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"L’enlèvement au sérail" bientôt au nouvel Opéra d’Istanbul?  08/11/2017

"L’enlèvement au sérail" bientôt au nouvel Opéra d’Istanbul?
Pourquoi pas? Lundi 6 novembre 2017, le président turc Erdoğan inaugurait le lancement d'un projet d'une salle de spectacles pour cette métropole de 18 millions d’habitants. Elle devrait être construite à la place du Centre culturel Atatürk. Le président souhaite que ce projet soit le symbole de la Turquie moderne. Ouvert au public au premier trimestre 2019, le futur Opéra devrait accueillir 2.500 personnes. Mais la démolition annoncée du Centre culturel dédié à la mémoire de Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la République Turque le 29 octobre 1923, passe pour être une provocation du pouvoir en place dans un pays où tout ce qui concerne la mémoire du Ghazi suscite toujours des réactions passionnées.
Certains pensent qu’au lieu d'une destruction, l'ancien AKM pouvant accueillir 1.307 spectateurs, aurait pu être rénové. L’architecte chargé du projet est le fils de celui qui a construit le bâtiment d'origine, ce qui pourrait apaiser les esprits et Erdoğan voudrait montrer ainsi que ce projet "ne tourne pas le dos à l'histoire". Ravagé par un incendie en 1970, l’édifice a été reconstruit et a rouvert en 1978. Il a été fermé en 2008 pour rénovation. Les travaux n'ont jamais été réalisés. La plupart des compagnies d'opéra et de ballet se produisent depuis au Süreyya Operasi, splendide bâtiment de 1927 mais qui ne dispose que de 570 places.
L’Ordre des architectes turcs d’Istanbul n’est pas d’accord. Son responsable estime que "l'AKM est un héritage culturel qui doit être protégé". Cette place Taksim, sur laquelle serait érigé le nouvel Opéra, joue un grand rôle dans la vie stambouliote, c’est là qu’ont lieu les manifestations politiques. C'est aussi là que se trouve le "Monument de la République", sculpture monumentale à la gloire du "père des Turcs" érigé en 1928.

Un éléphant peu ordinaire  06/11/2017

Un éléphant peu ordinaire
Samedi 4 novembre 2017, a eu lieu à Budapest une vente aux enchères peu banale. Un cirque hongrois mettait en vente trois œuvres d'un éléphant indien. Elles ont été vendues chacune environ 130€. Sandra, âgée de 42 ans peint avec sa trompe et "simplement par plaisir", selon son propriétaire, le directeur de cirque et acrobate à cheval Florian Richter. On dit que des lignes de couleur s'entrecroisent sur les toiles de Sandra et ressemblent à des rivières. Par ailleurs, un portrait de l'éléphant réalisé par un peintre hongrois a été vendu quelque 840€. Toutes ces sommes seront versées à un sanctuaire pour éléphants en Malaisie. 
Selon Florian Richter, Sandra ne peint que quand elle en a envie. Elle a reçu un pinceau et s’est mise à peindre. Le propriétaire ajoute: "Je ne l'aide qu'en changeant les pinceaux, ou en les plaçant dans la peinture... Elle fait plus ou moins le reste d'elle-même"

Même si les deux affaires n’ont qu’un mince rapport, on ne peut que rappeler la toile "Et le soleil s’endormit sur l’Adriatique", signée Joachim-Raphaël Boronali, anagramme d'Aliboron, nom traditionnel d'âne. En 1910, une joyeuse bande d’artistes de Montmartre avait voulu se moquer des critiques et du snobisme du monde de l’art. On utilisa la queue de l’âne Lolo qui appartenait au propriétaire du célèbre cabaret Le lapin agile. L’animal était stimulé avec des carottes et des feuilles de tabac… Le tableau figura au Salon des indépendants de 1910 à Paris. On avait alors cru à l’apparition d’un nouveau jeune peintre italien qui signait même un "Manifeste de l’excessivisme: L’excès en tout est un défaut, a dit un âne. Tout au contraire, nous proclamons que l’excès est une force". Un amateur d’art avait acheté le tableau qui fut exposé à Milly-la-forêt. On a pu le voir au Grand Palais à Paris du 2 mars au 4 juillet 2016, dans le cadre de l’exposition "Carambolages".

