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A la recherche du crâne de Goya  13/11/2017

A la recherche du crâne de Goya
Francisco José de Goya y Lucientes est mort dans la nuit du 15 au 16 avril 1828 à Bordeaux où il vivait en exil depuis 1824, fuyant l’absolutisme de Fernando VII. Ses obsèques eurent lieu à l’église Notre-Dame et il est enterré au cimetière de la Chartreuse. En 1899, sur demande du gouvernement espagnol, ses restes ont été transférés à l’ermitage de San Antonio de la Florida à Madrid. C’est à l’occasion de ce transfert que l’on se rendit compte que le crâne avait disparu. Dans l'acte d'exhumation de l'Académie de Bordeaux, on peut lire: "La tête de Goya avait disparu, une main sacrilège l'aurait-elle subtilisée? Où? Quand et comment?" Une hypothèse généralement admise est que Goya aurait offert son crâne à un ami médecin bordelais qui pratiquait la phrénologie fort à la mode dans ces années-là. On pense que le crâne de l’artiste, une fois terminée son exploration, a dû rester sur une étagère de l’Université. Alors que le 17 avril 1928, on célébrait à Saragosse le centenaire de la mort de Goya, un universitaire annonça qu’on avait découvert un petit tableau du peintre espagnol Fierros, au dos duquel on pouvait lire "Crâne de Goya - 1849". On raconte même que le fils de Fierros, étudiant en médecine, l'aurait brisé au cours de ses expériences. Ce qui n’explique cependant pas comment le crâne aurait pu être subtilisé.
La dernière fois qu’on l’a vu, c’était en 1955 à Bordeaux, au marché aux puces de la place Meriadeck qui n’existe plus. Il semble que le crâne serait arrivé au café situé en face de l’Université. En 1955, l’établissement ferme. Aujourd’hui, tout a été détruit, mais selon le journaliste Jacques Rouhaud, le crâne du peintre "doit être toujours là, quelque part, vraisemblablement dans le quartier des Capucins. Ce serait formidable d’arriver à le retrouver. Le nom de Goya doit y être écrit à l’encre noire"

Une découverte surprenante  10/11/2017

Une découverte surprenante
C’est au Nelson-Atkum of art de Kansas City dans le Missouri qu’elle a eu lieu. Les responsables dudit musée examinaient au microscope "Les Oliviers", une toile de Vincent Van Gogh peinte en 1889, quand ils ont aperçu une sauterelle coincée dans le coin inférieur gauche du tableau et noyée dans la peinture. Mary Schafer, restauratrice au musée, précise: "J’essayais de comprendre la construction de l'œuvre en étudiant ses différentes couches, et c'est comme ça que j'ai trouvé le corps de cette petite sauterelle". Une "manière marrante", selon elle, de jeter un regard neuf sur le travail de l’artiste. Cette découverte nous rappelle les techniques propres à Van Gogh. Le peintre avait l’habitude de peindre en extérieur. C'est donc ainsi que poussières, terre, sable, brindilles ou insectes pouvaient arriver sur la toile. D’ailleurs, Vincent Van Gogh dans une lettre adressée à son frère Théo en 1885 écrivait: "J'ai dû ramasser une centaine de mouches sur les quatre canevas que tu vas recevoir, sans parler de la poussière et du sable". Michael Engel, paléo-entomologiste, conservateur en chef et professeur à l'Université du Kansas, a quant à lui indiqué qu'aucun signe ne permettait de déceler un mouvement autour de l'insecte. C’est pour lui la preuve que l'insecte, sans abdomen ni thorax, était déjà mort et desséché lorsqu'il est arrivé sur la toile humide. Des responsables du musée de Kansas City ont commencé de nouvelles recherches avec rayons x, microscopes et ultraviolets sur les 104 œuvres françaises du fonds. La conservatrice voudrait analyser les restes de la sauterelle pour avoir de nouvelles informations sur la période exacte où l’œuvre a été réalisée. Julián Zugazagoitia, directeur du Nelson-Atkum of art, a déclaré que "Les Oliviers" est très apprécié au musée et cette découverte ajoutait donc quelques chose. Les 18 tableaux de la série peinte à Saint-Rémy de Provence en 1889 est l'une des plus célèbres de Van Gogh. Le peintre mourra quelques mois plus tard, le 29 juillet 1890 à Auvers-sur-Oise.

