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Etats-Unis : Une procédure de destitution comme argument de campagne


Par Rédigé le 26/01/2020 (dernière modification le 26/01/2020)

Le lundi 21 janvier a marqué le début du procès de Donald Trump devant le Sénat. Le président qui est sous le coup de deux chefs d'accusation, "abus de pouvoir" et "obstruction au travail du Congrès", risque la destitution, du moins dans les faits.


Troisième mise en accusation de l'Histoire américaine

Après Andrew Jackson et Bill Clinton, c'est au tour de Donald Trump d'être mis en accusation et de risquer la destitution. (c) Flickr Gage Skidmore
Après Andrew Jackson et Bill Clinton, c'est au tour de Donald Trump d'être mis en accusation et de risquer la destitution. (c) Flickr Gage Skidmore
L’Histoire, quel président ne rêve pas d’en faire partie ? Donald Trump, depuis son élection, ne loupe d’ailleurs pas une occasion de pouvoir y graver son nom. Avec le vote à la Chambre, qui arrive à moins d'un an du scrutin présidentiel, c’est certain que cette partie de son mandat ne passera pas sous silence. Donald Trump, avec ce vote, devient le premier président américain à subir une procédure de destitution dans le cadre d’un premier mandat. Néanmoins, il n’est pas le seul à avoir été confronté à une telle situation.

Avant lui, en 1868, il a été reproché au président Andrew Jackson d’avoir illégalement congédié son secrétaire d’État à la Guerre. 30 ans après, en 1998, Bill Clinton se parjure pour cacher sa liaison avec Monica Lewinsky alors stagiaire de la Maison-Blanche. Tous deux ont été mis en accusation et acquittés par le Sénat. Donald Trump connaîtra probablement le même sort. Le Sénat à majorité républicaine étant prêt à tout pour maintenir son président. Mais avant d’arriver à la décision définitive, comprenons d’abord le principe.


 

La Chambre accuse, le Sénat juge

Nicole Pelosi et la Chambre ont tranché, Donald Trump sera jugé pour "abus de pouvoir" et "obstruction au travail du Congrès". Désormais son sort est entre les mains des Sénateurs. (c) Office of U.S House Speaker
Nicole Pelosi et la Chambre ont tranché, Donald Trump sera jugé pour "abus de pouvoir" et "obstruction au travail du Congrès". Désormais son sort est entre les mains des Sénateurs. (c) Office of U.S House Speaker
Le vote en faveur de l'impeachment par la Chambre n'entraîne pas automatiquement la destitution du président. Cependant, il marque le lancement d’un procès. Dans le cas Trump, il a débuté le 21 janvier. Comme dans tout procès, des parties vont s’opposer. Ainsi la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a dû nommer plusieurs représentants pour mener l'accusation. Face à eux, d'autres membres du Congrès ainsi que des avocats de la Maison-Blanche, sont chargés d’assurer la défense de Donald Trump. Les deux parties plaident devant les sénateurs, qui au final décideront de condamner ou non le président. Si sur les 100 sénateurs présents au moins 67 jugent le président coupable, alors Donald Trump sera destitué et immédiatement remplacé par son vice-président, Mike Pence. Une nouvelle fois, il s’agit d’un scénario très peu probable, au vu de la force républicaine au Sénat.

Alors même que ce jugement est censé se faire de manière impartiale, le chef de file du parti au Sénat, Mitch McConnell, a lui-même annoncé la couleur, exprimant son intention d’acquitter rapidement le président. D’après lui, la Chambre a conduit "i[l'enquête en destitution la plus précipitée, la moins complète et la plus injuste de l'histoire moderne des Etats-Unis […] le Sénat doit maintenant rétablir la justice]i". Ce procès, très encadré, se passera tout de même sous l’œil des caméras. En bref, une procédure publique où chaque partie va défendre sa position tout en détruisant la ligne de défense de son adversaire. Comme un avant-goût d’un duel présidentiel ! Et finalement, il est juste de se demander si en réalité ce procès n’est pas une manière de lancer la campagne de novembre 2020.

Une seconde ingérence présidentielle ?