Liaison dangereuse  04/11/2017

Liaison dangereuse
Dangereuse, elle l’est pour le metteur en scène russe Alexeï Outchitel dont le film "Matilda" a bien failli ne pas sortir. Il est cependant sorti le 26 octobre 2017, mais la sécurité a dû être renforcée dans les cinémas où il est projeté car ils avaient reçu de nombreuses menaces. Le film relate l’idylle du futur tsar Nicolas II avec la danseuse Mathilde Kschessinska du théâtre Mariinsky de Saint-Petersbourg. Cette liaison n’a duré que quelques mois et était terminée quand Nicolas épouse Alix de Hesse-Darmstadt, petite-fille de la reine Victoria et future Alexandra Féodorovna. Par la suite, Mathilde Kschessinska a eu une liaison avec le grand-duc Serge, avant d’épouser le 30 janvier 1921 à Cannes, le grand-duc André cousin du tsar. Morte à Paris le 6 décembre 1971 à près de 100 ans, elle est enterrée au cimetière orthodoxe de Sainte-Geneviève-des-Bois près de Paris. Présenté au Festival international de la télévision à Cannes où il a fait partie des 12 finalistes, "Matilda" n’a pas l’heur de plaire à tout le monde et surtout pas aux orthodoxes traditionalistes. Lesquels trouvent que le film donne une image "indécente" du dernier tsar. Pour d’autres, l’histoire est calomnieuse et ternit l’image de celui qui est considéré comme un martyr. Des proches de la maison impériale qualifient le film de "blasphématoire". Quant aux musulmans, ils soutiennent que "Matilda" pourrait choquer la "sensibilité des croyants". A Moscou, il y a eu sept arrestations après la première de "Matilda". Déjà, en septembre 2017, quatre personnes avaient été arrêtées, elles étaient soupçonnées d'avoir incendié une voiture près de l'appartement moscovite de l'avocat du réalisateur. Précédemment, un cocktail Molotov avait été lancé à l'intérieur du studio de cinéma d'Alexeï Outchitel à Saint-Pétersbourg. Et un cinéma avait été incendié à Ekatérinbourg, cette ville de l'Oural où la famille impériale avait été exécutée le 17 juillet 1918.

Un sous-préfet amateur d'art  03/11/2017

Un sous-préfet amateur d'art
Mardi 31 octobre 2017 Hugues Malecki ancien sous-préfet de Brioude (Haute-Loire, France) aurait dû comparaître devant le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay. Mais son procès a été renvoyé au 20 mars 2018. Un simple problème de procédure en est la cause: "Il n'a pas été cité dans le délai". Malecki disposera donc de temps supplémentaire pour expliquer comment un tableau appartenant au mobilier national, a été remplacé par une copie dans les salons de la sous-préfecture de Brioude. Le haut fonctionnaire, suspendu de ses fonctions à titre conservatoire, est soupçonné de s’être approprié une huile sur toile "Dahlias" de Nathalie Gontcharoff, artiste russe naturalisée française (1881-1962).
En 2014, une institution culturelle nationale réclame l’œuvre pour une exposition et les services de l'État notent l'aspect trop neuf de cette toile, supposée être peinte dans les années 1940, et de son cadre. Ils découvrent aussi que ce même tableau a été vendu à Londres par Sotheby's en mai 2012 pour quelque 131.000€.
L’enquête de l'Office central de lutte contre le trafic de biens culturels conduit à Hugues Malecki. En 2012, il avait vendu la toile pour moins de 12.000€ à un collectionneur sur Internet. Quelques mois plus tard, ce dernier la cédait à son tour aux enchères. L’État français a dernièrement évalué cette œuvre à 900.000€.
Hugues Malecki, officier vétérinaire dans l'armée avait intégré plus tard la fonction publique d'État et il venait juste de prendre ses fonctions de secrétaire général pour les Affaires régionales de la préfecture de Normandie lorsqu'il a été mis en examen, en février 2016. Il a ensuite été placé sous contrôle judiciaire.

Changement d'heure en Europe: passage à l’heure d'hiver 2017-2018  28/10/2017

Changement d'heure en Europe: passage à l’heure d'hiver 2017-2018
Cet automne, le passage à l’heure d’hiver a lieu dimanche 29 octobre 2017 à 2 heures du matin, où il faut retirer 60 minutes à l’heure légale pour afficher 1 heure.
Le passage à l’heure d’été s'effectuera le dernier dimanche de mars 2018, il faudra alors ajouter une heure.