"L’enlèvement au sérail" bientôt au nouvel Opéra d’Istanbul?  08/11/2017

"L’enlèvement au sérail" bientôt au nouvel Opéra d’Istanbul?
Pourquoi pas? Lundi 6 novembre 2017, le président turc Erdoğan inaugurait le lancement d'un projet d'une salle de spectacles pour cette métropole de 18 millions d’habitants. Elle devrait être construite à la place du Centre culturel Atatürk. Le président souhaite que ce projet soit le symbole de la Turquie moderne. Ouvert au public au premier trimestre 2019, le futur Opéra devrait accueillir 2.500 personnes. Mais la démolition annoncée du Centre culturel dédié à la mémoire de Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la République Turque le 29 octobre 1923, passe pour être une provocation du pouvoir en place dans un pays où tout ce qui concerne la mémoire du Ghazi suscite toujours des réactions passionnées.
Certains pensent qu’au lieu d'une destruction, l'ancien AKM pouvant accueillir 1.307 spectateurs, aurait pu être rénové. L’architecte chargé du projet est le fils de celui qui a construit le bâtiment d'origine, ce qui pourrait apaiser les esprits et Erdoğan voudrait montrer ainsi que ce projet "ne tourne pas le dos à l'histoire". Ravagé par un incendie en 1970, l’édifice a été reconstruit et a rouvert en 1978. Il a été fermé en 2008 pour rénovation. Les travaux n'ont jamais été réalisés. La plupart des compagnies d'opéra et de ballet se produisent depuis au Süreyya Operasi, splendide bâtiment de 1927 mais qui ne dispose que de 570 places.
L’Ordre des architectes turcs d’Istanbul n’est pas d’accord. Son responsable estime que "l'AKM est un héritage culturel qui doit être protégé". Cette place Taksim, sur laquelle serait érigé le nouvel Opéra, joue un grand rôle dans la vie stambouliote, c’est là qu’ont lieu les manifestations politiques. C'est aussi là que se trouve le "Monument de la République", sculpture monumentale à la gloire du "père des Turcs" érigé en 1928.

Un éléphant peu ordinaire  06/11/2017

Un éléphant peu ordinaire
Samedi 4 novembre 2017, a eu lieu à Budapest une vente aux enchères peu banale. Un cirque hongrois mettait en vente trois œuvres d'un éléphant indien. Elles ont été vendues chacune environ 130€. Sandra, âgée de 42 ans peint avec sa trompe et "simplement par plaisir", selon son propriétaire, le directeur de cirque et acrobate à cheval Florian Richter. On dit que des lignes de couleur s'entrecroisent sur les toiles de Sandra et ressemblent à des rivières. Par ailleurs, un portrait de l'éléphant réalisé par un peintre hongrois a été vendu quelque 840€. Toutes ces sommes seront versées à un sanctuaire pour éléphants en Malaisie. 
Selon Florian Richter, Sandra ne peint que quand elle en a envie. Elle a reçu un pinceau et s’est mise à peindre. Le propriétaire ajoute: "Je ne l'aide qu'en changeant les pinceaux, ou en les plaçant dans la peinture... Elle fait plus ou moins le reste d'elle-même"

Même si les deux affaires n’ont qu’un mince rapport, on ne peut que rappeler la toile "Et le soleil s’endormit sur l’Adriatique", signée Joachim-Raphaël Boronali, anagramme d'Aliboron, nom traditionnel d'âne. En 1910, une joyeuse bande d’artistes de Montmartre avait voulu se moquer des critiques et du snobisme du monde de l’art. On utilisa la queue de l’âne Lolo qui appartenait au propriétaire du célèbre cabaret Le lapin agile. L’animal était stimulé avec des carottes et des feuilles de tabac… Le tableau figura au Salon des indépendants de 1910 à Paris. On avait alors cru à l’apparition d’un nouveau jeune peintre italien qui signait même un "Manifeste de l’excessivisme: L’excès en tout est un défaut, a dit un âne. Tout au contraire, nous proclamons que l’excès est une force". Un amateur d’art avait acheté le tableau qui fut exposé à Milly-la-forêt. On a pu le voir au Grand Palais à Paris du 2 mars au 4 juillet 2016, dans le cadre de l’exposition "Carambolages".

