Il y a dix ans, une missive datée de 1493 annonçant aux Rois catholiques, Isabelle 1er de Castille et Ferdinand II d’Aragon, la découverte du Nouveau Monde disparaissait de la Bibliothèque nationale de Catalogne à Barcelone. Pendant tout ce temps, le document original avait été remplacé par un faux. Oui, l’"Epistola Cristophori Colom de Insulis Indiae supra Gangem nuper inventis (Les îles de l'Inde au-delà du Gange)", publiée à Rome par Stephen Plannck en 1493, avait tout simplement été remplacée par un faux. On se souvient que Colomb croyait être arrivé aux Indes. Après sept ans d’une enquête incessante menée par les unités spéciales de la Garde civile espagnole, la lettre a pu être récupérée grâce aussi à l’aide du Service de l’immigration et des douanes des Etats-Unis, U.S. Immigration and Customs Enforcement, ICE.
Les précieux feuillets se trouvaient dans l’État du Delaware, chez un acheteur qui ignorait apparemment leur origine douteuse. Mercredi 6 juin 2018, ils ont été officiellement remis à l’ambassadeur d’Espagne à Washington. On ne connaît toujours pas le nom de l’audacieux malfaiteur qui a remplacé l’original par un faux à l’insu des responsables de la Bibliothèque nationale de Catalogne ni à quelle date cela s’est produit.
Jeudi 24 mai 2018 le personnel du musée des Beaux-Arts de la ville constatait la disparition d’un tableau de Paul Signac, "Le port de la Rochelle". Œuvre de 46,5x55cm datant de 1915, l’année où Signac est nommé peintre officiel de la Marine, et estimée à 1,5 million d'euros. La toile avait été découpée et il ne restait plus que le cadre retrouvé ailleurs. L'enquête a été confiée au SRPJ de Nancy et à l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels. Il semblerait que l’auteur du vol soit normalement entré dans le musée, se serait laissé enfermer et aurait volé la toile après la fermeture sans être surpris par le gardien de nuit. Il serait reparti par un accès réservé à l'administration.
Le tableau se trouvait hors de la zone des caméras de vidéosurveillance et n’était relié à aucun système de protection électronique pouvant déclencher une alarme… Il n’était pas non plus couvert par une société d’assurance. A la mairie on précise: "Sur le modèle de l’État, concernant ses propres collections, la Ville de Nancy est son propre assureur".
Plusieurs questions se posent, tout d’abord connaître le moment exact où le vol s’est produit. A-t-il eu lieu quelques minutes avant la découverte de la disparition de la toile? Ou bien s’agit-il de plusieurs heures ou davantage? Le voleur est-il un passionné d'art ou a-t-il agi pour un commanditaire?
"Le Port de la Rochelle" est une œuvre pointilliste du peintre néo-impressionniste, Paul Signac né à Paris le 11 novembre 1863 et mort dans la même ville le 15 août 1935. Le tableau fait partie du legs de 117 œuvres, peintures et sculptures, cédées en 1965 au musée des Beaux-Arts de Nancy par la veuve d'Henri Galilée.
Trois bouteilles millésimées 1774 étaient vendues aux enchères samedi 26 mai 2018 à Lons-le-Saunier, dans le département du Jura. Ce sont peut-être les plus vieilles en circulation et elles contiennent du "vin jaune" produit par le vigneron arboisien Anatoile Vercel qui vivait entre 1725 et 1786. Ce vin provient d’une vigne taillée sous Louis XV et vendangée sous Louis XVI.
Une de ces bouteilles a été adjugée 103.700€ et les deux autres ont atteint respectivement 76.250 et 73.200€. Brigitte Fénaux, commissaire-priseur a déclaré: "Le dernier record, en 2011, était de 57.000 euros", tout en précisant qu’aujourd'hui la conjoncture économique était différente. En 2012, à Genève, une autre avait été vendue pour 46.000 francs suisses, soit 38.300€.
Ces trois bouteilles, dites de type "bourgogne", d'une contenance de 87 cl, ont été conservées depuis près de 250 ans par les descendants d'Anatoile Vercel, dans une cave enterrée et voûtée d'Arbois, capitale du vignoble produisant le vin jaune. C’est aussi dans cette localité que Louis Pasteur, né à Dole, sous-préfecture du Jura, passa une partie de sa jeunesse.
