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Le copilote Andreas Lubitz était suivi 18 mois en psychiatrie

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Par Mylène Escudier / CCDH Rédigé le 02/04/2015 (dernière modification le 01/04/2015)

Un psychiatre a prescrit au copilote des médicaments pouvant entraîner de l'agressivité et des comportements suicidaires. C'est inacceptable, tout en connaissant la dangerosité de ces drogues et le fait qu'Andreas Lubitz était pilote de ligne.


Un Airbus A320 de la compagnie low cost Germanwings de Lufthansa. Photo (c) RSA
Un Airbus A320 de la compagnie low cost Germanwings de Lufthansa. Photo (c) RSA
C'était il y a moins d'une semaine, et pourtant la France et l'Europe restent paralysées. L'enquête sur le crash de l'A320 dans les Alpes apporte un éclairage sur la cause de cette catastrophe.

Il est maintenant connu qu'Andreas Lubitz avait été diagnostiqué dépressif, avait eu plusieurs arrêts maladie et n'aurait pas dû travailler ce jour-là. Il avait été suivi pendant 18 mois pour dépression à l'hôpital psychiatrique universitaire de Düsseldorf. La dernière consultation remonte au 10 mars 2015, soit deux semaines avant le drame.

Les enquêteurs ont découvert à son domicile "de très nombreux médicaments". Il s'agit de l'Olanzapine, un neuroleptique plus connu sous le nom commercial Zyprexa et commercialisé par le laboratoire Eli Lilly, ainsi que l'Agomelatine, un antidépresseur connu sous le nom de Valdoxan, commercialisé par les Laboratoires Servier. Ils peuvent causer de nombreux effets secondaires, dont des hallucinations, de l'anxiété, agressivité, des idées et comportements suicidaires à fréquence indéterminée (source: dictionnaire Vidal).

Un psychiatre a même annoncé lors d'un interview: "Ces traitements sont très forts et de longue durée, c'est incompatible avec le pilotage".

Le député de Paris et chirurgien Bernard Debré, diplômé de médecine aéronautique et spatiale depuis 1981, s'exprime ainsi sur son site: "Dans certains cas, lorsqu'un dépressif est traité par un antidépresseur, il peut arriver qu'il soit désinhibé par les médicaments. La volonté suicidaire, qu'il n'arrivait pas à exprimer avant son traitement, peut alors se déclencher grâce à cette désinhibition médicamenteuse. Cette situation est connue pour beaucoup d'antidépresseurs, entre autre les inhibiteurs sélectifs de la recapture sérotonine. Certains grands laboratoires, qui ont mis sur le marché ces antidépresseurs sans le dire il y a 10 ou 20 ans, ont pu être condamnés par la justice américaine à plusieurs millions de dollars". Il conclut: "Voici ce que l'on peut dire à l'heure actuelle de certains médicaments utilisés encore aujourd'hui pour traiter la dépression. Y a-t-il un rapport entre ce qu'a fait le copilote de l'A320 qui a tué 149 personnes et s'est suicidé? Je pense que oui."

On peut penser que le domaine psychiatrique est aujourd'hui corrompu. Une alliance entre les laboratoires pharmaceutiques et les psychiatres peut rapporter gros. Rappelons que l'industrie pharmaceutique a dépensé plus de 245 millions d'euros en cadeaux aux médecins entre janvier 2012 et juin 2014.

La CCDH alerte la presse et les autorités de santé françaises et demande l'interdiction de prescrire des drogues psychiatriques aux pilotes et à toute personne responsable de la sécurité d'autrui.



Les Français sont les plus gros consommateurs de médicaments psychiatriques en Europe









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