A partir du 1er septembre 2019, le Hongrois Gergely Madaras succédera à Christian Arming comme directeur musical de l'Orchestre philharmonique royal de Liège, OPRL, pour une durée de trois ans. Il sera ainsi le plus jeune chef d'orchestre jamais nommé à la tête de cette phalange créée en 1960. En effet, il est âgé d’à peine 33 ans et a déjà derrière lui une carrière assez impressionnante. Il a dirigé plus de 60 orchestres dans le monde dont le BBC Symphony, l’Orchestra sinfonica nazionale della RAI et l’Orchestre philharmonique de Radio France aussi bien que ceux de l’English National Opera, de l’Opéra d’État Hongrois ou du Grand Théâtre de Genève notamment. Il a par ailleurs créé une centaine d’œuvres contemporaines, il a dirigé plus de 100 œuvres composées après 1970 et a collaboré étroitement avec Pierre Boulez, George Benjamin ou Peter Eötvös. Gergely Madaras est actuellement directeur musical de l’Orchestre Dijon Bourgogne depuis 2013 et chef principal du Savaria Symphony Orchestra depuis 2014.
Daniel Weissmann, directeur général de l'OPRL confie que c'est évidemment un honneur et une chance d’accueillir ce nouveau directeur musical qui va donner une nouvelle dynamique à l'ensemble de l'Orchestre. De son côté, Gergely Madaras se réjouit de sa nomination: "Liège est une ville très multiculturelle me semble-t-il, qui comprend de nombreuses nationalités différentes, tout comme l'Orchestre que je vais être amené à diriger. Mais notre langue commune, c'est la musique".
Depuis le 26 janvier 2018, la Manchester Art Gallery a cessé d’exposer "Hylas et les nymphes", un tableau du peintre préraphaélite britannique John William Waterhouse (6 avril 1849 - 10 février 1917). Réalisé en 1896, il mesure 98,2 cm de haut sur 163,3 cm de large et se trouve dans la salle "Recherche de la beauté" qui comporte de nombreuses peintures du XIXe siècle représentant des femmes fort peu vêtues.
A la place de l’œuvre enlevée, l’administration du musée a apposé une feuille de papier justifiant ce retrait: "Cette galerie présente le corps des femmes soit en tant que "forme passive décorative" soit en tant que "femme fatale". Remettons en cause ce fantasme victorien! Cette galerie existe dans un monde traversé par des questions de genre, de race, de sexualité et de classe qui nous affectent tous. Comment les œuvres d'art peuvent-elles nous parler d'une façon plus contemporaine et pertinente?".
Les visiteurs sont invités à écrire leurs commentaires sur de petits papiers ou à en discuter sur Twitter. La plupart des réactions que l’on a enregistrées jusqu’à maintenant sont assez critiques et certains accusent le musée de censurer une œuvre sous prétexte de "débattre" et de "contextualiser". La boutique du musée elle-même ne vend plus de reproductions de cette œuvre.
Pour Clare Gannaway, conservatrice à l'origine de cette initiative, le titre de l’œuvre est gênant car il s'agit d'artistes masculins s'intéressant à des corps de femmes. Elle explique que le mouvement #MeToo a influencé sa décision de lancer ce débat et que le tableau pourrait bientôt retrouver sa place, mais avec une "contextualisation" différente.
Le décrochage du tableau a été enregistré et a inspiré un travail à l'artiste britannique afro-caribéenne Sonia Boyce. Il sera exposé au musée à partir de ce mois de mars 2018.
Dimanche 25 janvier 2018 à 10 heures du matin, l’église du Saint-Sépulcre située dans la Vieille Ville de Jérusalem a fermé ses portes et ce jusqu’à nouvel ordre. Les chefs religieux ripostent ainsi contre ce qu’ils jugent être une "campagne systématique" d’Israël visant à nuire à la communauté chrétienne en terre sainte.
La fermeture du Saint-Sépulcre, géré par les Églises grecque orthodoxe, apostolique arménienne et catholique, est rare. Ce n’est cependant pas la première fois que cela se produit. En 1990, l’église du Saint-Sépulcre avait fermé avec d’autres sites chrétiens pour protester contre l’installation de résidents israéliens près du bâtiment. Neuf ans plus tard, les sites chrétiens avaient été de nouveau fermés pour protester contre la construction d’une mosquée à proximité de la basilique de l’Annonciation à Nazareth.
