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Un jour, il a vendu ses enfants


Dans un pays où le gouvernement n’offre pas d’aides aux citoyens, la pauvreté pourrait s’emparer d’une famille pour aboutir à une séparation angoissante sous l’égide du silence. Les enfants auront à payer le prix le plus élevé.


Seul à l’ombre du silence ! Photo (C) Ibrahim Chalhoub
Seul à l’ombre du silence ! Photo (C) Ibrahim Chalhoub
podcast_vendu_ses_enfants.mp3 Podcast_Vendu_Ses_Enfants.mp3  (220.01 Ko)

Il y a vingt-cinq ans, un homme vivait au dernier étage d’un immeuble à Tripoli, Liban avec sa femme et ses quatre enfants, deux filles et deux garçons.
Soudain, le père a perdu son travail et la situation économique de la famille s’est tellement détériorée que les enfants n’arrivaient pas à dormir pendant la nuit parce qu’ils ne pouvaient plus calmer leur faim.

Au bout d’une semaine, les pleurs se sont arrêtés et les voisins sont venus à voir la famille sur le balcon de leur maison en aluminium sur le toit de l’immeuble. Mais, un changement radical marquait leur situation. La fille aînée et le grand frère avaient disparu.

Comme il y avait un couple qui cherchait à adopter des enfants, le père des quatre a conclu un accord à bon marché à travers un orphelinat.
Le couple adoptant vivait dans un autre pays et les enfants de sept et cinq ans ont été forcés au départ. "C’était mieux pour eux", a dit une dame du voisinage, "ils vont vivre dans le luxe". D’autres voisins ne partageaient pas la même opinion, mais personne n’en parlait plus au bout de quelques jours. Le tabou s’est installé et le silence pesait sur les habitants de la rue.

Les deux autres enfants ont pu vivre, quand à eux, grâce à la somme que les adoptants-acheteurs ont versé au père de la famille pauvre.

Les années se sont écoulées et le père a pu retrouver un travail qui lui assurait un rendement couvrant le juste nécessaire. Ses deux enfants ont fréquenté l’école publique et s'y rendaient à pieds tous les jours pendant des années.
"Ils ont vite grandi", ajoutaient les voisins de l’immeuble d’en face. Le souvenir des deux autres enfants a été refoulé dans l’inconscient des habitants de la rue.

Un jour, des cris mêlés aux bruits de la rue sont sortis de la maison grise sur le toit de l’immeuble jaune. Les voisins n’arrivaient pas à comprendre ce qui se passait derrière les vitres peintes tout en gris.
Une dizaine de minutes après, une jeune femme de trente deux ans et un jeune homme deux ans moins âgé qu’elle sortaient sur le balcon dans les bras de leur famille.

Ils sont revenus, après vingt-cinq ans, pour vivre sur le toit du même immeuble.
Ils étaient heureux, très heureux, de revoir leurs parents… et le reste passa sous silence !

Ibrahim Chalhoub
Correspondant - Photographe En savoir plus sur cet auteur
27/09/2011




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