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Serge Mathias Tomondji

Si corruption savait, si gouvernance pouvait!



Si corruption savait, si gouvernance pouvait!
C’est comme une rengaine. C’est même une rengaine. Mais, comme la pédagogie, sa répétition est parfois nécessaire pour bien fixer les problèmes et avoir au moins la conscience d’avoir mis les bonnes cartes sur la table. Aux acteurs, pluriels et multiformes, de les jouer dans le bons sens, dans l’intérêt général des populations, destinataires des diverses politiques, qu’elles soient sociétales, culturelles, économiques, structurelles ou conjoncturelles.
Je me réjouis donc d’apprendre que le Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (Codesria), tient depuis hier à Abuja (Nigeria), jusqu’à demain, mercredi 24 juin 2009, un atelier axé sur le thème: «Corruption, gouvernance et démocratie en Afrique de l’Ouest - Défis et opportunités.» En vérité, cet atelier, qui se tient avec la collaboration de la Commission Open society initiative for west africa (Osiwa), vise à exposer les résultats d’une série de recherches sur ce sujet. Il regroupera un aréopage pluridisciplinaire, composé de chercheurs en sciences sociales, décideurs, parlementaires, syndicalistes, politiques, professionnels des médias, venus de tous les coins de l’Afrique de l’Ouest et d’ailleurs, pour «un échange et une validation, dans un dialogue fructueux des questionnements et réponses esquissées».
C’est en 2008, à Cotonou, capitale économique du Bénin, que le Codesria avait initié ces questionnements. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils sont d’une terrible acuité et d’une actualité patente. Quoique diverses et nuancées, les situations sociopolitiques dans les pays de l’Afrique de l’Ouest restent préoccupantes à plus d’un égard, et notamment sur cette plateforme de la gouvernance, désormais socle vertueux de tout bon processus démocratique. Souvent brandie comme cadre normatif d’action, la gouvernance, la bonne, subit, cependant, les travers de bon nombre de dirigeants, plus enclins à professer le «faites ce que je dis et fermez les yeux sur ce que je fais». Et même la vénalité de certains businessmen, qui font leur beurre sur le fric de la «bonne gouvernance» Si bien que souvent, trop souvent, l’impunité est hissée comme étendard de gestion, et pire, comme prime d’encouragement à la mal gouvernance.
Je ne sais pas si les éminents chercheurs réunis à Abuja réussiront à faire la part entre les formidables opportunités que nous offrent la bonne gouvernance, d’une part, et les colossaux défis que nous imposent la lutte contre la corruption, d’autre part, pour réussir nos frétillants processus démocratisations. D’ailleurs, je ne sais même pas si leurs analyses et recommandations serviraient à quelque chose. Pour tout dire, je n’en suis pas certain du tout. Et je ne suis pas seul, loin de là! Mon confrère Abdoul Latif Coulibaly, Directeur de l’Institut supérieur des sciences de l’information et de la communication (Issic) à Dakar, et Directeur de publication de l’hebdomadaire La Gazette, pense ni plus, ni moins que «les dirigeants africains sont les moins préoccupés des questions de corruption». Mieux, affirme-t-il, «ils développent de nouveaux types de corruption en devenant entrepreneurs eux-mêmes».
Dans la conscience commune, ce n’est donc pas demain que nos têtes couronnées entendront «les plaintes de plus en plus structurées de leurs élites et de leurs populations contre le fléau qui gangrène leurs sociétés, plombent leurs économies, déstructurent leurs projets, affaiblissent leurs institutions, déséquilibrent leurs fragiles nations». Mais, il est tout de même préférable que, de temps en temps, on mette le doigt sur la plaie. Surtout en ces temps inquiets où les velléités de remise en cause constitutionnelle rythment le quotidien dans nos capitales. De belles exceptions finiront bien par confirmer la bonne règle. Le Niger nous l’a démontré avec une rare éloquence.


24/06/2009








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