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Européennes, élections de tous les dangers?

L'édito de la semaine


Par Rédigé le 06/01/2019 (dernière modification le 06/01/2019)

Souvent considérées comme des élections ennuyeuses et n’attirant que peu les foules d’électeurs, il semble que pour la première fois, ces échéances européennes suscitent le plus grand des intérêts. Intérêt que nous devons principalement au duel qui se joue entre le président français, assumant - c’est son expression favorite - le rôle de chef "des progressistes pro-européens" et celui qui a endossé, non pas le gilet jaune, mais la jaquette de l’illibéralisme, à savoir le désormais connu Premier ministre hongrois, Viktor Orbán. Mais comme souvent, à la dernière minute s’invite l’outsider qui n’était pas prévu, ici en l’occurrence ce sont les Gilets jaunes qui ne devraient pas être seulement français.


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Pas de chance pour "l’équipe à Macron", c’est la Roumanie qui prend la tête de l’Union européenne pour les six prochains mois. En clair, c’est elle qui sera aux commandes au moment des élections. Cette même Roumanie qui s’est rangée derrière la Hongrie et la Pologne pour assumer le fait de ne pas respecter la philosophie première des principes européens et qui aujourd’hui est par conséquent en froid avec Bruxelles.

En effet, Bucarest est accusée par l’Union européenne, comme la Hongrie et la Pologne, de ne pas respecter l’État de droit dans le pays. Il s’agit principalement d’atteinte à l’indépendance de la justice et des médias. Le comportement de ces trois pays a été dénoncé par le Parlement européen en application du désormais célèbre article 7 du traité de l’Union européenne, sans réel danger puisque requérant l’unanimité des pays membres. Une seule solution pour Bruxelles, contourner les dispositions de l’article 7 du traité en conditionnant l’octroi des fonds européens au respect de l’État de droit. Affaire à suivre mais sûrement pas dans les six prochains mois…

En France comme ailleurs, les listes européennes sont loin d’être bouclées. Dans les sondages, le Rassemblement national caracole en tête. Il pourrait être suivi de près par une liste des "gilets jaunes" si évidemment ceux-ci arrivent à en constituer une. Ce serait d’ailleurs une bonne nouvelle pour le président français puisqu’il semblerait que cela diviserait les voix en faveur du Rassemblement national. Et les résultats de la consultation proposée par le Conseil économique, social et environnemental pourraient aller dans ce sens. Surtout lorsque l’on apprend que la première des revendications de ceux qui ont répondu à cette consultation serait l’abrogation de la loi Taubira c’est-à-dire la loi concernant le mariage pour tous. Difficile d’imaginer que ce soit cette loi qui soit la première des revendications des "gilets jaunes", mais il semble que certains partisans et militants bien organisés aient répondu à cette enquête pendant que d’autres étaient dans la rue.

Le mouvement des "gilets jaunes" a porté un coup si non de grâce du moins important à la popularité d’Emmanuel Macron, celui-là même qui se présente comme un progressiste aux yeux des Européens mais qui aux yeux de nombreux Français joue un rôle tout à fait opposé. Cette contradiction risque de coûter cher au chef de l’État mais surtout à l’Europe. Une Europe dans laquelle de moins en moins d’Européens se retrouvent, d’où le succès d’hommes comme Viktor Orbán qui a su cristalliser sur son nom les peurs et les inquiétudes de certains au point de leur faire oublier pourquoi cette Europe a été fondée il y a maintenant 70 ans.

Mais Viktor Orbán pourrait lui aussi avoir des problèmes sur ses propres terres. Après avoir touché à la justice, aux médias, il s’est attaqué au marché du travail avec une loi controversée voulant assouplir le droit au travail et où les heures supplémentaires - qui pourraient aller jusqu’à 400 annuelles - seraient payées trois ans après les avoir été effectuées! Les protestataires sont dans les rues depuis plusieurs semaines. Comme en France, c’est surtout la faiblesse de l’opposition qui rend Viktor Orbán fort. Mais là pas de chance, tous les partis d’opposition, des Verts à l’extrême droite se sont mis d’accord pour dénoncer cette "loi esclavagiste". Les manifestants en ont profité pour demander l’adhésion de leur pays au Parquet européen ce qu’Orbán refuse évidemment avec obstination. Lui comme d’autres d’ailleurs n’a pas intérêt à ce que l’on mette son nez dans ses affaires financières. Soucieux, le gouvernement hongrois avait présenté cette loi sur le travail comme un moyen de pallier le manque de main-d’œuvre dans l’industrie. En effet, on ne peut pas refuser un certain quota de migrants et avoir un des taux de natalité le plus bas en Europe. Sans être très fort en calcul, à un moment cela finit par coincer. La réalité est cruelle et la politique n’y peut rien et puis Il n’y a pas de raison que Macron soit le seul à l’apprendre et à avoir des problèmes...

Tout va bien, la démocratie est en marche.


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