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Les insectes comme alternative aux enjeux environnementaux et alimentaires


Par Maxime Lefebvre Rédigé le 31/10/2019 (dernière modification le 29/10/2019)

D’ici à 2030, on estime qu’il y aura près de 9 milliards d’êtres humains à nourrir, sans compter les animaux d’élevages. En 2013, le rapport "Edible insects - Future prospects for food and feed security" publié par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) recommandait le développement de l’élevage et de la consommation d’insectes. Depuis, plusieurs start up françaises se sont lancées dans l’aventure.


L'aquaculture est l'un des secteurs intéressé par les farines d'insectes - © PXB
L'aquaculture est l'un des secteurs intéressé par les farines d'insectes - © PXB
L’entomoculture consiste en l’élevage d’insectes à des fins économiques. Une start up spécialisée dans ce domaine, comme InnovaFeed, va élever des larves de mouches pour en extraire de la farine et une huile chargée de protéines concentrées destinées à l’alimentation de poissons d’élevage, dans le cas présent.

On distingue deux secteurs. Le "feed" qui sera destiné à l’alimentation animale et le "food" pour l’alimentation humaine. A ce jour en Europe, sur les 2 500 tonnes de production, 85% sont destinés à l’alimentation animale, selon l’Ipiff (International platform of insects for food and feed). L’entomophagie - c’est-à-dire la consommation d’insectes par l’être humain - n’est pas encore rentrée dans les moeurs, les freins étant essentiellement culturels. De plus, le secteur classé dans la catégorie "novel food" par l’Union européenne, est très rigoureusement contrôlé.

L’alimentation animale représente à ce jour l’axe le plus interessant pour les start up. Selon plusieurs spécialistes, la filière de l’insecte serait un complément important, une source alternative de protéines derrière les sources végétales légumineuses comme le soja par exemple. A titre de comparaison, le marché du soja représente 100 millions de tonnes à l’heure actuelle, là où la production d’insectes se cantonne à 1,4 million de tonnes selon le Centre d’étude et de recherche sur l’économie et l’organisation des productions animales (Céréopa).

Prévenir la surpêche

L’intérêt de la filière est aussi environnemental. La surexploitation des océans et la demande croissante des consommateurs en poissons sont à l’origine de cette nouvelle activité. A terme, si la filière se développe, les protéines concentrées pourraient remplacer la farine de poissons sauvages destinée à l’aquaculture, et donc à prévenir la surpêche.

Les farines d’insectes utilisées en aquaculture sont pour l’heure majoritairement conçues à partir de farines et d’huiles de poissons issues en partie de la pêche minotière, une pêche industrielle très intensive dont les prises sont exclusivement destinées à la production d’aliments pour l’élevage. La pêche minotière alimente la filière industrielle avec des petits poissons pélagiques de faible valeur commerciale. Ces derniers seront transformés en farines et huiles de poissons destinées à l’aquaculture mais aussi à d’autres types de nourritures animales, comme celles des chats, des chiens ou des bovins. La pêche minotière contribuant à la surpêche, les farines d’insectes constituent une alternative intéressante à l’exploitation des ressources marines.

L’autre intérêt de l’insecte c'est qu’il est riche en protéine - de 45 à 75% du poids sec suivant l’espèce - tout en possédant une faible empreinte environnementale. Le cycle d’élevage des insectes est durable tout en étant complémentaire avec l’agriculture. Les insectes sont nourris avec des co-produits issus de l’agriculture, tels que les tourteaux et autres pailles de céréales, tandis que les fientes d’insectes sont réutilisées pour fertiliser les champs.

les_enjeux_de_l__entomoculture___esj_paris___18_10_2019__3_.m4a Les enjeux de l'entomoculture  (7.29 Mo)

Enfin, si on pousse l’analyse, on constate que la filière de l’insecte demande dix fois moins de céréales par kilo de protéines que la viande. Manger des insectes produit donc dix fois moins de méthane que manger de la viande de boeuf. Avec 10 kilogrammes de végétaux, on peut produire de 6 à 8 kilogrammes d’insecte, contre 1 kilogramme pour la viande. Les insectes rejettent peu de gaz à effet de serre et de lisier, là où un rapport de 2013 du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC) indique que le méthane contribue à hauteur de 32% du réchauffement climatique.

En France, on dénombre à ce jour plus d’une quinzaine de start up dans ce secteur d’activité. Parmi elles : Ynsect, Micronutris ou Minus Farm. Récemment, Innovafeed a conclut un contrat avec Cargill, une entreprise américaine spécialisée dans l’agroalimentaire et notamment dans le secteur de l’aquaculture. Ces start up ne cessent de lever des fonds pour répondre aux demandes croissantes des industriels du secteur de l’agroalimentaire.








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