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La diplomatie chinoise sur le continent africain


Par Rédigé le 28/03/2019 (dernière modification le 27/03/2019)

La Chine, qui est devenue en quelques décennies le premier partenaire économique du continent africain, mène une diplomatie volontariste. Mais sa doctrine basée officiellement sur la coopération économique et la non-ingérence sur le plan politique cache une autre réalité.


Cérémonie d'ouverture du sommet de Johannesburg du Forum sur la coopération Chine-Afrique (FOCAC), le 4 décembre 2015 (Photo : GCIS)
Cérémonie d'ouverture du sommet de Johannesburg du Forum sur la coopération Chine-Afrique (FOCAC), le 4 décembre 2015 (Photo : GCIS)
Au niveau diplomatique les principes de la politique étrangère chinoise restent basés sur la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres États et la coopération au service de la Paix. C’est cette doctrine que Pékin présente au niveau de l’ONU. Une affirmation d’autant plus intéressante que la Chine mène un peu partout dans le monde et particulièrement en Afrique une importante activité diplomatique. Elle est considérée aujourd’hui comme la deuxième puissance diplomatique mondiale derrière les États-Unis.

En Afrique, Pékin rencontre régulièrement et de façon bilatérale ou collective les chefs d’États et de gouvernements du continent. Ces 10 dernières années elle a visité presque tous les pays africains, certains parfois à plusieurs reprises. De plus, tous les trois ans, Pékin organise un important forum sur la coopération Sino-africaine qui rassemble de nombreux chefs d’États et de gouvernements. La Chine présente cette plateforme de dialogue collective comme "un bon exemple de coopération Sud - Sud".

L’objectif sur le terrain de Pékin consiste à développer ses activités économiques et défendre la stabilité des États africains, du moins de ses intérêts dans ces pays. Elle veut développer et protéger ses importations en matières premières, ses investissements dans les infrastructures (routes, ports, bâtiments, télécommunications…) et les affaires en général (marchandises et services).

C’est pour cela que la Chine intervient en Afrique dans les Opérations du maintien de la paix (OMP) principalement là où elle a ses intérêts les plus importants, comme au Soudan et au Darfour. Elle a profité aussi de son engagement dans les OMP pour développer de nouveaux marchés. Effectivement, après que l’Armée populaire de libération a passé 10 ans en RDC dans le cadre de la MONUC*, le pays a signé d’importants contrats miniers avec la Chine.
Afin de préserver les échanges commerciaux, Pékin s’est aussi impliqué dans les opérations anti-pirateries au large de la Somalie.

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Mais, Pékin mène des démarches ambivalentes face à sa doctrine officielle. Elle soutient le président soudanais Omar Al Béchir poursuivi pour crime de guerre depuis 2010 et a livré des armes, malgré l’embargo, aux différents belligérants des zones de conflits de la région.
De plus, la Chine se voit soupçonner d’avoir joué un rôle dans la chute du président du Zimbabwe, Robert Mugabe en 2017. Le général Constantino Chwenga, qui lança le coup d’État, revenait juste de Pékin.

Le renforcement de sa démarche d’expansion amena aussi la Chine à ouvrir sa première base militaire extérieure à Djibouti récemment. Début 2018 selon Djibouti, le complexe abritait 400 hommes de l’Armée populaire de libération et pourrait monter à 2.000 hommes. De son côté Fabien Delheur, du Centre de documentation de l’École Militaire (CDEM) à Paris, affirme que la Chine pourrait déployer sur place un millier de soldats permanents et 10.000 hommes potentiels jusqu’en 2026 au moins. Djibouti s’agacerait de l’attitude chinoise sur le plan économique et sur ses ambitions militaires dans le pays.

Avec les colossales dettes contractées par les pays africains en Chine, l’Afrique demeure considérablement dépendante de Pékin et de son influence. Mais si la démarche globale de la Chine en Afrique soulève des critiques d’ordres néolibérales, une majorité des Africains dont la plupart de ses dirigeants voient d’un bon œil ces coopérations.










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