Liaison dangereuse  04/11/2017

Liaison dangereuse
Dangereuse, elle l’est pour le metteur en scène russe Alexeï Outchitel dont le film "Matilda" a bien failli ne pas sortir. Il est cependant sorti le 26 octobre 2017, mais la sécurité a dû être renforcée dans les cinémas où il est projeté car ils avaient reçu de nombreuses menaces. Le film relate l’idylle du futur tsar Nicolas II avec la danseuse Mathilde Kschessinska du théâtre Mariinsky de Saint-Petersbourg. Cette liaison n’a duré que quelques mois et était terminée quand Nicolas épouse Alix de Hesse-Darmstadt, petite-fille de la reine Victoria et future Alexandra Féodorovna. Par la suite, Mathilde Kschessinska a eu une liaison avec le grand-duc Serge, avant d’épouser le 30 janvier 1921 à Cannes, le grand-duc André cousin du tsar. Morte à Paris le 6 décembre 1971 à près de 100 ans, elle est enterrée au cimetière orthodoxe de Sainte-Geneviève-des-Bois près de Paris. Présenté au Festival international de la télévision à Cannes où il a fait partie des 12 finalistes, "Matilda" n’a pas l’heur de plaire à tout le monde et surtout pas aux orthodoxes traditionalistes. Lesquels trouvent que le film donne une image "indécente" du dernier tsar. Pour d’autres, l’histoire est calomnieuse et ternit l’image de celui qui est considéré comme un martyr. Des proches de la maison impériale qualifient le film de "blasphématoire". Quant aux musulmans, ils soutiennent que "Matilda" pourrait choquer la "sensibilité des croyants". A Moscou, il y a eu sept arrestations après la première de "Matilda". Déjà, en septembre 2017, quatre personnes avaient été arrêtées, elles étaient soupçonnées d'avoir incendié une voiture près de l'appartement moscovite de l'avocat du réalisateur. Précédemment, un cocktail Molotov avait été lancé à l'intérieur du studio de cinéma d'Alexeï Outchitel à Saint-Pétersbourg. Et un cinéma avait été incendié à Ekatérinbourg, cette ville de l'Oural où la famille impériale avait été exécutée le 17 juillet 1918.

Un sous-préfet amateur d'art  03/11/2017

Un sous-préfet amateur d'art
Mardi 31 octobre 2017 Hugues Malecki ancien sous-préfet de Brioude (Haute-Loire, France) aurait dû comparaître devant le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay. Mais son procès a été renvoyé au 20 mars 2018. Un simple problème de procédure en est la cause: "Il n'a pas été cité dans le délai". Malecki disposera donc de temps supplémentaire pour expliquer comment un tableau appartenant au mobilier national, a été remplacé par une copie dans les salons de la sous-préfecture de Brioude. Le haut fonctionnaire, suspendu de ses fonctions à titre conservatoire, est soupçonné de s’être approprié une huile sur toile "Dahlias" de Nathalie Gontcharoff, artiste russe naturalisée française (1881-1962).
En 2014, une institution culturelle nationale réclame l’œuvre pour une exposition et les services de l'État notent l'aspect trop neuf de cette toile, supposée être peinte dans les années 1940, et de son cadre. Ils découvrent aussi que ce même tableau a été vendu à Londres par Sotheby's en mai 2012 pour quelque 131.000€.
L’enquête de l'Office central de lutte contre le trafic de biens culturels conduit à Hugues Malecki. En 2012, il avait vendu la toile pour moins de 12.000€ à un collectionneur sur Internet. Quelques mois plus tard, ce dernier la cédait à son tour aux enchères. L’État français a dernièrement évalué cette œuvre à 900.000€.
Hugues Malecki, officier vétérinaire dans l'armée avait intégré plus tard la fonction publique d'État et il venait juste de prendre ses fonctions de secrétaire général pour les Affaires régionales de la préfecture de Normandie lorsqu'il a été mis en examen, en février 2016. Il a ensuite été placé sous contrôle judiciaire.

Changement d'heure en Europe: passage à l’heure d'hiver 2017-2018  28/10/2017

Changement d'heure en Europe: passage à l’heure d'hiver 2017-2018
Cet automne, le passage à l’heure d’hiver a lieu dimanche 29 octobre 2017 à 2 heures du matin, où il faut retirer 60 minutes à l’heure légale pour afficher 1 heure.
Le passage à l’heure d’été s'effectuera le dernier dimanche de mars 2018, il faudra alors ajouter une heure.

Ces dates sont harmonisées au sein de l’Union européenne depuis 1998: le passage à l’heure d’été s’effectue toujours le dernier dimanche de mars et le passage à l’heure d’hiver, le dernier dimanche d’octobre, dans tous les pays membres.
A noter que Benjamin Franklin était le premier a proposer le changement d'heure, au 18e siècle, mais ce n'est qu'au 20e siècle que William Willet - qui a milité contre le gaspillage de la lumière - a pu le faire appliquer afin d'économiser l'énergie. Les changements d’heure ont été instaurés en France à la suite du choc pétrolier de 1974. Sur d'autres continents, les dates peuvent changer selon les pays. Consulter la liste
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Restitution de deux tableaux à l’Autriche  26/10/2017

