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2019 : quel bilan pour les journalistes ?


Par Elise Venet Rédigé le 08/01/2020 (dernière modification le 27/12/2019)

Si l'ONG Reporters sans frontières présente un bilan relativement positif de l'exercice du métier de JRI, pointant une baisse significative de correspondants ou journalistes locaux décédés dans l'exercice de leur fonction en 2019, le bilan est inégal à l'échelle mondiale. Exclusion de caricaturistes, assassinats politiques d'investigateurs... Zoom arrière sur l'année écoulée.


Couverture internationale

Photo de Bank Phrom sur Unsplash
Photo de Bank Phrom sur Unsplash
Fondée en 1985, Reporters sans frontières (RSF) publie chaque année le classement mondial de la liberté de la presse, devenu une référence mondiale au fil du temps. Cette année le bilan présenté rapporte une "baisse spectaculaire du nombre de journalistes tués de 44 % par rapport à l’année précédente." C'est un chiffre historiquement bas, en particulier sur les théâtres d'opérations militaires que représentent la Syrie, le Yémen et l'Afghanistan.

Sombre et relativement surprenant constat, néanmoins, du côté des pays dits “en paix”. Ils comptent autant de victimes que l'année passée, avec une nuance : aucun journaliste n’a perdu la vie lors d’un reportage à l’étranger, l’ensemble des tués l’ayant été dans leur propre pays. Les pays les plus meurtriers sont ainsi, dans l'ordre : le Mexique (10 morts), la Syrie (10 morts), l'Afghanistan (4 morts), le Pakistan et la Somalie (3 morts). L'ONG pointe du doigt l'Amérique latine comme le continent le plus instable pour les professionnels de l'information souvent impliqués dans des enquêtes contre la corruption des dirigeants locaux, ou sur des problématiques environnementales et économiques.

En matière d'emprisonnement, les arrestations et détentions arbitraires se sont accrues. Elles sont dues aux manifestations et aux mouvements de contestation qui surviennent un peu partout dans le monde, notamment en Algérie, à Hong Kong, où les agressions de journalistes se multiplient, tout comme au Chili et en Bolivie. La Chine reste le pays le plus répressif contre ses opposants politiques puisqu'elle compte désormais 120 journalistes incarcérés, dont un bon nombre se sont intéressés aux camps d'emprisonnement ouïghours.

Dessins de presse

Les caricaturistes de tous bords ont vu leur liberté d'expression mise à mal au cours de ces dernières années, de l'affaire des caricatures de Mahomet en 2005 au retrait unilatéral des dessins à caractère politique du New York Times, récemment. En Turquie, en Chine, en Russie, en Bolivie et au Nicaragua ainsi qu'en Algérie, des dessinateurs de presse depuis longtemps établis, ont purgé (ou purgent encore) des peines pour quelques coups de crayons qui ont déplu. La faute, comme bien souvent, aux groupes de pressions et aux chaînes de fake news relayées sur les réseaux sociaux.

Le supplément du 19 décembre 2019 du Courrier International détaille ainsi : "Le dessin de presse n'avait vraiment pas besoin [d'être muselé.] Il est déjà affaibli économiquement et victime de la censure dans de nombreux pays : en Turquie, Musa Kart sort à peine de prison, mais sa condamnation demeure ; au Nicaragua, Pedro Molina a dû fuir son pays, comme Rayma au Vénézuela ou Denis Lopatine en Russie; l'artiste chinois Badiucao vit en Australie, où il peut travailler. Enfin, l'artiste algérien Nime vient d'être condamné à de la prison ferme pour des dessins satiriques sur la succession de Bouteflika."

Cartooning For Peace, association fondée par Plantu, en rappelle d'ailleurs l'essence sur son site internet : "Les dessins de presse nous font rire. Sans eux, nos vies seraient bien tristes. Mais c’est aussi une chose sérieuse: ils ont le pouvoir d’informer mais aussi d’offenser". Kofi Annan, Prix Nobel pour la Paix, au colloque "Désapprendre l’intolérance", New York, 16 octobre 2006.

Déclin des médias locaux, les cas américain et français.

Aux États-Unis, de vastes zones géographiques ne sont plus couvertes par la presse locale, en particulier des zones rurales peu habitées. En quinze ans, on estime que les titres régionaux ont perdu la moitié de leurs effectifs. "D'après une étude de l'organisation PEN America, 1.800 titres de presse ont fermé depuis 2004. Et près de 200 comtés (sur un total de 3.000), à travers le pays, se retrouveraient aujourd'hui non couverts. Ce sont ainsi 65 millions d'Américains qui vivent aujourd'hui dans des régions où il n'y a qu'un seul journal local, ou même aucun", révèle un article du Nouvel Économiste.

Cette chute drastique s'explique notamment par la baisse de rentabilité des revenus publicitaires et la primauté des médias web. Le premier employeur de journalistes est désormais la télévision américaine. La situation varie peu en France, avec des plans sociaux survenus dans l'ensemble des grandes rédactions régionales comme La Voix du Nord ou La Provence. Si la première cause correspond au vieillissement de la population dans l'Hexagone, la seconde quant à elle tient également à la baisse des recettes publicitaires, qui constituaient jusqu'alors 1/3 des revenus des médias locaux.
 

2019_quel_bilan_pour_les_journalistes.mp3 2019 quel bilan pour les journalistes.mp3  (390.66 Ko)










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