Si l’on a quelque doute à propos du goût de ce vin bientôt tricentenaire, il suffira de se souvenir qu’une dégustation d’un "vin jaune" identique avait eu lieu en 1994 au Château Pécauld, à Arbois, qui abrite depuis 1993 le musée de la vigne et du vin du Jura et le Comité interprofessionnel des vins du Jura. 24 professionnels du vin avaient rendu leur verdict. Ils l’avaient jugé de couleur ambrée, avec un goût "de noix, d'épices, de curry, de cannelle, de vanille et de fruits secs". Ils avaient attribué au breuvage la note de 9,4 sur 10 et avaient conclu la dégustation par ces mots: "A renouveler dans 100 ans"…
L’actrice israélienne Gal Gadot devrait produire le film "My Dearest Fidel" dont l’intrigue se situe à Cuba. Elle pourrait même peut-être y tenir un rôle, sans que ce soit forcément le premier. Elle s’est associée pour ce faire à Sue Kroll, ancienne collaboratrice de Warner Bros, et à Jaron Varsano, son mari. Le film sera basé sur l’article de Peter Kornbluh, paru le 21 avril 2018 dans Politico. Le Canadien Chris Brancato, co-créateur de la série télévisée "Narcos" écrira l’adaptation à l’écran. L'article relate l’histoire de la journaliste du quotidien ABC Lisa Howard, elle noua une relation diplomatique "intime" avec le Líder Máximo. Relation qui avait "changé le cours de la guerre froide", selon ledit article. Au cours de trois voyages à Cuba, elle avait tissé un lien secret entre Washington et la Havane dans le but d’apaiser les relations entre les deux pays après la crise des missiles cubains de 1962. En 1965, Lisa Howard mourut d’une overdose de barbituriques, elle avait 35 ans. Gal Gadot déclare: "Quand j’ai lu l’article de Peter, j’ai été enthousiasmée par ce récit passionnant de femme compliquée, fascinante, au milieu d’un drame réel, aux enjeux majeurs. J’ai immédiatement su qu’il fallait que je m’implique au niveau créatif dans l’histoire de Lisa Howard, et je suis très excitée à l’idée de produire ce film avec Sue". Les deux femmes avaient déjà travaillé ensemble pour "Wonder Woman", sorti en 2017.
Entre juin et octobre 2019, le mythique restaurant de Ferran Adrià va renaître sous la forme d'un laboratoire gastronomique, toujours à Roses, au nord de Barcelone. Cet établissement, cinq fois meilleur restaurant du monde et triplement étoilé au Michelin, avait fermé ses portes en juillet 2011, après plus de 20 ans d’existence.
L’inventeur de la cuisine moléculaire, âgé de 49 ans, avait décidé de changer d’orientation à la suite de quelques ennuis. Malgré plus de deux millions de demandes de réservations annuelles pour 8.000 repas servis dans une salle de 50 places, au point que l’on attribuait la plupart des places par tirage au sort. Ferran Adrià avait alors ouvert El Bulli Lab à Barcelone, il a écrit et donné des conférences. Son nouveau projet s’appellera El Bulli 1846 et Ferran Adrià de préciser: "1846, c’est le nombre de recettes créées à El Bulli. C’est aussi l’année de naissance d’Auguste Escoffier". Avant d’ajouter lors de l'inauguration d'une exposition au musée Picasso de Barcelone: "Cela fait sept ans que nous faisons beaucoup de choses pour préparer ce moment, et maintenant il va voir le jour".
A vrai dire, El Bulli devait rouvrir en 2014 sous la forme d'une fondation axée sur la recherche de techniques culinaires et de saveurs inédites. Mais les travaux de rénovation se sont éternisés pour des questions d’environnement, l'établissement se trouvant dans une crique de la Costa Brava, dans le parc naturel de Cabo de Creus. Ferran Adrià n’a obtenu qu'en mai 2018 les permis permettant la poursuite des travaux.
Lieu de création, la future fondation El Bulli qui ne sera pas un restaurant, distribuera de 20 à 25 bourses annuelles permettant à des chefs de pratiquer avec ses propres cuisiniers.