Restitution de deux tableaux à l’Autriche
"Paysage avec Mercure et Argus" peint en 1550 par le Flamand Lucas Gassel et "Paysage de forêt avec animaux" datant du XVIIe siècle et signé du Hollandais Roeland Savery, ont officiellement mais aussi symboliquement rejoint mardi 24 octobre 2017 les riches collections du Kunsthistorisches Museum de Vienne. En vertu d’une convention signée avec la ville de Strasbourg. En effet, ils resteront exposés dans cette ville. Les deux tableaux avaient été volés par les nazis dans les collections autrichiennes après l'Anschluss, en mars 1938. Ensuite, ils avaient été exposés à la Chancellerie à Berlin. Après la guerre, l'Autriche avait cru qu’ils avaient disparu. On ne sait cependant pas comment ils sont arrivés dans les collections du Musée des Beaux-arts de Strasbourg. Joëlle Pijaudier-Cabot, directrice des musées de Strasbourg déclare: "On a un flou absolu sur le moment de l'entrée de ces œuvres dans les collections strasbourgeoises".
En 2009, des experts autrichiens avaient retrouvé les deux tableaux dans un catalogue des collections nordiques des musées de Strasbourg. Les autorités autrichiennes ont alors contacté la ville. Et Erika Bernhard, consul général d'Autriche à Strasbourg précise: "Pour les experts, c'était une catastrophe d'avoir perdu de si beaux tableaux. Mais finalement, en 2009, ils ont été retrouvés à la joie des experts autrichiens".

Des moustaches et un bouc insolites  23/10/2017

Des moustaches et un bouc insolites
Dans le cadre de la FIAC, Foire internationale d'art contemporain, qui se tient à Paris du 19 au 22 octobre 2017, a eu lieu chez Sotheby's la vente aux enchères de la collection de l'Américain Arthur Brandt. Constituée d’œuvres dada et surréalistes, de Man Ray, Picabia, Duchamp, Salvador Dalí, Max Ernst et Yves Tanguy notamment. Et parmi elles, une des versions de la "Joconde" moustachue et pourvue d’un bouc, de Marcel Duchamp, appelée  "L.H.O.O.Q.". Cet allographe est à prononcer à haute voix!

Il faut remarquer que lors de cette vente de plus de cent œuvres, qui a totalisé 3,9 millions d'euros, frais compris, l’estimation la plus élevée, entre 700.000 et un million d'euros, n’a pas trouvé acquéreur. Il s’agissait de "Intervention d'une femme au moyen d'une machine", réalisation de Francis Picabia en 1915. Pour le reste de ce qui était présenté, selon la maison d'enchères, 70% des lots ont dépassé leur estimation haute.
Arthur Brandt a commencé sa collection en 1955 après sa rencontre avec Marcel Duchamp, lors d’une partie d’échecs. Le jeune mathématicien passionné de ce jeu se préparait à entrer à l'école de médecine et se promenait dans le parc de Washington Square au sud de Manhattan. 

Une cueillette des pois qui n’est pas de tout repos  17/10/2017

Une cueillette des pois qui n’est pas de tout repos
Ces derniers temps, deux hommes âgés s’affrontaient au tribunal de grande instance de Paris. Jean-Jacques Bauer, 87 ans, dernier petit-fils vivant de Simon Bauer, collectionneur qui avait fait fortune dans la chaussure. Il avait été dépouillé en 1943 de ses 93 tableaux de maîtres par le Commissariat aux questions juives. Et l’Américain Bruce Toll, 74 ans, grand amateur d’art. Le grief "La cueillette des pois", une gouache peinte en 1887 par l’impressionniste Camille Pissarro et l’une des œuvres prises à Simon Bauer. Lequel avait échappé à la déportation grâce à une grève des cheminots. A sa mort, en 1947, seule une petite partie de ses œuvres avait pu être récupérée. Début 2017, la famille Bauer apprenait que "La cueillette" était exposée à Paris, au musée Marmottan, prêtée par le couple Toll, dans le cadre de l’exposition Camille Pissarro "Le premier des impressionnistes" qui s’est tenue du 23 février au 16 juillet 2017. Les Toll, qui avaient acquis l’œuvre lors d’une vente aux enchères chez Christie’s à New York, ignoraient qu’elle était le produit d’une spoliation.
Le 30 mai 2017, le tribunal de grande instance de Paris a ordonné le placement sous séquestre de l’œuvre, le temps de trancher le litige. Elle a été conservée au musée Marmottan jusqu’à la fin de l’exposition, puis à l’établissement public des musées d’Orsay et de l’Orangerie. Les descendants de Simon Bauer avaient jusqu’au 14 juillet pour assigner les époux Toll. Ceux-ci ont fait appel du placement sous séquestre, précisant que l’audience était prévue le 5 décembre devant la cour d’appel de Paris. Pour revendiquer la propriété de l’œuvre, les Bauer invoquent une ordonnance de 1945 déclarant nuls les actes de spoliation.

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