Cette fois, les églises ont découvert que la commission de la Constitution, du droit et de la justice de la Knesset allait sûrement adopter un projet de loi autorisant l’État à confisquer des terres vendues par les églises à des investisseurs privés depuis 2010 en prévoyant l’indemnisation des acquéreurs.
Une autre raison de cette fermeture est une décision récente prise par la municipalité de Jérusalem, elle prévoit de geler les avoirs des églises jusqu’à ce qu’elles aient payé des millions de shekels correspondant à des arriérés d’impôts.
On sait que l’église du Saint-Sépulcre est construite à l’endroit considéré comme celui où Jésus a été crucifié et enterré avant de ressusciter. Elle est l’objet d’un pèlerinage qui attire chaque année des centaines de milliers de personnes.
D’après différentes estimations, il y aurait entre 6.000 et 7.000 langue sur la terre. Il faut maintenant en ajouter une... En effet, des linguistes suédois ont découvert, dans le nord de la Malaisie, près de la frontière avec la Thaïlande, une population qui parle une langue qui n’a pas encore été répertoriée. Les chercheurs l’ont baptisée le jedek. Elle est parlée par 280 personnes. Selon Joanne Yager qui a mené l'étude, "il est important de connaître ces langues menacées de disparition car cela nous donne de nouveaux aperçus sur la culture et les processus d'acquisitions de connaissance de l'homme". Ses travaux ont été publiés dans la revue Linguistic Typology.
Le village n'était pas inconnu cependant et avait déjà reçu la visite d'anthropologues. Il ne manquait que les linguistes. Le jedek fait partie des 1.269 langues austronésiennes et traduit le mode de vie de cette communauté de chasseurs-cueilleurs. Il y a moins de différences entre les hommes et les femmes que dans nos sociétés, très peu de violence entre les personnes, les parents encouragent leurs enfants à éviter la compétition. Il n’y a pas de mots pour les notions de loi, tribunal, vol, emprunt, achat ou vente. En revanche, de nombreux termes évoquent le partage et les échanges.
Il est de plus en plus rare de découvrir de nouvelles langues. En 2013, des chercheurs avaient trouvé une population de 800 personnes, dans l'État indien de l'Arunachal Pradesh, au nord-est du pays parlant le koro, jusqu'alors inconnu. La même année, une linguiste américaine constatait qu'un groupe isolé de 350 personnes, à Lajamanu, au nord de l'Australie, avait créé, une quarantaine d'années, une langue mêlant deux dialectes aborigènes locaux, le warlpiri et le kriol, et de l'anglais. Elle a été nommée light warlpiri.
Depuis 20 ans, Marie Dabadie était administratrice-secrétaire de l’académie Goncourt et elle va être obligée de quitter cette fonction. Ainsi en a décidé le docte aréopage qui l’emploie. Âgée de 74 ans, elle avait certainement atteint l'âge de la retraite mais ne s’imaginait pas encore abandonnant une mission exaltante.
Le jury (Bernard Pivot, Pierre Assouline, Tahar Ben Jelloun, Françoise Chandernagor, Philippe Claudel, Paule Constant, Didier Decoin, Virginie Despentes, Patrick Rambaud et Eric-Emmanuel Schmitt), a décidé de se séparer de cette fidèle collaboratrice à compter de juin 2018. Celle qui fut très proche d'Edmonde Charles Roux, morte le 20 janvier 2016, et présidente de l’académie Goncourt de 2002 à 2014, vit cette éviction comme "un coup de poing dans l'estomac". Bernard Pivot précise: "C’est une décision qui a été approuvée par l'ensemble de l'académie Goncourt lors de notre dernière réunion. (...) Nous n'avons rien à lui reprocher".
L’académie ne possédant aucun bureau, c’est depuis son appartement parisien que Marie Dabadie gère le quotidien, notamment contact avec les éditeurs, relations avec la presse et les ministères de tutelle et tenue du site Internet qu’elle a créé. Chaque premier mardi du mois, elle rejoint Bernard Pivot au restaurant Drouant, pour préparer l’ordre du jour de la réunion qui se conclut par un déjeuner rituel.