Ces dates sont harmonisées au sein de l’Union européenne depuis 1998: le passage à l’heure d’été s’effectue toujours le dernier dimanche de mars et le passage à l’heure d’hiver, le dernier dimanche d’octobre, dans tous les pays membres.
A noter que Benjamin Franklin était le premier a proposer le changement d'heure, au 18e siècle, mais ce n'est qu'au 20e siècle que William Willet - qui a milité contre le gaspillage de la lumière - a pu le faire appliquer afin d'économiser l'énergie. Les changements d’heure ont été instaurés en France à la suite du choc pétrolier de 1974. Sur d'autres continents, les dates peuvent changer selon les pays. Consulter la liste
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Restitution de deux tableaux à l’Autriche  26/10/2017

Restitution de deux tableaux à l’Autriche
"Paysage avec Mercure et Argus" peint en 1550 par le Flamand Lucas Gassel et "Paysage de forêt avec animaux" datant du XVIIe siècle et signé du Hollandais Roeland Savery, ont officiellement mais aussi symboliquement rejoint mardi 24 octobre 2017 les riches collections du Kunsthistorisches Museum de Vienne. En vertu d’une convention signée avec la ville de Strasbourg. En effet, ils resteront exposés dans cette ville. Les deux tableaux avaient été volés par les nazis dans les collections autrichiennes après l'Anschluss, en mars 1938. Ensuite, ils avaient été exposés à la Chancellerie à Berlin. Après la guerre, l'Autriche avait cru qu’ils avaient disparu. On ne sait cependant pas comment ils sont arrivés dans les collections du Musée des Beaux-arts de Strasbourg. Joëlle Pijaudier-Cabot, directrice des musées de Strasbourg déclare: "On a un flou absolu sur le moment de l'entrée de ces œuvres dans les collections strasbourgeoises".
En 2009, des experts autrichiens avaient retrouvé les deux tableaux dans un catalogue des collections nordiques des musées de Strasbourg. Les autorités autrichiennes ont alors contacté la ville. Et Erika Bernhard, consul général d'Autriche à Strasbourg précise: "Pour les experts, c'était une catastrophe d'avoir perdu de si beaux tableaux. Mais finalement, en 2009, ils ont été retrouvés à la joie des experts autrichiens".

Des moustaches et un bouc insolites  23/10/2017

Des moustaches et un bouc insolites
Dans le cadre de la FIAC, Foire internationale d'art contemporain, qui se tient à Paris du 19 au 22 octobre 2017, a eu lieu chez Sotheby's la vente aux enchères de la collection de l'Américain Arthur Brandt. Constituée d’œuvres dada et surréalistes, de Man Ray, Picabia, Duchamp, Salvador Dalí, Max Ernst et Yves Tanguy notamment. Et parmi elles, une des versions de la "Joconde" moustachue et pourvue d’un bouc, de Marcel Duchamp, appelée  "L.H.O.O.Q.". Cet allographe est à prononcer à haute voix!

Il faut remarquer que lors de cette vente de plus de cent œuvres, qui a totalisé 3,9 millions d'euros, frais compris, l’estimation la plus élevée, entre 700.000 et un million d'euros, n’a pas trouvé acquéreur. Il s’agissait de "Intervention d'une femme au moyen d'une machine", réalisation de Francis Picabia en 1915. Pour le reste de ce qui était présenté, selon la maison d'enchères, 70% des lots ont dépassé leur estimation haute.
Arthur Brandt a commencé sa collection en 1955 après sa rencontre avec Marcel Duchamp, lors d’une partie d’échecs. Le jeune mathématicien passionné de ce jeu se préparait à entrer à l'école de médecine et se promenait dans le parc de Washington Square au sud de Manhattan. 

Une cueillette des pois qui n’est pas de tout repos  17/10/2017

Une cueillette des pois qui n’est pas de tout repos
Ces derniers temps, deux hommes âgés s’affrontaient au tribunal de grande instance de Paris. Jean-Jacques Bauer, 87 ans, dernier petit-fils vivant de Simon Bauer, collectionneur qui avait fait fortune dans la chaussure. Il avait été dépouillé en 1943 de ses 93 tableaux de maîtres par le Commissariat aux questions juives. Et l’Américain Bruce Toll, 74 ans, grand amateur d’art. Le grief "La cueillette des pois", une gouache peinte en 1887 par l’impressionniste Camille Pissarro et l’une des œuvres prises à Simon Bauer. Lequel avait échappé à la déportation grâce à une grève des cheminots. A sa mort, en 1947, seule une petite partie de ses œuvres avait pu être récupérée. Début 2017, la famille Bauer apprenait que "La cueillette" était exposée à Paris, au musée Marmottan, prêtée par le couple Toll, dans le cadre de l’exposition Camille Pissarro "Le premier des impressionnistes" qui s’est tenue du 23 février au 16 juillet 2017. Les Toll, qui avaient acquis l’œuvre lors d’une vente aux enchères chez Christie’s à New York, ignoraient qu’elle était le produit d’une spoliation.
Le 30 mai 2017, le tribunal de grande instance de Paris a ordonné le placement sous séquestre de l’œuvre, le temps de trancher le litige. Elle a été conservée au musée Marmottan jusqu’à la fin de l’exposition, puis à l’établissement public des musées d’Orsay et de l’Orangerie. Les descendants de Simon Bauer avaient jusqu’au 14 juillet pour assigner les époux Toll. Ceux-ci ont fait appel du placement sous séquestre, précisant que l’audience était prévue le 5 décembre devant la cour d’appel de Paris. Pour revendiquer la propriété de l’œuvre, les Bauer invoquent une ordonnance de 1945 déclarant nuls les actes de spoliation.

