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Wanderlust Ice & Ink - Interview: Monaco United Women, quand Marco Simone bâtit l’avenir du football féminin en Principauté


Par Rédigé le 16/01/2026 (dernière modification le 13/01/2026)

Monaco entre dans une nouvelle ère du football féminin. Avec la création de Monaco United Women, porté par Marco Simone, la Principauté voit naître un club pensé pour durer, construit dès la base et animé par une ambition claire : faire grandir une équipe, mais aussi une culture. Entre héritage du très haut niveau et passion sincère pour le jeu, un projet s’installe, patient, exigeant, déjà structurant. Ancienne figure majeure du Milan AC et du PSG, Marco Simone a choisi Monaco pour écrire un nouveau chapitre : bâtir un club féminin, poser des fondations solides et faire de ce club un pilier du paysage sportif monégasque.


Wanderlust Ice & Ink - Interview: Monaco United Women, quand Marco Simone bâtit l’avenir du football féminin en Principauté. (c) Sarah B.
Wanderlust Ice & Ink - Interview: Monaco United Women, quand Marco Simone bâtit l’avenir du football féminin en Principauté. (c) Sarah B.
À Monaco, le football féminin vit un moment charnière. Avec la création de Monaco United Women, la Principauté ne se contente plus d’accompagner la discipline, elle lui offre une structure, une identité et une ambition inscrites dans le temps. Derrière ce projet se trouve Marco Simone. Ancienne figure de l’AC Milan et du Paris Saint Germain, double vainqueur de la Ligue des Champions, il n’a pas choisi de simplement entraîner une équipe, il a décidé de construire un club. Son engagement dans le football féminin s’est imposé progressivement, presque naturellement. En observant ce jeu, il dit en être tombé amoureux, pour sa clarté, l’engagement sincère des joueuses et cette passion brute qui, selon lui, précède encore tout le reste.

Mais au delà du palmarès, Marco Simone est avant tout un homme profondément bienveillant, gentil, généreux, passionné et ouvert d’esprit. Dans sa manière de diriger, d’écouter et de transmettre, il place toujours l’humain au centre. Cette qualité rare se ressent dans chaque échange, dans le respect accordé aux joueuses, dans la confiance qu’il cherche à instaurer et dans la vision collective qu’il défend. Né le 7 janvier 1969, il a grandi dans un football d’excellence, exigeant et parfois impitoyable. Très tôt confronté au plus haut niveau européen, il découvre à Milan un environnement où chaque détail compte, où la discipline collective prime sur la réussite individuelle. Avec l’AC Milan, il remporte la Ligue des Champions, la Serie A, la Supercoupe d’Europe et la Coupe Intercontinentale. Ces années forgent chez lui un regard précis sur le jeu, nourri par la rigueur tactique, le respect du collectif et une exigence constante envers lui même et envers les autres.

Son passage en France marque une nouvelle étape. Au Paris Saint Germain, puis à Monaco et à Nice, il découvre une autre culture footballistique, tout aussi passionnée mais différente dans ses rythmes et ses approches. La Principauté occupe alors une place particulière. Il y trouve un cadre familial, une atmosphère plus intime et un lien qui ne s’est jamais vraiment rompu. Lorsque Marco Simone se tourne vers l’entraînement, il ne recherche ni la lumière ni l’exposition médiatique. Ce qui l’intéresse, c’est la construction, structurer, poser un cadre, penser le football comme un projet qui dépasse les quatre vingt dix minutes d’un match. Dans le football féminin, il découvre un univers en plein développement, sincère, passionné et incroyablement prometteur. Il y voit la possibilité d’appliquer des standards professionnels élevés dès la base, sans perdre l’âme et la spontanéité du jeu. Créer Monaco United Women signifiait définir des priorités claires, constituer un effectif cohérent, installer une identité commune et réunir des personnalités capables de former un véritable groupe.