Vendredi 11 mai 2018, un autoportrait de Picasso "Le Marin" peint en 1943 et estimé à 70 millions d'euros a été endommagé accidentellement lors des derniers préparatifs pour l'exposition de Christie's à New York. Le tableau a donc été enlevé de la vente ainsi que l'a annoncé lundi 14 mai la maison d'enchères britannique. Laquelle attendait beaucoup de cette œuvre, les autoportraits de l'artiste sont en effet assez rares. Le tableau mesurant 1,29 m sur 80 cm devait être l'un des clous de cette vente placée sous le signe de l'impressionnisme et de l'art moderne, il aurait certainement battu le record de cette catégorie. Lors de la présentation de la vente, le Genevois Loïc Gouzer, co-président de l’Art d’après-guerre et contemporain chez Christie's a déclaré: "C’est un Picasso très, très spécial que j'essaie d'avoir depuis toujours, quasiment". D’après des médias américains, ce tableau appartient à Steve Wynn, entrepreneur américain de casinos. Lequel n’a vraiment pas de chance puisqu’en 2006, il avait abîmé d'un coup de coude un autre Picasso, "Le Rêve", alors qu'il le montrait à des invités à Las Vegas. Cette toile de 130 sur 97 cm représente le portrait de Marie-Thérèse Walter. Une fois restaurée la toile avait cependant pu être vendue en 2013 pour 155 millions de dollars.
Dans un tout autre registre on a appris qu’en février 2018, Steve Wynn âgé de 76 ans avait dû démissionner de ses fonctions de responsable des finances du parti républicain après la publication d'accusations d'agression sexuelle sur plusieurs employées du groupe qui porte son nom. Agression qu’il nie naturellement…
Depuis lundi 14 mai 2018, sept Hongrois, six hommes et une femme, sont jugés au tribunal correctionnel de Bordeaux. Ils sont soupçonnés d'avoir volé des centaines de cartes géographiques des XVe et XVe siècles dans diverses bibliothèques françaises, Toulouse, Nantes, Nancy, Narbonne, Besançon ou Dijon. C'est un simple contrôle routier en Hongrie en 2012 qui a tout déclenché. Les douaniers hongrois découvrent dans la voiture qu'ils contrôlent 110 cartes géographiques anciennes dont les quatre occupants du véhicule ont bien du mal à expliquer la provenance. Sur certaines d’entre elles un petit détail attire l’attention des douaniers, le tampon d’une bibliothèque de Toulouse. Alertées, les autorités françaises saisissent l’Office central de lutte contre le trafic de biens culturels et le Parquet de Toulouse ouvre une enquête préliminaire. Les enquêteurs se rendent dans les bibliothèques concernées et découvrent que la façon d’opérer des voleurs a toujours été la même. Munis de faux papiers et de fausses cartes de membres, ils consultent des ouvrages anciens comportant des cartes géographiques. Avec des scalpels ou des cutters, ils découpent les pages et repartent avec elles, sans être inquiétés le moins du monde. Quelques centaines de cartes ont ainsi été dérobées dans les bibliothèques françaises entre 2011 et 2013 et le préjudice causé est estimé à environ 3 millions d'euros. En juin 2013, sept personnes sont interpellées, trois en France et quatre en Hongrie. Plusieurs d'entre elles reconnaissent alors faire partie d'un vaste réseau européen. Le chef présumé est arrêté dans une luxueuse villa en Hongrie. Selon ses avocats, la bande agissait sur commande et n’avait pas conscience de la valeur des pièces dérobées. Le procès de Bordeaux doit durer jusqu’à vendredi 18 mai 2018.
Le 9 mai 2018, chez Christie's à New York, dans le cadre de la vente de la collection Peggy et David Rockefeller, la toile "Los Rivales (Les Rivaux)", du peintre mexicain Diego Rivera a été adjugée pour 9,76 millions de dollars. Elle devient donc ainsi l'œuvre latino-américaine la plus chère de l'histoire des enchères. Mesurant 152,4x127cm, elle avait été estimée entre cinq et sept millions de dollars. Elle représente une fête locale à Oaxaca. Selon le site ARTnews, la peinture, datant de 1931 a été acquise par un collectionneur non identifié qui enchérissait au téléphone.
Jusqu’à maintenant, le record était détenu par une œuvre d'une autre célébrité de l'art mexicain, la propre épouse de Rivera, Frida Kahlo. Son tableau daté de 1939 et intitulé "Dos desnuos en el bosque - La tierra misma (Deux nus dans la forêt - La terre elle-même)" a été vendu aux enchères en 2016 pour huit millions de dollars. L'artiste l'avait d'abord offert à sa compatriote, la célèbre actrice Dolores del Río.
