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Et la Francophonie dans tout cela?

L'édito de la semaine


Les 11 et 12 octobre 2018, le 17e sommet de la Francophonie aura lieu à Erevan en Arménie. En 2014, l’élection de Michaëlle Jean à la tête du secrétariat général de l’OIF avait été gagnée grâce au soutien du Canada évidemment mais aussi de la France. Quatre ans après Dakar, la Paris tourne casaque et annonce qu’elle se range derrière une candidate rwandaise, Louise Mushikiwabo.


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Puisque l’Afrique est le grand continent de la Francophonie, il semble normal que son représentant en soit issu. Il y a quatre ans, à cause d’un impossible consensus entre dirigeants africains, le Canada et la France avaient réussi à imposer Michaëlle Jean qui aime à se présenter comme haïtienne et canadienne afrodescendante.

Toutefois, il est toujours difficile de s’imposer lorsque l’on est choisi par défaut comme ce fut le cas pour l’actuelle secrétaire générale. D’autant plus qu’on lui reproche certaines dépenses comme la rénovation de ses appartements privés parisiens et le projet de croisière de l’Hermione qui n’avait pas réussi à trouver de commanditaires privés. Enfin, nul n’ignore que les relations entre le président français actuel et la secrétaire générale de l’OIF n’ont jamais été très soutenues.

L’intérêt d’Emmanuel Macron pour la Francophonie et son organisation internationale semble réel même si comme nous l’avons déjà dit, l’absence d’un ministère dédié n’a pas toujours été comprise. Toutefois, certaines actions comme la nomination de Leïla Slimani et de Stéphane Bern laissent à penser que la Francophonie reste toujours dans un coin de la tête présidentielle. Néanmoins, pour l’heure, entre nominations et déclarations, il ne s’agit que de saupoudrage artificiel sans réelle politique effective.

Par conséquent, que faut-il penser de la décision du président français de soutenir la candidature rwandaise? Avec le Rwanda, depuis 1994, la France entretient des relations plus que tendues. Depuis 2009, le pays des mille collines a choisi l’anglais comme langue officielle et est devenu membre du Commonwealth. Surtout, la renaissance du pays s’est faite au prix de concessions sur de nombreux principes dont celui des droits de l’homme et de la femme, le président Kagame n’ayant pas une réputation de grand démocrate. Enfin, resté membre de l’OIF, le Rwanda n’a pas réglé toutes ses ardoises vis-à-vis de l’organisation internationale malgré un plan de payement accepté.

Toutefois fin mai, après une rencontre à Paris sur le thème du numérique, Emmanuel Macron a annoncé qu’il soutenait la candidature de l’actuel ministre des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo.

Qu’une candidature africaine au poste de secrétaire générale de la Francophonie ait du sens, c’est pour tous une évidence. Que cette candidature soit féminine, encore plus. Aussi sommes-nous toujours d’accord avec la «conviction» du président français. Mais fallait-il pour autant choisir une candidate rwandaise? Rappelons que les relations avec la République Démocratique du Congo, l’immense voisin, plus grand pays au monde francophone, sont plus que détestables. Ce choix entraînera des obligations de concessions de part et d’autre. Vis-à-vis du Rwanda, nul ne peut imaginer que ce cadeau français soit gratuit. Et dans un contexte de prochaine élection en RDC, que devra faire la France pour faire avaler la pilule aux Congolais et à leur président Kabila?

Personne ne doute des compétences de la candidate Louise Mushiwabo. Mais celles-ci ne peuvent se limiter à une parfaite maîtrise de notre langue pour qu’elles soient validées.

D’où notre question, et la Francophonie dans tout cela? On voit bien le signal fort envoyé par Paris à Kigali et à son président, qui est aussi depuis janvier, celui de l’Union africaine. Ce qui démontre s’il était encore nécessaire la grande ambition de Kagame sur le continent.

Mais à part cela, en quoi le comportement du président français diffère-t-il de ses prédécesseurs vis-à-vis de l’Afrique?

Les actus vidéos du 11 au 17 juin 2018


17/06/2018










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