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Décès d’une Résistante de premier plan  09/05/2020

Vendredi 8 mai, jour où l'on célébrait le 75e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, Cécile Rol-Tanguy s’éteignait  à la mi-journée, chez elle à Monteaux, localité du Loir-et-Cher, à une quarantaine de km au sud de Blois. Sa famille déclare "Avec elle disparaît une des dernières figures de la Résistance intérieure française et plus précisément de la Libération de Paris en août 1944". Elle avait 101 ans et était la veuve du colonel Henri Rol-Tanguy, autre grand nom de la Résistance disparu le 8 septembre 2002 à Paris à l’âge de 94 ans.
Cécile Rol Tanguy était née le 10 avril 1919 à Royan en Charente-Maritime, fille unique de François Le Bihan, ouvrier électricien, militant communiste de la première heure et résistant qui mourra en déportation à Auschwitz le 19 septembre 1942. Sa mère, femme au foyer, sera également résistante. Pourvue du brevet élémentaire, elle travaille comme sténo-dactylo au Syndicat des métaux CGT de Paris. C’est là qu’elle rencontrera Henri Rol, ouvrier métallurgiste devenu secrétaire de cette organisation syndicale.
Lui, durant la guerre d’Espagne, avait combattu dans les Brigades internationales, elle était sa marraine de guerre. Commissaire politique de la XIVe brigade, il avait été blessé au cours de la bataille de l‘Ebre. Ils se marièrent juste avant la guerre et eurent quatre enfants. Ils entrèrent dans la clandestinité en 1940.
Militante communiste, elle dira plus tard "J’ai pris ma place dans ce qui allait être notre combat à tous les deux". Un des biographes du couple l’a définie comme "un rouage essentiel". Le 18 août 1944, elle tape l'ordre de l'insurrection parisienne dicté par son mari, chef militaire des Forces Françaises de l'Intérieur d'Ile-de-France, ce qui conduira huit jours plus tard à la libération de la capitale. Elle confessera qu’au lendemain de la Libération, elle avait enfin pu "marcher dans la rue sans avoir, comme durant les quatre années précédentes, à se retourner".
Le président de la République Jacques Chirac parlera de ce couple caractéristique de la Résistance comme d’un "couple d'exception", lors des obsèques officielles de Rol-Tanguy aux Invalides, en septembre 2002.
Patrick Barbéris qui consacra à cette femme courageuse un documentaire en 2004 "Cécile Rol-Tanguy, une combattante de la liberté", louera la simplicité et l’humilité de celle qui lui livrait ses souvenirs d’agent de liaison qui avait distribué des tracts et transporté clandestinement des armes.
Elle était Grand Officier de la Légion d'honneur, Grand Croix dans l'Ordre national du Mérite, Médaille de la Résistance, Croix du Combattant Volontaire de la Résistance.
Un communiqué lui rend hommage "Jusqu'à son dernier souffle, Cécile Rol-Tanguy témoignera de sa fidélité à l'utopie généreuse du communisme, à ses engagements de jeunesse pour la justice sociale et l'émancipation des femmes".
Elle rejoindra le colonel Rol-Tanguy dans le petit cimetière de Monteaux.
 






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