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Journaliste, un métier à risque

L'édito de la semaine


Etre journaliste, c’est prendre des risques. Et l’ignorer en entrant dans le métier, c’est oublier que "porter la plume dans la plaie" peut avoir de fâcheuses conséquences. En France, pays relativement tranquille, du moins jusqu’à ces dernières semaines, nous ne devons pas oublier que le 2 décembre peut être un jour de victoire, de sacre mais aussi de coup d’Etat…


edito_2_12_18.m4a Edito 2 12 18.m4a  (1.61 Mo)

En Europe et ailleurs, les journalistes sont régulièrement menacés et parfois tués. Ils le sont parce que le plus souvent, ils ont dénoncé ce qu’ils estiment être une situation ou un propos malhonnêtes. Ces dénonciations ne peuvent qu’évidemment entraîner des mécontentements. Et c’est là que le risque intervient.

Auparavant, le plus souvent, ceux qui menaçaient les journalistes étaient des criminels et autres groupes mafieux. Toutefois, depuis quelque temps, ceux qui tentent d’intimider les informateurs de tout poil ne sont plus forcément les méchants. Ce sont des personnes, des collectifs qui s’estiment au minimum stigmatisés par les médias.

Aujourd’hui, les hommes et les femmes politiques n’hésitent plus à dénoncer le comportement qu’ils jugent malhonnête de certains journalistes. Pire, ils changent la loi. Le président Macron a ainsi fait voter un décret contre les fakenews partant certainement du principe que certains médias publient volontairement des mensonges. De son côté, le député Mélenchon n’a pas hésité à tacler les médias et à les menacer… etc. C’est en France, mais c’est aussi ailleurs bien évidemment.

En agissant ainsi, ces politiques remettent en cause la légitimité des médias. Peut-être aussi la liberté d’expression, certains d’ailleurs s’en inquiètent et le dénoncent. Mais ne mélangeons pas tout. La question est de savoir si agresser des journalistes dans l’exercice de leur métier est une volonté délibérée de limiter voire d’interdire la liberté de parole. A priori oui, mais des questions s’imposent.

Ainsi, pourquoi certains médias aux mains des plus grandes fortunes de France ne seraient-ils pas soupçonnés de collusion avec les grandes entreprises, avec le monde politique, etc… Nous payons en France le fait d’avoir accepté que nos principaux médias, désormais appelés mainstream, sous-entendant que ces journaux répètent tous une pensée dominante, soient la propriété de ceux-là même qui aujourd’hui obligent en partie les Gilets jaunes et d’autres à hurler leur exaspération dans la rue.

Des Gilets jaunes qui se retrouvent face à des journalistes souvent formatés pour certains exercices et qui ne savent quel comportement adopter face à ceux qui ne sont pas organisés, qui n’ont pas de représentants élus, qui n’ont pas de discours léché, carré prêt à consommer. Il faut les voir ces interviews sur les chaînes en continu, où des journalistes, professionnels de l’image, habillés, maquillés, au discours rodé, restent perplexes vis-à-vis de ces Gilets jaunes qui pour certains acceptent de venir sur leur plateau. Eux viennent pour expliquer rugir leur mal être et les autres les reçoivent avec cette pointe de mépris dont ils ne sont même plus conscients parce qu’en face d’eux il y a des hommes et des femmes qui ont du mal à s’exprimer, qui ont du mal à expliquer leur sentiment d’exaspération.

C’est ce comportement là que dénoncent les Gilets jaunes et les autres. Alors évidemment rien ne doit justifier la violence. Et celle-ci ne doit pas répondre à une autre forme de violence et pourtant… Les Gilets jaunes comme tous savent que le travail des journalistes est indispensable au cœur d’une démocratie, mais le problème aujourd’hui c’est qu’ils doutent de cette démocratie. Il est donc urgent de leur redonner confiance en les considérant. C’est le travail des politiques mais aussi des journalistes. Et heureusement, certains le font très bien.

Les actus vidéos du 26 novembre au 2 décembre 2018


02/12/2018