Une nouvelle fois, les présidentielles américaines sont secouées par une affaire d'ingérence. D.Trump est en effet accusé d'avoir demandé à son homologue ukrainien de mener une enquête sur son concurrent principal de 2020 à savoir Joe Biden. (c) Flickr Michael Stokes
Une nouvelle fois, les présidentielles américaines sont secouées par une affaire d'ingérence. D.Trump est en effet accusé d'avoir demandé à son homologue ukrainien de mener une enquête sur son concurrent principal de 2020 à savoir Joe Biden. (c) Flickr Michael Stokes
Dans les faits, si la procédure d’Impeachment a été lancée, c’est suite aux révélations faites par un lanceur d’alerte. Ce dernier a rapporté l'existence d'un appel téléphonique entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky en date du 25 juillet. Au cours de l’échange, le président américain aurait exercé des pressions sur son homologue, afin qu'il enquête sur l'ancien vice-président Joe Biden et son fils Hunter. De 2014 à 2019, Hunter Biden a siégé au conseil d’administration de Burisma Holdings, une compagnie de gaz naturel ukrainienne. À plusieurs reprises, Donald Trump a suggéré que Joe Biden protégeait les affaires de son fils. C’est donc une nouvelle affaire d’ingérence qui a été mise sur le devant de la scène, Biden étant l'un des premiers concurrents de Trump pour la présidentielle de 2020.

Pour faire pression, le président Trump aurait suspendu une aide militaire américaine de près de 400 millions de dollars. Le président américain aurait également refusé d'accorder une entrevue à la Maison-Blanche au président ukrainien Volodymyr Zelensky. Des accusations qui lui ont valu d'être poursuivi pour "abus de pouvoir" et "obstruction au travail du Congrès". Ainsi, il aura à se défendre contre ces deux chefs d’accusation. Qui des démocrates ou des républicains réussira à convaincre le peuple ? Car c’est ça la réelle finalité du procès. La décision du Sénat étant déjà prise, il vise à présenter des arguments pour défendre son parti, et casser l’autre, de manière à influencer l'opinion publique pour la campagne électorale.

Une campagne présidentielle à un stade avancé

Le peuple américain est plus que jamais divisé avec cette procédure d'Impeachment. Certains défendant bec et ongle leur président, d'autres encourageant sa destitution. (c) Master Steve Rapport
Le peuple américain est plus que jamais divisé avec cette procédure d'Impeachment. Certains défendant bec et ongle leur président, d'autres encourageant sa destitution. (c) Master Steve Rapport
Le premier à profiter de cette procédure, c’est le président Trump lui-même. Ce dernier tentant de retourner la situation en sa faveur en mettant en avant "une chasse aux sorcières". Dès l’annonce, le président a dénoncé la "haine" des démocrates. Pour lui, les démocrates ne chercheraient qu’à ternir son mandat tout en faisant abstraction de ses succès. "Pendant que nous créons des emplois et que nous nous battons pour le Michigan, la gauche radicale au Congrès est rongée par l'envie, la haine et la rage, vous voyez ce qu'il se passe", a-t-il lancé lors d'un meeting de campagne à Battle Creek.

Le 45ème président des Etats-Unis joue aussi sur la corde sensible de la légitimité. Il a été élu par le peuple et les démocrates tenteraient d’aller à l’encontre de cette décision. S’adressant directement aux Américains via son compte Twitter, il a expliqué qu’"en réalité, ce n'est pas après moi qu'ils en ont, c'est après vous. Je suis juste dans le chemin". Dans une lettre adressée à la présidente de la majorité démocrate, Nancy Pelosi, il a aussi précisé qu’ "en poursuivant cette mise en accusation infondée, vous déclarez une guerre ouverte contre la démocratie américaine" et de poursuivre sur sa certitude "sur le fait que le peuple américain vous tiendra responsable, avec les démocrates, lors de l'élection de 2020".

Bien évidemment, le président n’est pas le seul à tenir de tels propos. Son parti, bien que conscient de certaines dérives, s’aligne. "Ils ne détestent pas seulement Donald Trump, ils détestent les 63 millions d’Américains qui ont voté pour ce président" a notamment lancé l’élu républicain Steve Scalise. Pour le parti, la procédure de destitution est "une blague absolue", une "supercherie", qui ne s’appuie sur "aucun fait". Selon eux, le président Trump n’a pas exercé de chantage dès lors que l’enveloppe a été versée sans aucune contrepartie.

Mais pour les démocrates, ça ne change rien, le seul fait d’avoir eu l’idée d’agir suffit. "i[Un stratagème […] n’en devient pas moins répugnant parce qu’il a été découvert avant d’être totalement mené à bout]i" a notamment répondu Adam Schiff, qui a été chargé de l’enquête. Quant au fait que la procédure est une attaque personnelle avec pour réelle base une divergence politique, les démocrates répondent que non. Pour eux, Trump a trahi son serment. D’après A. Schiff, "il était prêt à sacrifier notre sécurité nationale (…) pour améliorer ses chances de réélection".

Une réélection qui ne dépendra que du peuple américain, qui pour le moment semble lui même divisé. D'après les sondage effectué la moitié des Américains continuent de soutenir leur président, tandis que l'autre moitié espère que cette procédure va aboutir à une destitution afin de pouvoir être libéré du candidat Trump.


 

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