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Santé : l’Afrique est malade des faux médicaments


Par Henri OKAIGNE Rédigé le 29/02/2020 (dernière modification le 17/02/2020)

Les médicaments sont censés guérir. Malheureusement, ceux qui sont fabriqués parallèlement à l’industrie pharmaceutique et destinés à l’Afrique ont une tout autre vocation. La raison est toute simple. Ils sont l’objet de vastes trafics de faux médicaments qu’alimentent des réseaux de faussaires. Dévoyant les fondements du serment d’Hippocrate à d’autres fins. De ce fait, le continent est en phase à de nombreuses maladies. Tuant pas mal d’Africains. Un enjeu de santé publique. "Carnet de santé" d’une Afrique qui ploie sous le poids de la contrefaçon médicamenteuse.


Les faux médicaments en Afrique : un fléau

Exemples de médicaments contrefaits (c) Okaigne Henri
Exemples de médicaments contrefaits (c) Okaigne Henri
Les faux médicaments pullulent aux quatre coins de l’Afrique. Raison pour laquelle depuis 2013, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) surveille les médicaments mis sur son marché. "Les médicaments d'importance vitale ne sont pas à l'abri du commerce de contrefaçons. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) collabore avec Interpol pour faire échec aux réseaux criminels qui gagnent des milliards de dollars avec ce commerce cynique ", souligne-t-elle dans son Bulletin de février 2019. C’est dire le contexte inquiétant qui entoure ce "business" juteux organisé par de grands groupes mafieux. Par ailleurs, l’arrivée d’internet et des réseaux sociaux a favorisé les circuits d’approvisionnement et l’exercice illégal de la profession de pharmacien.

Même si aucune étude ne permet de déterminer des données précises à ce jour, les grandes saisies dans les différents pays témoignent de l’ampleur du phénomène sur le continent. Pour exemple, ce sont 67 tonnes de produits pharmaceutiques contrefaits et 200 tonnes de faux médicaments saisis respectivement à Lomé et à Abidjan de juin 2018 à novembre 2019. Un record. Mais aussi une économie lucrative selon la Fédération internationale de l'industrie du médicament (FIIM). Les faux médicaments représenteraient 30 à 80% des produits vendus sur le continent. Avec un manque à gagner pour l'industrie pharmaceutique de la plupart des pays africains qui s’élèveraient à près de 169 millions de dollars.
Ce qui n’est pas fait pour faciliter la tâche aux gouvernants de ces dits pays. Ces derniers ne disposant pas de règlementations strictes adaptées à leurs stratégies de lutte pour contrer et traquer les faussaires. Pendant ce temps, les conséquences sanitaires sont dévastatrices.

Des morts en cascade

Les faux médicaments sont à l’origine de milliers de morts en Afrique.
"Un médicament sur 10 en circulation dans les pays à revenu faible ou intermédiaire est, selon les estimations, soit de qualité inférieure, soit falsifié. Cela signifie que les patients prennent des médicaments qui ne peuvent ni traiter ni prévenir la maladie. Il s’agit non seulement d’un gaspillage d’argent pour les personnes et les systèmes de santé qui achètent ces produits, mais les produits médicaux de qualité inférieure ou falsifiés peuvent aussi entraîner de graves maladies voire des décès ", constatait déjà l’OMS dans son communiqué de presse du 28 novembre 2017 à Genève. Un constat plus qu’alarmant qui risque de faire doubler le nombre de morts si l’on n’y prend garde. Et pour cause, les hôpitaux publics, pour la plupart ne disposent d’aucun équipement adéquat. Encore moins de médicaments de première nécessité tels que les antipaludéens, antibiotiques et antidouleurs. Or la pauvreté au sein des populations africaines est grandissante. Les revenus de ses habitants ne leur permettent pas la prise en charge des frais de santé exorbitants. Ils sont donc obligés de se tourner vers les médicaments contrefaits à bas prix achetés sur les marchés. D’où ces décès en cascade auxquels nous assistons. Plus de 100 000 morts par an selon l’OMS.

Les 17 et 18 janvier 2020, sept chefs d’état africains se sont réunis à Lomé au Togo pour trouver une solution à ce fléau. De cette rencontre, un "accord-cadre " a été signé. Il est censé criminaliser ce commerce. Par ailleurs, il a souhaité l’intégration des pays africains aux accords internationaux déjà existants telle que la "Convention Medicrime".

Rappelons que selon le traité 211 du Conseil de l'Europe sur la contrefaçon des produits médicaux et les infractions similaires menaçant la santé publique, la " Convention Médicrime est le premier instrument international dans le domaine du droit pénal faisant obligation aux États Parties d’ériger en infraction pénale : la fabrication de produits médicaux contrefaits ; la fourniture, l’offre de fourniture et le trafic de produits médicaux contrefaits ; la falsification de documents ; la fabrication ou la fourniture non autorisée de produits médicaux et la mise sur le marché de dispositifs médicaux ne remplissant pas les exigences de conformité". Mais à quand l’application stricte de ses dispositions ? Les gouvernements africains sont vivement interpelés à prendre leurs responsabilités.
faux_medicaments.m4a Faux médicaments.m4a  (8.25 Mo)









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