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Un président venu de Nouvelle-Calédonie  03/06/2020

Sur proposition du ministre de la Culture, lors du conseil des ministres du mercredi 27 mai, Emmanuel Kasarhérou était nommé président de l’Établissement public du musée du quai Branly, MQB. Appelé parfois musée des Arts et Civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques, il a été inauguré le 20 juin 2006. C’est l’oeuvre, à deux pas de la Tour Eiffel, de jean Nouvel. Emmanuel Kasarhérou, premier Kanak à diriger un grand musée, succède ainsi à Stéphane Martin qui a rejoint la Cour des Comptes, fin 2019. Depuis lors, Jérôme Bastianelli assurait l’intérim.
A propos de cette récente nomination, l’ethnologue Roger Boulay déclare "Son parcours est exemplaire, il n’y a pas mieux préparé que lui pour ce poste". Et il précise qu’il "rassemble un ensemble de qualités pour faire ce travail qui est peu commun". "C’est symboliquement très important".
Emmanuel Kasarhérou est né le 16 juillet 1960 à Nouméa, d’un père kanak et d’une mère métropolitaine, linguiste spécialiste de la langue anjie parlée au centre de la Nouvelle-Calédonie. Il est conservateur en chef du patrimoine, diplômé en linguistique et en archéologie. A 25 ans, il est nommé directeur du musée de Nouvelle-Calédonie. Avec Roger Boulay, conservateur au musée des Arts d’Afrique et d’Océanie au Palais de la Porte dorée, devenu depuis 2007 musée de l’Histoire de l’immigration, il conçoit l’exposition "De jade et de nacre, Patrimoine culturel kanak", qui est présentée en 1990 à Nouméa puis à Paris.
En 1998, il est à la tête du Centre culturel Tjibaou à Nouméa, inauguré la même année par le Premier ministre Lionel Jospin. C'est l'oeuvre de Renzo Piano, architecte du Centre national d’art et de culture Georges-Pompidou notamment. Son nom est un hommage à Jean-Marie Tjibaou, fondateur du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), assassiné en 1989. 
En 2011, Emmanuel Kasarhérou est chargé de mission pour l’Outremer au musée du quai Branly. En 2013, il est commissaire avec Roger Boulay de l’exposition "Kanak, l’art est une parole", qui se tient au musée du quai Branly et ensuite à Nouméa. L’année suivante, il est adjoint du directeur du patrimoine et responsable de la coordination scientifique des collections.
Un parcours exemplaire que se plaît à souligner Roger Boulay "Il est très préparé, il est même au cœur du problème. Il est Kanak, il connaît bien la question de la circulation des objets. Il aura une approche pragmatique et solide intellectuellement".
On sait que le débat sur la restitution des oeuvres acquises durant la colonisation est toujours prêt à se ranimer, surtout depuis les propos tenus par Emmanuel Macron en 2017, lors d’une visite à Ouagadougou. Dans leur rapport rendu au président français en 2018, Felwine Sarr et Bénédicte Savoy ont recensé 90.000 pièces acquises par la France durant la colonisation.
Avec la nomination à la présidence du MQB d’un spécialiste d’origine kanak, expert des cultures océaniennes, on peut imaginer que le débat sera plus apaisé.










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