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Des supporters niçois aux premières loges


Par Rédigé le 13/11/2018 (dernière modification le 13/11/2018)

Si la plupart des passionnés de l'OGC Nice se rendent à l'Allianz Riviera pour simplement assister à un match, le club propose aussi des places en loges où les prestations offertes dépassent largement le cadre du football. Lors de la rencontre opposant le "Gym" à Amiens le samedi 3 novembre 2018, nous avons pu les tester pour vous. Retour sur une soirée pétillante.


Sous les tribunes de l'Allianz Riviera, un autre monde. Photo (c) Serge Gloumeaud
Sous les tribunes de l'Allianz Riviera, un autre monde. Photo (c) Serge Gloumeaud
article_1.mp3 Supporters niçois.mp3  (2.24 Mo)

"En même temps que les billets, je vous envoie la carte d'accès au parking, situé directement sous le stade" nous informe notre interlocuteur. Le ton est donné. Le supporter lambda de l'OGC Nice subira les embouteillages pour rejoindre la plaine du Var, l'attente pour accéder aux parkings extérieurs et l'entassement dans les navettes pour rejoindre le parvis. Quant à nous, un laisser-passer nous permettra de franchir tous les barrages de sécurité (quatre au total!) pour nous engouffrer vers le parking situé... sous notre tribune.

Une fois l'automobile garée, de nombreux agents d'accueil nous guident dans cet immense parking semblable à ceux que l'on trouve dans les centres commerciaux. "On n'a vraiment pas l'impression d'arriver dans un stade!" s'étonne un jeune supporter découvrant lui aussi l'expérience d'une place en loge.


Un accueil VIP

Après une fouille corporelle, nous sommes conduits vers des ascenseurs. Peut-être y-a-t-il des escaliers mais, probablement au vu de notre statut d'un soir, on ne songe même pas à nous les proposer. À l'intérieur de la cabine, une hôtesse vérifie nos billets et appuie sur le bouton de l'étage correspondant à notre "salon". Direction la "Brasserie des Aiglons", l'oiseau en question étant le nom traditionnellement donné aux joueurs niçois.

De longues minutes se sont écoulées depuis notre arrivée au stade et il nous tarde maintenant de retrouver l'ambiance traditionnelle des enceintes de football. Mais il faut encore patienter puisqu'à l'étage, une autre hôtesse (c'est déjà la troisième que nous croisons ce soir!) nous attend. Elle nous invite à tendre notre poignet autour duquel elle attache deux bracelets de couleurs différentes. "Le bracelet orange vous permet d'accéder au salon "Brasserie des Aiglons". Avant le match, une entrée vous sera servie. À la mi-temps, le plat principal. Après le match, le dessert. Comme il est tôt, vous pouvez aussi vous rendre au bar pour prendre un apéritif." nous indique-t-elle. Et le rouge? "Il vous permettra de bénéficier de l'option "Baie des Anges". Mais seulement à la fin du match!" précise-t-elle sur un ton énigmatique.

Sauté de canard au pays des aiglons

"Bienvenue dans la salle de mariage!" Celui qui ne sait pas où il se trouve pourrait s'y méprendre. Dans ce salon aussi long que la tribune sous laquelle il se trouve, des dizaines de tables rondes sont installées et recouvertes de nappes rouges. Les assiettes noires complètent ce décor fidèle aux couleurs du club. Les couverts sont en place, de même que les petits fours composant notre entrée. Les parois donnant vers le terrain sont vitrées, permettant aux "convives" d'y jeter un œil de temps en temps, ne serait-ce que pour s'assurer qu'ils se trouvent bien dans un stade.

À table, chacune d'entre elles accueillant dix supporters-gastronomes, un de nos voisins saisit la carte du menu et la lit à haute voix, à la manière d'un serveur de La Tour d'Argent : "Avant match: rôti de bœuf, jambon cuit, sablé tapenade-mozzarella, mousse chèvre-miel et salade, pomme de terre aïoli aux petits légumes. Mi-temps: sauté de canard et polenta crémeuse, maki de cabillaud, risotto de haricots verts, mini hot-dog. Après-match: fromages au plateau, tiramisu fruits rouges, tarte pamplemousse coco, choux vanille citrus, financier noisette." Adieu le foot. Bienvenue au restaurant gastronomique de l'Allianz Riviera où le service est rythmé par le déroulé du match. Les yeux brillent. Les papilles pétillent. Nous sommes à des années lumières des pizzas industrielles et des fades sandwichs servis dans les buvettes des tribunes populaires. Des buvettes où la vente d'alcool est strictement interdite, alors que le vin et la bière coulent à flots à la Brasserie des Aiglons.