Marie Dabadie est la seule salariée de l’Académie, elle perçoit 3.000€ mensuels nets et touchera 1.500€ de retraite ainsi qu’une indemnité de 20.000€. Même si cela n’a rien à voir, on ne peut s’empêcher de remarquer que sur les dix membres de ce cénacle, cinq ont plus de 70 ans et un a largement dépassé les 80…
Nommé en juin 2016, le chef québécois Yannick Nézet-Séguin ne devait prendre ses fonctions de directeur musical du Metropolitan Opera de New York qu'en 2020. "Devenir le directeur musical du Metropolitan Opera est pour moi la réalisation du rêve de toute ma vie", a-t-il confié. Et ce rêve se réalisera plus tôt que prévu à cause du retrait précipité de James Levine, directeur musical honoraire qui officiellement avait pris sa retraite en avril 2016 mais continuait à diriger. En effet, celui qui avait régné une quarantaine d’années sur l’orchestre de l'illustre maison, a été accusé d'agressions sexuelles en décembre 2017. Et il a été écarté sur la base de révélations publiées par le New York Times et le New York Postselon lesquelles plusieurs hommes se disaient avoir été victimes de harcèlements de la part de James Levine il y a quelques décennies…
De directeur musical désigné, Yannick Nézet-Séguin devient donc directeur effectif à partir de la saison 2018-2019.
Né le 6 mars 1975 à Montréal, il est acclamé dans le monde entier et assume la direction plusieurs ensembles, l’Orchestre métropolitain de Montréal depuis 2000, l’Orchestre philharmonique de Rotterdam depuis 2008 et l’Orchestre de Philadelphie depuis septembre 2012.
L’Académie royale espagnole a annoncé le 20 février 2018 que des intellectuels espagnols et israéliens avaient approuvé la création d'une académie chargée de préserver le ladino, la langue des Juifs séfarades expulsés d'Espagne en 1492 par les Rois catholiques. Les historiens estiment que quelque 200.000 Juifs vivaient en Espagne à l'époque. Devant quitter le pays ou risquer la mort s'ils ne se convertissaient pas au christianisme, la plupart d’entre eux se sont installés en Italie, dans l'Empire ottoman ou en Afrique du nord. Dario Villanueva Prieto, président de la RAE, a précisé que l’accord visant "la constitution, dans l'État d'Israël, d'une Académie nationale du ladino" doit naturellement être validé par les autorités israéliennes. Il y a longtemps que des spécialistes de cette langue, appelée aussi judéo-espagnol, réclament la création de cette académie chargée de préserver le ladino. Langue toujours parlée par des descendants de ces séfarades expulsés d'Espagne, soit quelque 200.000 personnes, des gens âgés pour la plupart, la majorité vivent en Israël. Le ladino mêle l'ancien espagnol parlé au moment de l'expulsion à des éléments d’hébreu et d’autres langues, turc ottoman, l’arabe, l’araméen et quelques langues balkaniques.
En 2015, les députés espagnols ont voté une loi pour attribuer la nationalité espagnole aux descendants de ces séfarades expulsés en 1492, dans le but de réparer "une erreur historique".
Isaac Querub Caro, président de la fédération espagnole des Communautés juives, a qualifié le judéo-espagnol de "la langue que les mères ont utilisée pour bercer leurs bébés pendant plus de cinq siècles…"
Lorsqu’elle sera constituée, l’académie pourra demander son entrée dans l'Association des académies de la langue espagnole, laquelle a été créée à Mexico en 1951 et regroupe les académies de 22 pays hispanophones.
Vendredi 16 février 2018, dans la soirée, des douaniers qui effectuaient un contrôle sur une aire de Ferrières en Seine-et-Marne, découvraient un tableau dans la soute d'un bus qui y était garé. Selon cette administration, il pourrait s’agir d’une œuvre d'Edgar Degas, dérobée le 31 décembre 2009, au musée Cantini de Marseille. On suppose qu’il s’agit des "Choristes", également appelé "Les Figurants", un pastel du maître, 32 sur 27 cm de 1877, prêté à Marseille par le musée d'Orsay pour une exposition intitulée "De la scène au tableau". Le tableau faisait partie de la vingtaine d’œuvres de Degas prêtées au musée Cantini pour cette circonstance. Estimé à 800.000€, il représente un groupe de choristes en costumes chantant sur une scène d'opéra.
