Podcast Journal, l'information internationale diffusée en podcast
Podcast Journal
 
Facebook
Twitter
 

Un secret de famille qui s'ébruite


Par Rédigé le 04/12/2020 (dernière modification le 04/12/2020)

Lundi 30 novembre à 12h50, Didier Decoin président de l’Académie Goncourt qui venait de couronner Hervé Le Tellier, appelait Georges-Olivier Châteaureynaud, président du jury Renaudot, à rejoindre la réunion Zoom pour sa propre proclamation.


Le prix Renaudot 2020 est revenu à Marie-Hélène Lafon pour son roman, le seizième, "Histoire du fils" (c) DR
Le prix Renaudot 2020 est revenu à Marie-Hélène Lafon pour son roman, le seizième, "Histoire du fils" (c) DR
rue_des_jeux_5__4_.m4a "Histoire du fils".m4a  (2.54 Mo)

On sait que la pandémie a perturbé la saison des prix. Les jurys du Goncourt et du Renaudot entre autres avaient subordonné leurs dates d’attribution à la réouverture des librairies. Celle-ci ayant eu lieu le 28 novembre, rien ne s’opposait plus à ce que l’on distribue ces deux récompenses qui sont liées depuis des décennies. Le lieu ne sera pas le même cette année, le célèbre restaurant Drouant de la place Gaillon qui prépare d'habitude un somptueux repas est resté fermé, la cohorte de journalistes et de photographes habituels était absente.

Le prix Renaudot 2020 est donc revenu à Marie-Hélène Lafon pour son roman, le seizième, "Histoire du fils", paru chez Buchet & Chastel, maison d’édition à laquelle l’auteur est fidèle depuis une vingtaine d’années. Elle a remporté le prix à la majorité absolue au premier tour de scrutin. Parmi ses quatre concurrents, il y avait Hervé Le Tellier qui a obtenu le prix Goncourt pour "L’Anomalie" chez Gallimard ainsi qu’Etienne de Montety couronné par le grand prix du roman de l’Académie française pour "La Grande épreuve" chez Stock.
Pour l’Immortelle Dominique Bona, membre du jury Renaudot "Le choix de Marie-Hélène Lafon s'est imposé naturellement C'est le choix d'une grande écrivain française contemporaine. C'est une voix particulière une voix forte, enracinée dans les territoires dont elle sait si bien parler".

Marie-Hélène Lafon est professeur de lettres classiques à Paris. Le mot province ne lui fait pas peur et elle revendique bien fort ses origines paysannes, du Cantal où elle est née le 1er octobre 1952 et qu’elle connaît  sur le bout du cœur". Il fait très souvent partie du cadre de ses romans. Sa carrière d’auteur qui s’étend sur une vingtaine d'années a souvent été récompensée. En septembre dernier, "Histoire du fils" a reçu le prix des librairies de Nancy lors du Livre sur la Place. En 2016, elle obtenait le Goncourt de la nouvelle pour "Histoires" et son premier roman, "Le Soir du chien", publié en 2001, lui avait valu le prix Renaudot des lycéens. Et cette année, le grand prix de littérature de la Société des gens de lettres lui a été remis pour l’ensemble de son oeuvre.

Depuis 1926, Marie-Hélène Lafon est la seizième femme à obtenir le prix Renaudot. Il faut noter qu’au cours des dix dernières années, cette récompense a distingué cinq hommes et cinq femmes. On remarquera que pendant le même temps, le Goncourt et le Femina, n’en ont récompensé que deux chacun. 

"Histoire du fils" nous révèle un secret de famille qui s’étale sur 12 dates et trois générations, de 1908 à 2008, en 176 pages, une saga familiale entre le Cantal, le Lot et Paris. "… l’été 2012, j'ai été témoin de la révélation d'un secret dans une famille dont je suis très proche depuis maintenant quatre décennies. Immédiatement, je me suis sentie empoignée par cette histoire qui se déroulait sous mes yeux, j'ai pensé que ça ferait un texte" confesse Marie-Hélène Lafon à propos de ce qui l’a inspirée.

Dans le numéro du 2 octobre du Figaro Littéraire, la journaliste Astrid de Larminat avait souligné les grandes qualités littéraires de l'auteur "Marie-Hélène Lafon ne sonde pas ses personnages, elle respecte leur mystère. Elle les sculpte comme des figures de bas-reliefs ou comme ces vierges auvergnates rustiques, archaïques, immuables, insondables, rassurantes cependant. Elle a inventé le roman de style roman".

Le Prix Renaudot de l’essai a été attribué à la Canadienne Dominique Fortier pour "Les Villes de papier: une vie d'Emily Dickinson" paru chez Grasset. Elle l’a emporté sur David Le Bailly pour "L’autre Rimbaud" à L'Iconoclaste et Frédéric Pajak pour "Avec Pessoa" chez Noir sur blanc. Qui était Emily Dickinson ? Plus d’un siècle après sa mort, on ne sait pas grand chose d’elle. Née le 10 décembre 1830 à Amherst dans le Massachusetts, et morte le 15 mai 1886 dans la même maison, elle y a écrit des centaines de poèmes qu’elle n’a jamais publiés. Cela ne l’empêche pas d’être considérée actuellement comme l’une des figures les plus importantes de la littérature mondiale. Dominique Fortier a imaginé sa vie, cette existence purement intérieure, peuplée par les livres qui l’entouraient et des poèmes qu’elle composait.

Le Renaudot poche a de son côté récompensé Eric Roussel, pour "Charles de Gaulle" (collection Tempus chez Perrin), qui s'appuie sur de nombreuses archives pour éclairer le personnage.








ÉDITORIAL | POLITIQUE ET SOCIÉTÉ | ÉCONOMIE | NATURE ET DÉVELOPPEMENT DURABLE | ART ET CULTURE | SCIENCE ET HIGH-TECH | SANTÉ ET MÉDECINE | GASTRONOMIE | VIE QUOTIDIENNE | CÉLÉBRITÉS, MODE ET LIFESTYLE | SPORT | AUTO, MOTO, BATEAU, AVION | INSOLITE ET FAITS DIVERS | VOYAGES ET TOURISME | HUMOUR | JEUNES





Les derniers articles




Recherche

L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31



Facebook