Les premières semaines sont rythmées par des visionnages, des journées de détection et de longues discussions. Derrière chaque recrutement se cache une idée simple qu’il répète volontiers, la technique avant tout. Le physique se travaille, la mentalité s’accompagne, mais la relation au ballon conditionne la qualité du jeu collectif. Le groupe qui naît de ce travail mêle jeunes joueuses en développement, profils plus expérimentés et talents venus d’horizons variés. Le vestiaire devient un lieu d’échanges, de partage et de remise en question, toujours dans une logique de progression. Les premiers tests confirment rapidement la cohérence du projet. À Arles, Monaco United Women dispute le premier match de son histoire et s’impose. Marina Makanza inscrit le premier but du club, un symbole. Quelques jours plus tard, le déplacement à Milan face aux U19 féminines de l’AC Milan apporte une défaite logique mais une expérience précieuse. Malgré le peu de séances, Marco Simone perçoit déjà des automatismes, une cohérence et cette volonté de jouer vers l’avant qui lui est chère.

Le début de saison s’inscrit dans cette continuité. La Coupe de France, les premiers matches de championnat et le derby monégasque face à l’ASMFF marquent un tournant. Plus qu’une rencontre, ce derby confirme que le football féminin à Monaco entre dans une nouvelle dimension. L’arrivée du Groupe Marzocco comme sponsor officiel renforce cette crédibilité. Le projet dépasse le cadre sportif, il touche à des questions d’égalité, d’accès et de reconnaissance. Nous sommes désormais en janvier et le chemin parcouru commence à se dessiner. Monaco United Women apparaît comme un club en construction, solide dans ses intentions et clair dans ses ambitions. Marco Simone parle peu de lui, mais il confie que ce projet pourrait être le dernier de sa carrière d’entraîneur. Non par lassitude, mais par désir de s’inscrire dans le temps long, de laisser une trace, de bâtir quelque chose qui lui survivra. Au fond, tout part d’un rapport viscéral au jeu. Le football l’a construit en tant qu’homme et continue aujourd’hui de guider ses choix. Ce lien, c’est celui qu’il souhaite transmettre aux joueuses qui écrivent désormais l’histoire de Monaco United Women.

Dans le sport de haut niveau, sur la glace comme sur le gazon, les mécanismes se rejoignent, discipline quotidienne, répétition, patience et travail loin des projecteurs. À Monaco United Women, cette culture du détail s’installe progressivement, portée par une vision humaine et durable. En l’écoutant parler de rigueur et de construction invisible, certaines évidences résonnent. Rencontre.
monaco_united_women_.mp3 Monaco United Women .mp3  (945.37 Ko)


Interview – Marco Simone

- Monaco United Women est un club très jeune. Pour commencer, pouvez-vous nous présenter ce projet et expliquer ce que représente aujourd’hui Monaco United Women dans le paysage du football féminin ?

Marco Simone : Mon intérêt pour le football féminin ne s’est pas fait du jour au lendemain. Plus je regardais le football féminin, plus je m’y intéressais, et plus j’en tombais amoureux. J’ai commencé à suivre les matchs, à observer les équipes, et ce qui m’a frappé très rapidement, c’est la clarté du jeu, l’engagement total, la sincérité dans l’effort. Il y a quelque chose de très pur dans ce football-là. On sent que les joueuses jouent avant tout par passion, avec une vraie envie de donner, sans calcul.
C’est vraiment ce qui m’a touché. J’ai adoré ce sport, tout simplement. J’y ai retrouvé des sensations que j’avais connues à mes débuts, quand le football était avant tout une histoire d’engagement, de collectif et d’amour du jeu.
Monaco United Women est né de cette réflexion. C’est un club très jeune, mais pensé dès le départ comme un projet profond, pas comme une initiative opportuniste. L’idée n’a jamais été de chercher des résultats immédiats, mais de construire quelque chose de solide, avec une vraie identité et une vision à long terme.

Aujourd’hui, Monaco United Women représente une vraie opportunité pour le football féminin en Principauté. Monaco est un territoire d’excellence sportive, et pourtant le football féminin y était encore très peu structuré. Ce club vient répondre à ce manque, avec une approche sérieuse, professionnelle, mais surtout humaine. Nous voulons offrir aux joueuses un cadre clair, exigeant, rassurant, dans lequel elles peuvent progresser, apprendre et s’épanouir.

