya signifie en swahili, l’homme “qui marche courbé en avant”, décrivant la marche lente, hésitante et douloureuse des personnes atteintes par la maladie. Le traitement du chikungunya est simple et ne nécessite pas une infrastructure médicale de pointe : une prescription d’antalgiques ou d’analgésiques, du repos et de la patience viennent à bout, en quelque 10 jours, de la maladie, hormis pour les 15% des contaminés qui présentent des séquelles plus ou moins graves, incurables à ce jour".

Mobilisation des grands moyens

Le ministre de la Santé a annoncé, devant l’étendue de la crise, "l’augmentation du personnel soignant dans les structures de soins en vue de renforcer la capacité d’intervention et de soins, la mise à disposition en quantité des intrants nécessaires à la prise en charge (médicaments, injectables et consommable), le lancement des opérations massives de destruction des gites larvaires, la pulvérisation intra-domiciliaire et la distribution de moustiquaires imprégnées. Ces mesures de lutte anti vectorielles visent à répondre à toute propagation virale". Sans une riposte forte et une action significative, l’on risque de voir de larges franges de la population touchée par ce virus du Chikungunya.

Le gouvernement a décidé de faire la chasse aux moustiques avec les grands moyens. Un avion a procédé à l’épandage aérien d’insecticides sur la capitale. Cette opération de pulvérisation de produits toxiques participe de la lutte anti-vectorielle, pour tenter d’endiguer la propagation de l’épidémie. La méthode s’étant révélée très efficace ailleurs. Le plus difficile étant de nettoyer les gites larvaires qui se sont développés et qui sont le plus difficiles à combattre. Le Chikungunya est dorénavant endémique à Djibouti. Toute proportion gardée, il fait l’effet des incendies en Australie ! Nous formons le vœu que tous les deux soient vaincus rapidement.
inondations_et_epidemies_a_djibouti.m4a Inondations et épidémies à Djibouti.m4a  (2.21 Mo)









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