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Des rééditions qu’on n’attendait pas


Par Rédigé le 02/06/2021 (dernière modification le 02/06/2021)

Deux œuvres de deux femmes célèbres en leur temps mais qu’on ne lit pas particulièrement aujourd’hui, la comtesse Anna de Noailles et l’Américaine Natalie Clifford Barney.



La première était née Anna Elisabeth Bassaraba de Brancovan le 15 novembre 1876 dans le VIIe arrondissement de Paris.Dans cctte riche famille d’origine roumaine, elle reçoit une excellente éducation plutôt orientée vers les arts. Elle manifeste très tôt un goût prononcé pour la poésie qu’elle développera au contact de la nature dans la propriété familiale d’Amphion au bord du lac Léman, entre Evian et Thonon.

Le 17 août 1897, elle y épouse le comte Mathieu de Noailles, ils auront un fils Anne-Jules qui se mariera avec Hélène de Wendel et mourra en 1979. Le salon de la comtesse est fréquenté par tout ce qui compte dans le Paris de l’époque. Elle trouvera le temps d’écrire quatre romans, de nombreux recueils de poésie et sera appréciée par ses contemporains.

En 1904, avec d'autres femmes, dont l’archéologue Jane Dieulafoy, Julia Daudet,l’épouse d’Alphonse Daudet ,la féministe Séverine et Judith Gautier, fille de Théophile Gautier, elle crée le prix «Vie Heureuse», émanation de la revue «La Vie heureuse». En 1922, il deviendra le prix Fémina, elle en sera la présidente durant la première année, De nombreux artistes célèbres firent son portrait, Antonio de la Gandara, Kees van Dongen, Jacques-Émile Blanche, et naturellement Philip Alexius de Laszlo, le peintre attitré de l’aristocratie.En 1902, le prix Archon-Despérouses décerné par une fondation de l'Académie française, couronne son premier recueil de poèmes «Le Cœur innombrable».Et l’année suivante, elle lui attribue le grand prix de littérature.

En 1994, la même Académie créera un prix en son honneur.Elle a été la première femme élevée au grade de commandeur de la Légion d'honneur et aussi la première à entrer en 1921 à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, au fauteuil 33 qu’occuperont plus tard Colette puis Jean Cocteau. Anna de Nouilles meurt à Paris le 30 avril 1933 et elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise. Son cœur a été placé dans une urne du temple édifié au centre du parc de la propriété d'Amphion.

Quelques mois avant sa mort, Anna de Noailles commence la rédaction de ses ses mémoires qu’elle n’aura pas le temps de terminer. «Le Livre de ma vie» décrit une enfance et une adolescence heureuses malgré une santé fragile, entre Paris et la villa Bessaraba d’Amphion. Auprès d’un père qui mourra quand elle aura dix ans, le prince de Valachie Grégoire Bibesco-Bassaraba de Brancovan et son frère aîné Constantin et sa sœur cadette Hélène. Sa mère pianiste, est issue d’une famille phanariote de Constantinople d’origine crétoise

«Le Livre de ma vie» était paru en juin 2008 aux éditions Bartillat avec une préface de François Broche, grand connaisseur d’Anna de Nailles puisque dès 1989 chez Robert Laffont, il lui avait consacré une biographie de référence «Anna de Noailles, un mystère en pleine lumière».
Le 6 mai 202,1 «Le Livre de ma vie» reparaissait aux mêmes éditions Bartillat, mais dans la collection Omnia Poche. Elle est augmentée de deux textes peu connus «Ici finit mon enfance», avant-propos aux »Poèmes d'enfance», et «La Lyre naturelle», texte d'une conférence restée inédite. Ainsi, l’on a une idée plus complète de celle que Proust appelait "une femme-mage" et Anatole France « la «petite Assyruenne».

Nouvelles pensées de l'Amazone

Sous ce titre paraissait le 15 avril dernier dans la Collection L'Imaginaire des éditions Gallimard, cette oeuvre de Natalie Clifford Barney, avec une présentation de Suzette Robichon et un prélude de Félicia Viti. «Nouvelles pensées d'une Amazone» avaient été publiées en 1939 au Mercure de France puis aux éditions Ivrea en 1996 Elles avaient été précédés en 1920 par «Pensées de l’Amazone». 

Natalie Clifford Barney était née le 31 octobre 1876 à Dayton dans l’Ohio, spn père avait fait fortune dans les chemins de fer et sa mère était une femme d’une grande liberté, peintre écrivain. En 1886, elle emmène ses deux filles en France où elles passent plusieurs mois. Natalie parlera français à la perfection. En 1899, revenue à Paris, elle a une liaison avec la courtisane de la Belle époque Liane de Pougy dont attesteront le roman de cette dernière «Une idylle saphique» publiée en 1901 et la parution de «Correspondance amoureuse».

Epouvanté, son père la somme de revenir aux Etats-Unis, puis finalement la laisse repartir pour Paris où elle multipliera les conquêtes, Colette ou la cantatrice Emma Calvé entre autres. En 1902,la mort de son père fait d’elle une très riche héritière. Elle loue alors une maison à Neuilly-sur-Seine où elle donne des fêtes qui font scandale. En 1909, elle s’installe au 20 rue Jacob, VIe arrondissement parisien, dans un pavillon avec jardin et surtout le Temple de l’Amitié, une construction qui a suscité beaucoup de curiosité, on s’interroge encore sur son origine. Une maison où elle vivra pendant une soixantaine d’années, si l’on excepte celles de la Seconde Guerre qu’elle passa en Italie. Le salon littéraire qu’elle y a tenu jusqu’à la fin des années 1950, le vendredi ,a vu passer toutes les célébrités du monde entier Auguste Rodin, James Joyce, Paul Valéry qui y lira pour la première fois son célèbre poème «Le cimetière marin», Jean Cocteau, Rilke, Marguerite Yourcenar, André Gide, Isadora Duncan, Paul Claudel le couple Fitzgerald ou Hemongway notamment.

En avril 1910, son recueil d'aphorismes, Éparpillements, connaît le succès. De ce genre, elle fera une spécialité qui éclipsera ce qu’elle a pu écrire par ailleurs, romans, poèmes, recueil de portraits, de souvenirs ou mémoires. Elle écrira sans illusion “Féminisme: rendre les femmes éligibles – elles, au moins, n’ont pas encore donné toute la mesure de leur bêtise !”.Elle rencontre à cette époque l’écrivain critique d’art Remy de Gourmont, qui lui vouera un amour platonique et lui adressera les Lettres à l'Amazone, surnom qu'elle gardera jusqu'à la fin de sa vie et qui lui allait si bien. Même si son salon qu’elle a rouvert en 1949 n’est pas aussi brillant qu’avant guerre, elle conserve une certaine notoriété et publie «Souvenirs indiscrets» en 1960, et «Traits et Portraits» en 1963.

Elle a perdu presque tous ses amis et ses dernières années sont gâchées par les exigences de ceux qui convoitent sa demeure du 20 rue Jacob. Elle déclarera «Mon salon est un monument de la littérature contemporaine. Personne n’a le droit d’y toucher. J’ai juré de défendre jusqu’à mon dernier souffle cette maison où l’esprit a régné». Des arguments qui ne touchent pas en général les promoteurs et l’expulsion la guette. Malgré les pétitions en sa faveur qui circulent alors pour sauver ces lieux, elle partira finalement et s’installera à l'Hôtel Meurice où elle mourra d’un arrêt cardiaque le 2 février 1972, elle avait 95 ans Elle est inhumée au cimetière de Passy avec sa sœur Laura, femme de lettres elle aussi.








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