- Pourquoi était-il important, selon vous, de créer un club féminin structuré et indépendant à Monaco à ce moment précis ?

Marco Simone : Parce qu’il n’y en avait pas, tout simplement. Et parce que le football féminin est encore en plein développement. Aujourd’hui, beaucoup de clubs affichent une section féminine, mais sans toujours y mettre les moyens, le temps ou l’engagement nécessaires. On sent parfois que ce sont des projets secondaires.
Moi, je voulais exactement l’inverse. Je voulais un vrai engagement, un club indépendant, avec sa propre identité, sa propre vision et une liberté totale de construction. Pas un projet vitrine, pas quelque chose que l’on fait à moitié, mais un engagement sincère, sportif et humain.

À ce moment précis, c’était nécessaire. Le football féminin avait besoin de structures sérieuses, capables de s’inscrire dans le temps. Monaco avait toute sa place dans cette dynamique. L’ambition initiale était simple : faire les choses sérieusement, avec respect pour les joueuses et pour ce sport que j’aime profondément.

- Quand on crée un club de toutes pièces, il faut rapidement poser un cadre clair. Quelles ont été vos priorités absolues dans les premières semaines de travail ?

Marco Simone : La première urgence a été de constituer l’effectif. Nous avons beaucoup travaillé sur le scouting vidéo, car c’est un outil indispensable aujourd’hui, mais pour moi, la vidéo ne suffit jamais. Il fallait voir les joueuses en vrai, ressentir leur comportement sur le terrain, leur relation au ballon, leur attitude dans l’effort.
J’ai très vite fait un choix clair : privilégier la technique. La technique est la base de tout. Le physique, on peut le travailler, l’améliorer avec le temps. Mais la qualité technique, la compréhension du jeu, la capacité à jouer juste, ce sont des éléments fondamentaux dès le départ.

Et puis il y a l’humain. La mentalité, la psychologie, la capacité à adhérer à un projet collectif. Je voulais des joueuses capables de comprendre que ce club se construit sur le long terme, et prêtes à s’investir pleinement, avec patience et engagement.

- Avec le recul de décembre, quelles décisions prises depuis septembre vous semblent aujourd’hui les plus structurantes pour l’avenir du club ?

Marco Simone : Honnêtement, il est encore trop tôt pour répondre à cette question. Le club est très jeune, et nous sommes toujours dans une phase de construction. Ce que nous faisons aujourd’hui pose des bases, mais il faudra du temps pour mesurer réellement l’impact de certaines décisions.

Ce que je peux dire, en revanche, c’est que rien n’a été fait dans la précipitation. Chaque choix a été réfléchi avec une logique de durabilité. Je préfère avancer lentement mais sûrement, plutôt que de tirer des conclusions trop rapides.

- En quoi ce projet se distingue-t-il d’une simple création d’équipe féminine intégrée à un club déjà existant ?

Marco Simone : La grande différence, c’est que tout est à construire. Il n’y a pas d’histoire préalable, pas de cadre existant, pas de visibilité naturelle. Même la communication doit être inventée.

Nous évoluons aujourd’hui au niveau district, le cinquième échelon du football féminin français. Cela signifie peu de visibilité, mais aussi une grande liberté. Et quand on parle de Monaco, c’est particulier. Monaco est associé à l’excellence sportive. Quand on regarde la Ligue 1 Arkema, avec Paris ou Lyon, il est presque surprenant qu’il n’y ait pas encore de club féminin de haut niveau en Principauté. Notre ambition est de combler cet écart, étape par étape, sans brûler les étapes, mais avec une vision claire.

- Quelles valeurs sportives et humaines avez-vous souhaité inscrire dès le départ dans l’ADN de Monaco United Women ?

Marco Simone : La première valeur, c’est le temps. J’ai été très clair avec les joueuses : ce projet est un projet de long, voire de très long terme. L’objectif final est assumé, atteindre un jour la Ligue 1 Arkema, mais ce chemin demande de la patience, de l’humilité et beaucoup de travail.

