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La chienlit ou la Terreur?

L'édito de la semaine


Par Rédigé le 13/01/2019 (dernière modification le 13/01/2019)

Ces derniers temps, les références historiques pleuvent. Qu’elles sortent de la bouche des politiques, des journalistes ou des spécialistes de telle ou telle question, partout elles fleurissent avec plus ou moins de pertinence.


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Depuis la mi-novembre, chacun à sa façon essaie de comprendre et d’analyser le mouvement des "gilets jaunes" pour tenter trop souvent de prédire l’avenir. Certains se demandent si nous assistons à une révolution plus ou moins comparable à ce qu’a vécu la France en 1789. Nombre d’entre ceux qui manifestent depuis deux mois se revendiquent d’un événement historique qui fêtera son 230e anniversaire cette année. Les symboles de la Révolution française sont présents dans les manifestations, tels les bonnets phrygiens, les cahiers de doléances ou bien encore les guillotines symboliques. Surtout les revendications en rappellent d’autres, comme la lutte contre l’injustice, la demande de plus d’égalité ou encore la critique d’un pouvoir lointain et sourd, souvent qualifié de méprisant. Il est vrai que la dernière sortie du président Macron donne l’impression que rien ne change et que rien n’a été compris. Alors que le président si souvent comparé à un monarque tirait justement les rois, il n’a pu s’empêcher à cette occasion de tirer cette fois-ci une nouvelle salve en direction de ses concitoyens. Leur rappelant que sans effort on n’a rien dans la vie ou encore que les droits c’est bien, mais que les devoirs c’est encore mieux. Décidément, il ne changera jamais!

Toutefois, nos apprentis historiens ne doivent pas oublier que la Révolution française a connu un épisode sanglant à travers celui de la Terreur. Et il est vrai que certains politiques ont eu la bonne idée de réclamer face aux manifestations et revendications des "gilets jaunes", l’état d’urgence qui tient de l’état d’exception. Réaction classique d’un pouvoir qui se sent menacé et qui ne sait pas et trop souvent ne veut pas répondre aux revendications d’une partie de la population en colère. Mais n’oublions pas qu’au sein de ladite population, se mêlent des courants divers et variés qui savent profiter d’une situation insurrectionnelle pour tenter de faire passer des messages anti-démocratiques.

En fait, ce n’est pas tout à fait vrai. Une des réponses du gouvernement a été de proposer une consultation à travers un grand débat que la présidente de la Commission nationale du débat public aurait dû mener. Toutefois, son salaire ayant été communiqué à la presse, Chantal Jouanno par décence a estimé ne plus pouvoir porter la parole des Français. Elle s’est par conséquent retirée tout en conservant poste et salaire. En effet, on comprend que celle qui a été secrétaire d’État puis ministre sous la présidence de Nicolas Sarkozy et qui est désormais haute fonctionnaire, représentante typique de ceux qui font des aller-retour entre la haute fonction publique et la politique, ne s’estime plus légitime pour débattre du niveau de vie et du pouvoir d’achat des Français avec une telle rémunération. En revanche, à la tête de l’exécutif, personne ne semble remettre en cause le montant des revenus des hauts fonctionnaires alors que nul ne peut ignorer qu’aujourd’hui c’est ce type d’exagération qui fait bouillir nombre de Français. Le succès de cette consultation est loin d’être assuré. Sollicités, nombre de maires n’y croient pas et ne veulent pas pour certains faire le travail du gouvernement. Encore en première ligne, les élus locaux sont pourtant les moins bousculés par le mouvement des "gilets jaunes".

Parmi les autres références historiques, on citera celle qui concerne le 6 février 1934. C’est évidemment celle que les représentants du gouvernement apprécient particulièrement. La menace de la prise de l’Assemblée nationale par les factieux de l’extrême droit est devenue la référence préférée de ceux qui estiment incarner les valeurs républicaines pas toujours en toute modestie d’ailleurs. Enfin, il y a celle du général De Gaulle qui face aux manifestations de mai 68 avait dit accepter les réformes mais pas la chienlit! De fait, la principale réforme de l’époque fut l’augmentation de 30% du SMIC. Mais pour le reste, rien ne changea vraiment et il y a fort à parier qu’aujourd’hui non plus rien ne changera vraiment.

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