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La vie des musiciens n’est pas toujours un long fleuve tranquille  02/11/2019

Dans la soirée de mardi 29 octobre, le violoniste britannique qui revenait d’une série de concerts avec le London Philharmonic Orchestra, oubliait son instrument dans un train lors du changement pour rejoindre son domicile à Penge East, au sud-est de Londres. La compagnie ferroviaire britannique Southeastern est à la recherche de ce violon, collabore avec la police des transports et fait naturellement tout son possible pour le retrouver, ils visionnent les images des caméras de surveillance du train et des arrêts.

Vieux de 310 ans, l’instrument sorti en 1709 de l’atelier du luthier allemand David Tecchler à Rome a été acheté en 2003 quelque 250.000£ soit environ 289.000€. Stephen Morris se dit "dévasté, non pas de perdre une pièce inestimable, mais mon gagne-pain quotidien". Heureusement il a pu emprunter un violon à sa femme, violoniste elle aussi, pour se produire avec le Royal Philharmonic Orchestra dans le cadre de deux concerts d'Andrea Boccelli. En attendant de retrouver le sien, il a appelé toute personne en sa possession de "le rendre", car c’est également un "morceau d'histoire".

On ne compte plus les instruments volés, certains ont été perdus à jamais, d’autres retrouvés car invendables vu leur célébrité.
Il est des cas, heureusement fort rares, où le musicien voudrait être ailleurs. Le 20 octobre dernier, au Teatro dal Verme à Milan, le chef chinois Muhai Tang était à la tête de l'Orchestre philharmonique de la Scala pour un programme "Nuits de Chine", dans le cadre des célébrations des 70 ans de la République populaire de Chine. Quand subitement il perdit son pantalon qui semble-t-il était trop grand pour lui. Le public ne fut pas le seul à rire, quelques musiciens n’ont pas réussi à garder leur sérieux, cependant en bons professionnels tous sont parvenus à exécuter la "Train Toccata" du compositeur Liu Yuan, jusqu’au bout. Pendant ce temps, Muhai Tang se rhabillait et reprenait le concert. Inutile de préciser que cette scène insolite a été filmée, rires compris, par un spectateur et a été immédiatement partagée sur YouTube.

Revoici la saison des prix littéraires  01/11/2019

Cette fois on en est vraiment sûr, elle est bien ouverte. Traditionnellement, elle commence avec le Grand Prix du roman de l’Académie française et ce jeudi 31 octobre, il a été attribué à Laurent Binet pour "Civilizations" paru le 14 août dernier. Ce prix créé en 1914 et décerné chaque année au mois d'octobre, récompense l’oeuvre jugée la meilleure de l’année par les académiciens français.

Avec "Civilizations", son troisième roman paru chez Grasset, Laurent Binet succède ainsi à Camille Pascal qui avait obtenu le Grand Prix du roman de l’Académie française 2018 pour "L’été des quatre rois" chez Plon. Laurent Binet l’a emporté sur Bruno Cessole, avec dix voix contre 8, pour son roman d’espionnage "L’Ile du dernier homme" chez Albin Michel, et Brigitte Giraud avec "Jour de courage".

Né à Paris le 19 juillet 1972, il commence sa carrière littéraire en 2000. Agrégé de lettres modernes, il enseigne dans le secondaire puis à l’université Paris VII-Denis Diderot, il a même été chanteur-compositeur. Cette jeune carrière a déjà été jalonnée de nombreux prix. Goncourt du premier roman en 2010 avec "HHhH", pour pour Himmlers Hirn heisst Heydrich, en français "le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich" et prix des lecteurs du Livre de poche 2011 puis prix du roman Fnac et Interallié pour "La Septième fonction du langage" en 2015.