Certaines joueuses sont très jeunes, d’autres plus expérimentées. Certaines savent qu’elles ne verront peut-être pas l’aboutissement final du projet. Mais toutes participent à la construction. Elles posent les fondations du club. La valeur centrale, c’est la responsabilité collective. Chacune apporte sa pierre à l’édifice. Il y a aussi l’exigence, le respect du travail, l’engagement quotidien et l’amour du jeu. Monaco United Women, c’est une construction humaine avant d’être un simple projet sportif.

- Que vous ont révélé les premiers matchs officiels, notamment le déplacement à Milan ?

Marco Simone : Le déplacement à Milan a été très révélateur. Il m’a permis de mesurer le niveau réel de l’équipe. J’ai compris très rapidement que nous n’étions pas une équipe de district ni simplement régionale. Le potentiel est bien supérieur.
Mais le potentiel ne suffit pas. Il faut une mentalité forte, et c’est ce que j’ai vu. Bien sûr, il faut continuer à gagner les matchs, rester concentré, respecter chaque adversaire. Le plus important, c’est de progresser sur la durée, pas de se satisfaire d’un match référence.

- La concurrence locale est-elle indispensable au développement du football féminin à Monaco ?

Marco Simone : Oui, absolument. La concurrence crée de l’émulation. Deux équipes, c’est toujours mieux qu’une. Cela pousse tout le monde à se structurer, à progresser et à se remettre en question.
Même si le derby n’a pas pu se jouer cette saison, j’espère sincèrement que nous aurons l’occasion de le vivre dans de bonnes conditions à l’avenir. Une concurrence saine est bénéfique pour les joueuses, pour les clubs et pour le football féminin à Monaco.

- Monaco United Women est-il une continuité logique de votre parcours, ou une nouvelle étape profondément différente ?

Marco Simone : C’est une continuité logique, mais très particulière. Tout ce que j’ai vécu avant m’a naturellement amené vers ce type de projet. Mais je sais aussi que ce sera mon dernier club. Après Monaco United Women, je ne me vois pas continuer à entraîner ailleurs.

C’est un projet qui peut durer longtemps. Cinq ans, dix ans, quinze ans peut-être. Je ne sais pas exactement jusqu’où cela va m’amener, mais c’est précisément ce qui est excitant. Construire quelque chose à partir de zéro, le voir grandir, évoluer, s’inscrire dans le temps… c’est extrêmement fort. Je ne suis plus dans une logique de carrière ou d’opportunités. Je suis dans une logique d’engagement total, presque de transmission de vie. Ce club, c’est une partie de moi aujourd’hui.

- Êtes-vous plus nerveux aujourd’hui qu’à l’époque où vous étiez joueur ?

Marco Simone : Le stress est toujours là, mais il est différent. Aujourd’hui, même quand tout se passe bien, je suis nerveux. Quand on mène largement à la mi-temps, je ressens encore cette tension. J’ai toujours envie que les joueuses fassent plus, qu’elles continuent à jouer juste, à respecter le jeu et l’adversaire.

Quand j’étais joueur, le stress était plus personnel. Il concernait ma performance, mon rôle, le résultat immédiat. Aujourd’hui, le stress est plus profond. Il concerne le groupe, le projet, la progression des joueuses.
Mais c’est un stress que j’accepte, parce qu’il est lié à l’exigence et à l’amour du football.

- Quel est votre plus beau souvenir de football ?

Marco Simone : Mon plus beau souvenir, ce sont les moments partagés. Les vestiaires, les discussions, les rires, les échanges humains. Bien sûr, il y a eu de grands titres, de grandes victoires, mais ce n’est pas ça qui me revient en premier.

J’ai toujours vécu avec un ballon. Depuis l’âge de trois ans jusqu’à aujourd’hui, le football a toujours fait partie de ma vie. Et je pense que ce sera le cas jusqu’à la fin. Le football, pour moi, c’est de l’amour. C’est une passion profonde, sincère. C’est pour cela que je m’engage autant aujourd’hui. Et c’est surtout pour cela que j’ai envie de transmettre, de partager cet amour du jeu avec les joueuses, et de leur donner tout ce que le football m’a donné.








Sarah Ice & Ink
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