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Femme, Africaine, sportive pratiquante, et de haut niveau


Malgré le poids des traditions et de la culture, l’Afrique rayonne dans le monde entier grâce à ses championnes. Qu’elles soient Sénégalaises, Tunisiennes, Marocaines, Ivoiriennes ou Togolaises, beaucoup sont d’authentiques championnes qui rivalisent avec les sportives des autres continents, et beaucoup occupent des postes de dirigeantes sportives.


Fatma Samoura, secrétaire générale de la FIFA. Photo (c) Nando65
Fatma Samoura, secrétaire générale de la FIFA. Photo (c) Nando65
nathalie_nouameshi.mp3 Nathalie Nouameshi.mp3  (496.12 Ko)

Le poste de secrétariat général de la FIFA est aujourd’hui occupé par une Sénégalaise, le sélectionneur national de l’équipe de basketball du Bénin est une femme, et le comité de normalisation du football au Mali est présidé par une femme.

C’est connu, les disparités entre les hommes et les femmes sont présentes dans tous les domaines y compris celui du sport qui reste, dans une vision largement répandue, une citadelle masculine. L’inégalité entre les deux sexes existe aussi bien dans la pratique du sport que dans l’accès aux responsabilités sportives.

En Afrique, elle s’ajoute au retard d’intégration de la femme au sport, et s’explique par le conservatisme qui caractérise la société, par le manque d’une vision féminine dans les médias et par l’écart dans le ratio comparé aux hommes dans tous les domaines (analphabétisme, mortalité, activité économique, chômage, pauvreté, postes à hautes responsabilités…). Seules les activités traditionnelles lui sont facilement attribuées (famille, enseignement scolaire, santé...). En revanche, les femmes originaires des classes moyenne ou riche, citadines, et d’un certain niveau culturel peuvent avoir la chance d’accéder à la pratique sportive. Malgré les discriminations et les inégalités, le sport des femmes maghrébines, en particulier marocaines, a connu une évolution remarquable lors de ces dernières décennies. Toutefois, le pourcentage de leur présence reste faible. Au Cameroun, société patriarcale, le sport est réservé aux hommes. L’importance de la femme n’est effective qu’au foyer. Par contre, la pratiquante du sport est considérée comme une "femme facile", qui ne répond pas aux normes de la société, laquelle refuse la pratique féminine du sport considérée comme une exposition du corps. Les tâches qui sont dévolues à la fille durant toute son éducation sont celles d’épouse, de mère dans le cadre du travail domestique. Difficile dans ce contexte de prétendre s’adonner à la pratique du sport. Malgré les difficultés, elle a pu obtenir une place dans les compétitions nationales et internationales. Mais c’est encore insuffisant puisque dans une société camerounaise à dominante traditionnelle, le chemin à parcourir est encore long.

La femme sénégalaise quant à elle, a intériorisé dès son enfance qu’elle n’est pas faite pour le sport à cause des obligations ménagères auxquelles elle serait destinée. Ce qui semble être encouragé par les règles appliquées pour elle à l’école et au lycée. A titre d’exemple, les mauvaises notes en sport. De plus, elle se trouve dans une société où l’islam est dominant, ce qui exige un certain code vestimentaire alors que le sport est rétif au voile. Autre obligation pour la femme sénégalaise qui pratique le sport, les tests médicaux qu’on lui fait suivre pour déterminer le sexe féminin (l’hermaphrodisme). Cela constitue un handicap pour l’intégration de la femme au sport. De plus, le sport de haut niveau a longtemps été une entrave au mariage pour la femme sénégalaise. Globalement, la femme sénégalaise est ainsi contrainte de remplir les tâches qu’on lui attribue et de respecter la hiérarchie dans la société.

La femme togolaise ne fait pas exception. Même si son accès à la pratique sportive a beaucoup évolué. Aujourd’hui quelle que soit la couche sociale dont elle est issue, la femme togolaise peut s’adonner au sport. Charles Panou, directeur de l’académie nationale olympique du Togo ne peut s’empêcher d’évoquer le poids de la tradition qui reste un élément de blocage à la base et dont il estime qu’il faut faire fi aujourd’hui. "Depuis 2010, l’académie nationale olympique du Togo a mis en place une politique tournée vers la jeune fille et les sports. Nous avons aujourd’hui une génération de fille qui pratique les disciplines olympiques, comme les jeunes garçons. Le sport forge le caractère, il est aussi une porte de sortie au chômage, c’est comme ça, je motive les jeunes filles". Aujourd’hui, elles occupent même des postes de responsabilités en matière de sport. Amouzou Djake, première femme ministre des Sports au Togo, Attoh Kafui Kpegba dirigeante, Albertine de Souza, Florence Eze ou encore Nathalie Nouameshi (en podcast audio ci-dessus), Odile d’Almeida, elles sont nombreuses à avoir marqué l’histoire de la femme dans le sport au Togo. Nathalie Nouaméshi est membre du Comité national olympique au Togo, arbitre internationale de volleyball. Elle a dédié toute sa vie au sport. "Le sport m'a tout donné, parce qu’il a été depuis mon enfance au premier plan dans ma vie. Je ne récolte que les fruits aujourd’hui en tant que pratiquante, administrative et dirigeante. Je dirai que tout était partie de mes études à l’institut national jeunesse et sports. Je fais aujourd’hui le tour du monde grâce au sports: l’Allemagne, l’Italie, la Suisse, le Qatar, sans oublier les nombreux pays africain", s’exprime-t-elle avec joie. Le Comité international olympique exige des fédérations sportives, qu’au moins 30% des postes soit réservé à la femme dans chaque bureau exécutif. "Je pense que c’est une bonne initiative qui n’exclut pas la femme dans la gestion des sports", se réjouit Charles Panou, directeur de l’académie nationale olympique du Togo.

Aujourd’hui, grâce à ses championnes, et à travers leur sport, elles ont réussi à s’affirmer en tant que femme et à promouvoir aussi bien leur pays que l’Afrique sur la planète. Elles ont pour noms, pour les plus connues, Mary Keitany (Kenya), Murielle Ahouré (Côte d’ivoire), Genzebe et Tirunesh Dibaba (Ethiopie), Blessing Okagbare (Nigeria), Françoise Mbango, (Cameroun), Caster Semenya (Afrique du Sud), Maria Lourdes Mutola (Mozambique), Amy Mbacké Thiam (Sénégal), Nacissela Mauricio (Angola), Perpetua Nkwocha (Nigéria), Isabelle Sambou (Sénégal), Lutte, Mathilde Amivi Petitjean (Togo), en athlétisme, basketball, football, ski de fond.



02/03/2018




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