"Civilizations" ressortit au genre de l’uchronie, autrement dit on part d’un fait réel et on le détourne… cela devient la conquête de l'Europe par les Incas au XVIe siècle. Colomb n’a pas découvert l’Amérique en 1492, mais en 1531, les Incas d’Atahualpa qui n’avait pas été tué en 1533 à Cajamarca par les hommes du conquistador Fernando Pizarro, débarquent à Lisbonne et vont envahir l’Europe de Charles-Quint. Ils découvriront les guerres de religion, l’Inquisition, les débuts du capitalisme ou la menace permanente des Ottomans, et rencontreront François Ier, Erasme, Luther aussi bien que Montaigne. Tout ceci n’a pas eu lieu mais aurait pu être si les Incas avaient connu le cheval, le fer et les anticorps.

Quatre candidats en lice pour le prix Goncourt  29/10/2019

Les 26 et 27 octobre, les jurés de la prestigieuse récompense avec leur président Bernard Pivot étaient réunis à Cabourg sur la Côte Fleurie en Normandie, pour célébrer le centième anniversaire de la remise du prix Goncourt à Marcel Proust le 10 décembre 2019. Il couronnait "A l’ombre des jeunes filles en fleurs", le 2e volume de "A la recherche du temps perdu". Proust fréquentait Cabourg qui paraît dans son oeuvre sous le nom de Balbec. Les jurés du Goncourt en ont profité ce dimanche 27 octobre pour révéler le résultat de leur troisième sélection. Ils ont annoncé le nom des écrivains qui figurent dans la sélection finale de la récompense. Ils ne sont plus que quatre auteurs, cinq ont été évincés. Ils concourront donc pour le prix Goncourt le 4 novembre. Parmi eux, Amélie Nothomb, auteur consacré depuis longtemps et favorite avec "Soif" paru chez Albin Michel, cette fois elle se glisse dans la peau du Christ. Ce serait pour elle la consécration même si elle a déjà reçu une quantité de prix.

Notamment,il y a vingt ans, le Grand prix du roman de l’Académie française pour "Stupeur et tremblements". En 2007, le prix de Flore lui était attribué pour"Ni d’Eve ni d’Adam". L’année suivante,le grand prix Jean Giono lui était remis pour l’ensemble de son oeuvre. Jean-Paul Dubois est un autre favori pour "Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon" (L’Olivier). Olivier Rolin est lui aussi en lice avec son roman "Extérieur monde", publié chez Gallimard. Enfin, Jean-Luc Coatalem avec "La part du fils" (Stock) est également un concurrent, il figure aussi sur la deuxième liste du prix Renaudot.

Les candidats qui n'ont pas eu l'heur d'être retenus n'ont pas perdu espoir, Santiago H. Amigorena (Le ghetto intérieur , P.O.L) reste en liste pour le Médicis, le Renaudot et le prix Décembre. Natacha Appanah (Le ciel par-dessus le toit , Gallimard), figure sur la deuxième liste du Prix Renaudot. Dominique Barbéris (Un dimanche à Ville-d’Avray , Arléa) pense recevoir le prix Fémina.

Nomination à l’Opéra de Lyon  29/10/2019

Il aura un nouveau directeur à partir du mois de septembre 2021. Il s’agit de Richard Brunel, actuel directeur du Centre dramatique national de Valence. Il succédera ainsi à Serge Dorny qui lui, prendra ses fonctions à la tête du Bayerische Staatsoper à Munich. Mardi 22 octobre, la candidature de Richard Brunel avait été proposée par diverses autorités lyonnaises et Franck Riester, ministre de la Culture, l’a entérinée peu après. Richard Brunel est un familier de l’Opéra de Lyon où il a souvent collaboré avec l'orchestre et le ballet. Fort de l’enseignement qu’il a reçu de Robert Wilson, Krystian Lupa, Peter Stein et Patrice Chéreau au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris il saura sans aucun doute améliorer encore le niveau atteint par l’établissement, un des plus réputés de France qui a reçu ces dernières années plusieurs distinctions européennes.

