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"Réduire le nombre de ses ennemis et augmenter celui de ses amis"

L'édito de la semaine


Parce que nul ne peut vivre bien longtemps entouré d’ennemis, le président turc a fait le premier pas en se rendant vendredi 5 janvier 2018 à Paris pour une courte visite officielle. Après une année de relations tendues avec Bruxelles et nombre de pays européens, il a proposé un nouveau cadre de relations et de négociations à un président français pragmatique.


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Cela ne veut évidemment pas dire que le président turc va modifier quoi que ce soit dans sa politique actuelle vis-à-vis de ses opposants, car il est convaincu de son bon droit. Mais comme il l’a dit lui-même, il veut réduire le nombre de ses ennemis et augmenter celui de ses amis. C’est une sage politique qui ne peut semble-t-il, être basée qu’au minimum sur deux éléments. D’une part la pédagogie, en expliquant pourquoi il agit ainsi vis-à-vis de ses opposants et travailler sur l’image désastreuse de son pays en France et ailleurs; et d’autre part, en rappelant, si c’était nécessaire – que la Turquie est située dans une région qui a toujours été un carrefour d’échanges économiques, culturels et religieux et qu’elle est un lien éternel entre l’Orient et l’Occident. Qui dit mieux? Qu’on le veuille ou non, la Turquie reste un partenaire essentiel au Moyen Orient…, alors, il faut négocier.

De son côté, Recep Tayyip Erdogan s’est déclaré très satisfait de ses entretiens avec le président français. Tout en n’étant pas gagné, le pari était néanmoins joué d’avance. On imagine bien que le président turc ne s’est pas présenté à l’Elysée sans être sûr de l’accueil qui lui serait réservé. D’ailleurs, Paris n’a certainement pas été choisi au hasard. Parmi les chefs d’Etat européens, le français fut celui qui laissa toujours depuis son élection en mai 2017 et avant lui son prédécesseur, une porte ouverte à la Turquie. La France n’avait-elle pas laissé le ministre turc des Affaires étrangères tenir un meeting politique à Metz au printemps dernier alors que l’Allemagne et les Pays-Bas s’y étaient fermement opposés chez eux? Et si Angela Merkel a bloqué l’an dernier les négociations avec la Turquie, le président Macron s’était quant à lui, exprimé sur sa volonté contraire afin d’éviter les ruptures. Realpolitik quand tu nous tiens…

D’ailleurs, juste après Paris, le ministre des Affaires étrangères turc s’est rendu à Berlin pour une reprise des relations avec l’Allemagne et en est revenu très satisfait. Et ce n’est pas rien quand on sait que Berlin reste le principal interlocuteur européen d’Ankara. Car en toile de fond, c’est bien de cela qu’il s’agit, reprendre les négociations européennes sur la base de nouveaux cadres. Toutefois, aucun nouveau chapitre n’a été ouvert et le président français a plus parlé désormais de partenariat que d’adhésion.

Pour les six mois à venir, la Bulgarie prend la présidence de l’Union européenne. C’est pour la Turquie une occasion à ne pas manquer. Ces deux pays ont en commun, en dehors du fait d’être très mal classés dans le rapport de Reporters sans frontières quant à la liberté de la presse, des racines, une histoire, des cultures, etc. Aux frontière de l’Europe, la Bulgarie aspire entre autres, à jeter des ponts entre l’est et l’ouest en y intégrant évidemment la Turquie, pays avec lequel, rappelons-le, elle partage 259 km de frontière. Et un premier pas est déjà fait dès aujourd’hui. Après sept années de rénovation assurée par les Turcs, l’église chrétienne orthodoxe bulgare Saint Stéphane, située sur la rive européenne d’Istanbul a été inaugurée par le président Erdogan en présence du Premier ministre bulgare, Boïko Borissov. Le message est double, une main tendue aux Bulgares et une preuve de l’ouverture d’esprit des autorités turques de confession musulmane aux chrétiens orthodoxes vivant en Turquie.

Les actus vidéos du 1er au 7 janvier 2018


07/01/2018




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