Et le football, dans tout ça?

La richesse du menu et l'atmosphère du salon conduiraient - presque - à oublier le but de notre venue ce soir: le football. Ce n'est pas le cas de notre voisine, vêtue du maillot de l'OGC Nice, qui s'en va rejoindre son siège en tribune tout en s'exclamant: "Ce soir, c'est sûr, on gagne!" Il n'est pas interdit de rester assis à table durant le match, mais pour assister à la rencontre dans les meilleures conditions, un large et confortable fauteuil est à notre disposition à l'extérieur.

La vision sur l'aire de jeu est parfaite. Au centre, proche du terrain et des joueurs. Tout amoureux de football se régalerait de profiter d'un match dans ces conditions. Malheureusement, le spectacle offert par les vingt-deux acteurs n'est pas à la hauteur de notre menu. Lors de cette première mi-temps, nous n'aurons droit qu'à un seul petit but, marqué contre son camp par un Amiénois...

Dès que l'arbitre siffle la pause, les convives se ruent vers le salon, manifestement inquiets de n'avoir que quinze minutes pour déguster le plat principal. Un temps bien évidemment trop court... Lorsque le match reprend, la majorité des supporters n'a pas encore eu le temps de prendre le maki (de cabillaud). Qu'importe, il faut faire des choix et, pour certains, c'est l'estomac qui décide. Ils resteront à table. Le club a cependant tout prévu pour leur éviter de manquer un but puisque le salon est équipé d'écrans diffusant le match en direct. Ouf!
La fin de la rencontre sera sifflée sur cette courte victoire du Gym, comme prédit par notre voisine experte en pronostics.

Les desserts sont déjà dans nos assiettes et les bouchons de champagne sautent pour fêter la victoire. Dehors, les autres supporters doivent se presser vers les bus où, entassés, ils seront conduits vers les parkings. Ils devront ensuite faire preuve de patience avant de pouvoir en sortir pour se mêler aux traditionnels bouchons. Pendant ce temps-là, nous trinquons et poursuivons notre dégustation en attendant impatiemment de découvrir la mystérieuse option "Baie des Anges".

Lorsque le monde du foot devient le monde de la nuit

"Vous verrez, c'est une sorte de boite de nuit" nous met dans la confidence l'agent de sécurité tout en nous ouvrant une porte dérobée, non sans avoir vérifié que nous portions bien le bracelet rouge. Un long couloir et quelques escaliers plus loin, nous entrons dans un salon où la première chose qui frappe est le volume assourdissant de la musique. Le son des basses fait vibrer nos corps. La lumière tamisée et les faisceaux colorés des spots complètent ce décor de night-club. Derrière les comptoirs, les barmen servent le champagne à volonté aux clients qui vont ensuite s'installer dans des fauteuils autour de tables basses. Les maillots rouge et noir et les écharpes de supporters sont rangés. La tenue de soirée semble être de rigueur. Au fond de la salle, un des clous du spectacle: une fontaine à chocolat assaillie de gourmands et de gourmandes qui y trempent (en tout bien tout honneur) leurs chamallows.

Derrière les parois vitrées de la boite de nuit, la vision irréelle et presque surprenante d'un stade qui est désormais plongé dans la pénombre. Le monde du football a laissé place au monde de la nuit et de la fête. Un monde accessible aux chanceux, la plupart invités par des entreprises qui offrent ces soirées à leurs clients venus (aussi) pour faire des affaires. Ces lieux sont devenus "the place to be" pour nouer des relations, élargir son réseau et faire du business. Pour les autres, alors qu'il faut débourser en moyenne 30 euros pour un siège en tribune classique, une place avec accès à la Brasserie des Aiglons et au salon Baie des Anges revient à plus de 200 euros. C'est cher mais à Nice, c'est le prix à payer pour être aux premières loges.










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