Créateur de nombreuses mises en scène en France et en Europe, Richard Brunel est régulièrement invité au Festival d’Aix-en-Provence, à l’Opéra de Lille, ou à l’Opéra-Comique. Il disposera de deux ans pour préparer ses premières programmations. Il "prévoit d’explorer de nouveaux processus de création qui permettront aux compositeurs, chefs d’orchestre, metteurs en scène et chorégraphes de la nouvelle génération de faire œuvre à Lyon aux côtés des grands noms d’aujourd’hui".
Le maire LREM de Lyon Gérard Collomb s’est dit réjoui de cette nomination "Richard Brunel traduit la même innovation que celle du recrutement de Serge Dorny en 2003".

Huysmans est entré dans la Bibliothèque de la Pléiade  28/10/2019

Jeudi 24 octobre, le romancier et critique d’art, Joris-Karl Huysmans né Charles Marie Georges Huysmans à Paris le 5 février 1848 et décédé le 12 mai 1907 dans la même ville, entrait dans la prestigieuse collection des éditions Gallimard. 642e dans le catalogue, il y rejoint Racine, Vargas Llosa, Montesquieu, Proust, Cervantes, Borges, Céline, Gide ou Voltaire entre autres. Le premier tome "Romans et nouvelles" avec ses 1.856 pages, réunit Marthe, histoire d'une fille, Les Sœurs Vatard, Sac au dos, En ménage, À vau-l'eau, À Rebours, Un Dilemme, En rade, Là-bas, En route. Son premier livre paru en 1874 à compte d'auteur et au titre étrange, Le drageoir aux épices, recueil de poèmes en prose ou de courtes nouvelles, ne figure pas dans cette édition de la Pléiade mais a été réédité par Gallimard dans la collection Poésie de Folio. Les Éditions de l'Herne de leur côté, ont publié mercredi 23 octobre un "Cahier Huysmans".

Par ailleurs, le Musée d'Orsay présentera du 26 novembre au 1er mars 2020 une exposition "Huysmans, critique d’art", organisée par les musées d'Orsay et de l'Orangerie, ainsi que les Musées de la Ville de Strasbourg où on pourra la voir au Musée d'art moderne et contemporain de la ville du 3 avril 2020 au 19 juillet 2020.  

Pour 66€, prix de lancement jusqu’au 31 mars 2020, les lecteurs en sauront davantage sur les trois grandes périodes de création de cet écrivain, la naturaliste proche de Zola et Maupassant, la décadente et la catholique qui suit la conversion. De toute cette oeuvre abondante, on connaît surtout l’extraordinaire "A rebours", paru en 1884 qui narre l’existence de Jean des Essences, dandy aristocrate et esthète décadent; qui influencera dit-on, le "Le portrait de Dorian Gray" d’Oscar Wilde. Lors de la parution d’A rebours, Barbey d’Aurevilly avait "écrit"Après un tel livre, il ne reste plus à l’auteur qu’à choisir entre la bouche d’un pistolet ou les pieds de la croix".

En 2015, Michel Houellebecq avait sorti Huysmans d’un certain oubli avec son héros François, professeur d’université à Paris III qui dans "Soumission" faisait des recherches sur l'écrivain.

Une perle rare  25/10/2019

Mohammed Khalifa al-Moubarak, chef du département de la Culture et du Tourisme a annoncé ces jours-ci dans un communiqué "La découverte de la plus ancienne perle du monde à Abu Dhabi montre clairement qu’une grande partie de notre histoire économique et culturelle récente a des racines profondes qui remontent à l’aube de la préhistoire". Cette "perle d’Abu Dhabi" vieille de 8.000 ans, la plus ancienne du monde, a été découverte par des archéologues sur l’île de Marawah, au large de la capitale des Emirats arabes unis. Elle appartient au Musée national Zayed et sera présentée au Louvre Abu Dhabi lors de l’exposition "10. 000 ans de luxe", qui se tiendra du 30 octobre au 18 février prochain. Cette exposition montrera ce qu'est le luxe et sa signification à travers les siècles grâce à 350 objets venant notamment de musées français.