A l’annonce de cette découverte de la douane, le musée d’Orsay s’est contenté de commenter: "C’est une belle histoire si effectivement ce sont nos "Choristes". Nous terminons l'expo Degas ce week-end à Orsay, c'est le centenaire de sa mort. Et en 2019, on aura une magnifique expo Degas à l'Opéra et ce tableau nous aurait manqué affreusement. Donc s'il était confirmé que c'est bien celui-ci, on en serait ravis".
Mardi 20 février 2018, la municipalité de Málaga et Beaubourg ont renouvelé leur partenariat jusqu’en 2025. Il avait été inauguré le 28 mars 2015 par Mariano Rajoy, chef du gouvernement espagnol et Fleur Pellerin, ministre française de la culture. Construit en 2013, ce cube de verre à moitié enterré, situé près du port de plaisance a été baptisé El Cubo et a été présenté lors de son lancement comme un "laboratoire". Il propose deux parcours d’œuvres issues de la collection parisienne et a offert sept grandes expositions temporaires depuis son ouverture. Málaga a investi 7 millions d'euros pour cette construction et verse au Centre Pompidou environ 1,5 million d'euros annuels pour rémunérer le travail de conception des expositions et l'utilisation de son image. Depuis son ouverture, il a accueilli 500.000 visiteurs dans sa surface d’exposition de 2.000 m2 et un budget de 4 millions d'euros.
C’était la première implantation de Beaubourg à l'étranger et Serge Lasvignes, président de l’institution parisienne, a pu déclarer que "l'expérience du Centre Pompidou Málaga est réussie". Selon Francisco de la Torre Prados, maire de la cité andalouse de près de 600.000 habitants, "le Centre Pompidou a donné un coup de fouet important à Málaga en améliorant et en complétant son offre, tout en consolidant son statut de capitale culturelle, à l'échelle espagnole, européenne et mondiale". Avant d’ajouter: "Il ne faut pas s'endormir sur ses lauriers. C'est une aventure qui doit se poursuivre à tout moment. Il faut être créatif, saisir les attentes des partenaires et être à l'écoute des public".
La ville natale de Pablo Picasso possède quelques musées importants, le musée Picasso, le musée Carmen Thyssen consacré aux artistes du XIXe siècle et le Centre d'Art contemporain.
Un autre Centre Pompidou devrait ouvrir ses portes à Shanghai au printemps 2019 et un autre est prévu à Bruxelles en 2020.
Un dessin de Gustav Klimt qui avait disparu du musée municipal de Linz, dans le Land de Haute-Autriche depuis plusieurs décennies, a été remis par les héritiers de celle qui l’avait volé. Cette secrétaire du musée l’avait caché dans un placard quand elle avait appris qu’il était recherché. Puis elle était partie en retraite en 1977. Le dessin "Zwei Liegende" ou "Deux femmes allongées" faisait partie d’un ensemble de quatre œuvres de Klimt et d’Egon Schiele prêté par Olga Jäger, une artiste locale décédée le 8 septembre 1965. Ses héritiers avaient demandé la restitution des œuvres en 1990. La direction du musée s’était alors rendu compte qu’elle ne les retrouvait plus. La ville de Linz, avait été condamnée en 2006 à verser 8,3 millions d'euros de dédommagement aux héritiers d'Olga Jäger, une somme que la municipalité a contestée par la suite, jugeant qu'il y avait prescription.
Décédée en décembre 2017, la secrétaire demandait dans son testament que "Zwei Liegende" soit restitué au musée, assurant qu’il lui avait été "offert" par le directeur de l’époque. La mairie a indiqué dans un communiqué: "La réapparition de ce dessin nous donne l’espoir que les trois autres œuvres puissent elles aussi être retrouvées". Elles sont d’Egon Schiele, une aquarelle "Jeune homme", un dessin "Couple" et une huile, "Tote Stadt (Ville morte)" qui avait été estimée à 7,5 millions d’euros par la justice.