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Francophonie: un choix politique mais à quel prix?

L'édito de la semaine


Vendredi 12 octobre 2018, la désormais ancienne ministre des Affaires étrangères du Rwanda a été élue secrétaire générale de la Francophonie en remplacement de la Canadienne Michaëlle Jean qui n’avait pas plus démérité que les anciens secrétaires généraux de l’institution internationale. Mais voilà…


edito_141018.mp3 Edito 141018.mp3  (1.46 Mo)

L’élection était pliée avant même le vote, toute les États africains étant derrière la candidate rwandaise. Le Canada et le Québec, soutiens naturels de la secrétaire générale sortante, ont décidé à la dernière minute d’accepter le consensus réalisé autour de Louise Mushikiwabo. Un des soi-disant arguments majeurs du choix de cette dernière était justement qu’elle soit originaire d’Afrique contrairement à Michäelle Jean, oubliant aisément que cette dernière avait elle-même été élue en 2014 en partie grâce à ses racines d’afro-descendante!
Ces élections qui n’en étaient plus vraiment, puisque tout fut décidé en coulisses, portent de forts relents de realpolitik. En effet, Louise Mushikiwado va devoir convaincre les francophones de son réel intérêt pour la francophonie car pour l’instant ce n’est pas criant.
Celle qui fit d’abord des études d’anglais pour devenir traductrice de la langue de Shakespeare aux États-Unis, demeure néanmoins une parfaite francophone. Candidate du Rwanda, pays aux relations complexes avec la France depuis le génocide du milieu des années '90, qui par rétention avait choisir d’intégrer le Commonwealth, veut désormais jouer sur les deux tableaux. Pourquoi pas?
24 années après le génocide, le temps et les nécessités politiques ont joué leur rôle. Même s’il faudra certainement encore beaucoup de recul à Louise Mushikiwado pour travailler avec la France, pays tenu en parti responsable du génocide des Tutsi et par conséquent de sa propre famille.
Surtout, elle risque de continuer à être le meilleur porte-parole du président Paul Kagame dont elle est une fidèle parmi les fidèles. Depuis que l’OIF a été fondée, était placée à sa tête des anciens chefs d’État. Michaëlle Jean ayant été elle-même gouverneure du Canada. C’est la première fois que l’organisation francophone choisi une ministre en exercice. C’est-à-dire une personne encore en activité pour son pays. Cela ne peut être anodin. Les chefs d’État africains qui l’ont élu alors que le Rwanda est déjà à la tête de l’Union africaine cette année ne doivent pas ignorer la toile qui se tisse.
Le plus grand risque semble-t-il avec le choix de Louise Mushikiwado est que soit indirectement au minimum, validé un gouvernement autocratique, peu concerné par les droits de l’homme et par la liberté d’expression. En validant ce choix, les pays européens et africains donnent-ils le bon exemple? Veulent-ils confirmer que les principes démocratiques occidentaux ne sont pas les mêmes que ceux que l’on doit appliquer en terre d’Afrique?
Michaëlle Jean qui n’a pas fait ni mieux ni pire que ses prédécesseurs a tenu néanmoins à tirer sa révérence en rappelant quelques vérités sur l’aspiration légitime à plus de liberté, de justice, de dignité, d’égalité… Oui cela peut ressembler à un blabla convenu mais cette ligne de conduite doit rester la seule. Cette déclaration de l’ancienne secrétaire générale de l’OIF à la nouvelle qui depuis des années, reflétant la positon de Paul Kagamé, rappelle que "les droits de l’homme et de la démocratie ne sont pas des valeurs très claires" et que les Africains ont leurs propres conceptions en la matière.

Les actus vidéos du 8 au 14 octobre 2018


14/10/2018










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