Des analyses au carbone 14 ont montré que les couches de roches d’où provient la perle datent de 5.600 à 5.800 ans avant notre ère, pendant la période néolithique. Des experts pensent que les perles étaient échangées avec la Mésopotamie contre des céramiques et d’autres marchandises, ou portées comme des bijoux. L’industrie perlière a prospéré dans le Golfe jusqu’aux années 1930, "époque des premières découvertes de pétrole et de l’apparition des perles de culture.

Mort d’une légende de la danse  25/10/2019

Le porte-parole du ballet de Cuba annonçait le jeudi 17 octobre qu’Alicia Alonso, unique "prima ballerina assoluta" d’Amérique latine où la danse classique était pratiquement inconnue avant elle, s’était éteinte à l’âge de 98 ans. Elle avait arrêté de danser en 1995, à 74 ans et était alors devenue chorégraphe. Née Alicia Ernestina de la Caridad del Cobre Martinez del Hoyo à La Havane le 21 décembre 1920, elle gardera le nom du chorégraphe Fernando Alonso son premier mari. Ses parents s’installent aux Etats-Unis et elle commence sa carrière en 1938 à Broadway dans plusieurs comédies musicales. Elle débute en 1943 au Metropolitan Opera dans le rôle principal de "Giselle" qui sera longtemps son rôle de prédilection qu’elle interprétera pendant des décennies. "Si Alicia Alonso est née, c'est pour que Giselle ne meure jamais" avait-on l’habitude de dire à Cuba, elle interprétera aussi la Belle au bois dormant ou Coppélia.

Après avoir dansé au Bolchoï, au Kirov et à l'Opéra de Paris, elle revient à Cuba. Elle y crée sa propre compagnie, qui deviendra le Ballet national de Cuba en 1959 après l’arrivée au pouvoir de Fidel Castro. Elle en était un des plus fervents soutiens et n’a jamais abandonné l’île malgré les propositions plus alléchantes les unes que les autres qui lui étaient faites. Tout n’était cependant pas parfait, à l'âge de 20 ans elle était devenue presque aveugle à la suite d’un double dédoublement de la rétine et malgré ce lourd handicap, elle s’orientait avec des repères lumineux disposés sur la scène. Selon son second mari, le directeur du Musée national de la Danse Pedro Simon. "Moi je danse dans ma tête" disait-elle. Elle avait réussi un autre tour de force, attirer des hommes au ballet, malgré les moqueries dans un pays où l'on considérait les danseurs comme homosexuels… Aurora Bosch, une autre danseuse, avait raconté comment elle s’y était prise "Elle leur disait qu'on allait leur donner des cours d'escrime". Quand ils commençaient à répéter pour le ballet ils demandaient "Où est l'épée?'", finalement, ils se laissaient convaincre de danser.

En 2015, le Grand Théâtre de La Havane a été rebaptisé Théâtre Alicia Alonso en signe de reconnaissance pour son apport à la culture cubaine et à sa "fidélité à la Révolution". Et depuis 2018 dans le vestibule a été installée une sculpture en bronze de la ballerine qu’elle avait elle-même dévoilée.
Ses obsèques ont eu lieu le samedi 19 octobre et elle a été inhumée dans le caveau de la famille au cimetière Colomb. De nombreux hommages locaux et internationaux lui ont été rendus dont celui du chef de l’Etat cubain Miguel Diaz-Canel "Alicia Alonso est partie et nous laisse un vide immense, mais aussi un héritage inégalable. Elle a placé Cuba au meilleur niveau de la danse mondiale. Merci Alicia pour ton oeuvre immortelle". Ou bien encore le tweet du président bolivien, Evo Morales, qui évoque “la mort de la Cubaine Alicia Alonso, une des meilleures ballerines de tous les temps, symbole de la culture et de l’art en Amérique latine”. Le gouvernement espagnol, par la voix de son ministre de la Culture, José Guirao, parla d’“un mythe de la danse”, d’une ballerine qui “hors de la scène et jusqu’à son dernier souffle consacra tous ses efforts pour la diffusion et la grandeur de la danse".