Les marbres du Parthénon vont rester à Londres  16/10/2017

Les marbres du Parthénon vont rester à Londres
Depuis de nombreuses années, les sculptures en marbre saisies au tout début du XIXe siècle par l’ambassadeur britannique à Constantinople Thomas Bruce, 7e comte d'Elgin, sont au centre d'une querelle entre la capitale britannique et Athènes. Ces sculptures sont exposées au British Museum depuis 1816. Et la Grèce réclame en vain leur retour surtout depuis 1983, début d'une campagne lancée par Mélina Mercouri, actrice, puis ministre de la Culture. La Commission européenne par la voix de son commissaire à l’Éducation et à la Culture Tibor Navracsics répond d’une façon qui laisse peu d'espoir quant à leur retour. Et ce ne sont pas les protestations de personnes connues qui changeront le cours des choses, comme George Clooney ou Liam Neeson, qui parle de "vol" lors d'une interview à la télévision grecque, allant jusqu’à déclarer: "Les Anglais doivent renvoyer les marbres en Grèce, point final. Qu'ils les ramènent à l'endroit où ils les ont pris". Ni la demande ferme de restitution de l‘Unesco… Le député européen Stélios Koúloglou, élu du parti Syriza au pouvoir, avait demandé à la Commission dans une question écrite si, avant le Brexit, elle comptait récupérer ces frises du Parthénon auprès du Royaume-Uni.
Les Grecs se tirent de ce refus avec une plaisanterie, la Commission ne peut rien faire pour les marbres du Parthénon parce qu'ils sont trop vieux… allusion à des directives dont une précisant qu’elle ne s'applique qu'aux biens ayant quitté leur pays d'origine à partir du 1er janvier 1993.
Un récent sondage YouGov réalisé pour le Times a révélé que seulement un quart des Britanniques jugeaient que les sculptures devaient rester à Londres, la moitié estime qu'elles devaient être restituées à la Grèce, le reste des sondés étant indécis.

Une nouvelle sauvée de l’oubli et de l’ouragan  11/10/2017

Une nouvelle sauvée de l’oubli et de l’ouragan
C’est ce qui est arrivée à la première nouvelle d'Hemingway. Il l’avait écrite à l’âge de dix ans et elle avait été retrouvée en Floride. Les 14 pages du carnet contiennent, en plus de cet écrit, de nombreuses notes sur la grammaire et la ponctuation ou quelques vers. Des pages commencent par: "Nous partons en voyage en Europe", avec la date, 8 septembre 1909. La découverte en a été faite en mai 2017 dans les archives de la famille Bruce, des amis d’Hemingway. Mary Welsh Hemingway, quatrième et dernière femme du romancier, avait passé des années à rassembler les lettres, carnets et manuscrits inachevés de son époux et leur en avait confié une partie à Key West en Floride. Cette première œuvre de fiction de l'auteur américain aurait pu disparaître lors du passage de l'ouragan Irma.
Le 27 septembre 2017, Sandra Spanier est retournée à Key West accompagnée de l’écrivain et historien américain Brewster Chamberlin. Partout des décombres et des arbres déracinés sur les routes mais la maison de l’écrivain est intacte, ainsi que le carnet contenant la nouvelle. Sandra Spanier rappelle que lorsque l'écrit avait été découvert, elle pensait qu’il s’agissait d’un carnet de route ou de voyage du jeune Hemingway. En rendant visite à Brewster Chamberlin, elle comprend que l'auteur du "Vieil homme et la mer" et de tant d’autres romans à succès, n'a jamais effectué ce voyage en Europe. L’historien confie "J’ai été extrêmement surpris. C'est quelque chose d'extraordinaire, ni plus ni moins que la première incursion d'Hemingway dans la fiction, à l'âge de dix ans!".
Naturellement le style n'est pas encore celui de l’écrivain que l’on connaît mais déjà, paraît-il, certains éléments sont déjà présents. L’ami Bruce, chez qui le carnet était déposé voudrait le vendre. "Il mérite d'être dans un endroit où l'on pourra l'étudier", dit-t-il.

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