Un autre tableau de Rivera détenait déjà le record du prix le plus élevé jamais atteint pour une œuvre latino-américaine et n’avait pas été acquis lors d’une vente aux enchères. "Baile en Tehuantepec (Danse à Tehuantepec)", peint en 1928, avait été acheté pour 15,7 millions de dollars en 2016 par un collectionneur privé, l’Argentin Eduardo Constantini, fondateur par ailleurs en 2001 du Musée d'art latino-américain de Buenos Aires.
Rappelons que "Los Rivales" avait été commandé à Rivera par Abby Rockefeller, mère de David Rockefeller et une des fondatrices du Moma à New York.
Le 28 avril 2018, le couple Leiber décédait à Springs près de New York. Lui, Gerson Leiber est mort le premier d’une crise cardiaque, son épouse est décédée quelques heures plus tard dans les mêmes conditions. Il avait vu le jour à Brooklyn le 12 novembre 1921. Quant à elle, elle était née Judith Pető à Budapest le 28 avril de la même année. Elle avait appris à fabriquer des sacs et avait pu échapper aux camps de concentration. En 1946, elle épousait le sergent Gerson Leiber qui servait dans l’armée américaine stationnée en Europe centrale. Installée aux États-Unis, Judith Leiber développa la fabrication de ses petits sacs recouverts de cristaux que l’on appelle des minaudières. Elles sont souvent décorées de perles ou de pierres semi-précieuses ou encore plaquées or. Les célébrités de Hollywood et même des femmes de présidents américains les avaient adoptées et on en trouve dans plusieurs collections de musée tels le Victoria and Albert Museum de Londres ou The Corcoran Gallery de Washingyon. Gerson Leiber, connu sous le nom de Gus, était un artiste créateur de paysages abstraits et de sculptures. Ses œuvres ont été exposées dans plusieurs importants musées américains, notamment au Metropolitan Museum of Art et au Whitney Museum of American Art de New York ainsi qu’à la National Gallery of Art de Washington DC. Après avoir travaillé plus de douze ans chez des fabricants, Judith Leiber et son mari avaient ouvert leur propre commerce de sacs en 1963. En 1993, ils avaient vendu leur entreprise à la société britannique Time Products pour 16 millions de dollars. En 2008, ils avaient créé la Leiber Collection, un musée consacré à leurs œuvres respectives dans leur propriété de Springs. Gerson Leiber en avait dessiné les jardins. Le couple n’avait pas d’enfants.
En mars 2018, on apprenait que Steven Spielberg voulait réaliser un biopic sur le célèbre compositeur, chef d'orchestre et pianiste américain, né il y a 100 ans, le 25 août 1918, à Lawrence au Massachusetts. Il est décédé le 14 octobre 1990 à New York. En 2015, Martin Scorsese lui aussi avait annoncé qu’il préparait un film sur Bernstein. Maintenant, c’est le réalisateur Cary Fukunaga qui fait part de son intention de transposer à l’écran la vie de Leonard Bernstein. Le film s’intitulera "The American" et évoquera l’incroyable ascension de celui qui avait dirigé l’Orchestre philharmonique de New York à seulement 25 ans, ainsi que les succès qui ont jalonné sa carrière. Le tournage est prévu pour l’automne 2018 et c’est l’acteur Jake Gyllenhaal qui interprétera le rôle du compositeur. Il a d'ailleurs révélé son admiration pour lui: "Comme pour beaucoup de gens, c’est avec "West Side Story" que Leonard Bernstein est entré dans ma vie et dans mon cœur". Et il ajoute: "En grandissant, j’ai découvert l’ampleur de son travail et tout ce qu’il avait apporté à la culture moderne américaine, qui lui doit énormément. C’était un homme fascinant, plein de génie et de contradictions et c’est un honneur de raconter son histoire".
On ne sait toujours pas si de son côté Steven Spielberg réalisera son projet de biopic ou s’il se contentera d'un remake de "West Side Story" déjà adapté au cinéma en 1961 par Robert Wise et le chorégraphe Jerome Robbins.
Le centenaire de la naissance du compositeur donne lieu à quelques manifestations dont la publication de nombreux documents personnels par la Bibliothèque du Congrès. Le Musée national d’histoire juive américaine de Philadelphie lui consacre une exposition jusqu’au 2 septembre 2018.