Pluie de prix à l'Opéra de Monte-carlo  18/10/2019

Mardi 15 octobre à la salle Garnier était proclamé en présence de S.A.R. la Princesse de Hanovre, le palmarès 2019 de la Fondation Prince Pierre.
Linda Lê, française d'origine vietnamienne, est lauréate du Prix littéraire pour l’ensemble de son œuvre. Ce prix est doté de 25.000€.
Grégory Le Floch est lauréat de la Bourse de la découverte pour "Dans la forêt du hameau de Hardt" aux Éditions de l’Ogre en 2019. Il s'agit de 12.000€.
Aurélie Razimbaud a suscité le Coup de cœur des lycéens avec "Une vie de pierres chaudes" édité chez Albin Michel en août 2018. Prix doté de 6.000€ par la Fondation Princesse Grace.
Le Coup de cœur des jeunes mélomanes a été remis au Finlandais Jukka Tiensuu, pour son œuvre "Teoton, concerto pour sheng et orchestre".
Le Prix international d’art contemporain est attribué à l’Américain Arthur Jafa pour son œuvre "Love Is The Message, The Message Is Death" créée en 2016. L'œuvre, qui a été présentée durant la cérémonie de proclamation des Prix, sera exposée au Palazzo Madama de Turin du 1er au 13 novembre prochain, dans le cadre d'Artissima, Foire Internationale d'Art Contemporain.
Le Prix pour un Essai critique sur l’art contemporain est allé à l’Américaine Anneka Lenssen, proposée par Nada Shabout, pour son texte "Abstraction du nombre? Trouver la plénitude dans la peinture arabe".
Le Français Georges Didi-Huberman a reçu le Prix de la Principauté pour l’ensemble de son œuvre philosophique. Ce prix est décerné conjointement par les Rencontres Philosophiques et la Fondation Prince Pierre de Monaco.

Deux prix Nobel de littérature cette année  14/10/2019

Jeudi 10 octobre à 13h, ­ place de la Bourse à Stockholm, Mats Malm, nouveau secrétaire perpétuel de l’Académie suédoise élu en juin 2019 annonçait que la Polonaise Olga Tokarczuk et l’Autrichien Peter Handke étaient les lauréats de ce prix prestigieux pour 2018 et 2019 respectivement. La première, née le 29 janvier 1962, pour "une imagination narrative qui, avec une passion encyclopédique, représente le franchissement des frontières" et le second, né le 6 décembre 1942, pour "son œuvre influente qui a exploré avec ingéniosité linguistique la périphérie et la spécificité de l’expérience humaine" selon la déclaration du même Mats Malm.

Ce prix qui récompense d’après le testament d’Alfred Nobel une œuvre littéraire ayant "fait preuve d’un puissant idéal" est doté de 9 millions de couronnes suédoises, soit quelque 830.000€. La remise des prix aura lieu à Stockholm le 10 décembre prochain, jour de l’anniversaire de la mort d’Alfred Nobel décédé le 10 décembre 1896.

Pourquoi deux prix en 2019? On se souviendra sans doute qu’à la suite d’un scandale impliquant des membres de l’Académie suédoise à partir de novembre 2017, le prix n’avait pas été attribué en 2018.
A peine le prix Nobel 2017 venait-il d’être attribué, à l’écrivain britannique Kazuo Ishiguro, qu’éclatait un scandale révélé par le quotidien suédois Dagens Nyheter. Dix-huit femmes accusaient le Français Jean-Claude Arnault, personnalité brillante de la vie culturelle suédoise et époux de la poétesse et académicienne Katarina Frostenson, de viols et agressions sexuelles ayant eu lieu entre 1996 et 2017. En outre, il recevait de substantielles subventions de l’Académie et se targuait d’en être le “19e membre”. L’intéressé nie naturellement mais l’Académie l’évince immédiatement et arrête toute subvention. En mars 2018, l’affaire est classée sans suite pour cause de prescription ou faute de preuves. Dans les semaines qui suivent, six académiciens dont la secrétaire perpétuelle en exercice Sara Danius, décédée le 12 octobre 2019, démissionnent. Ceux qui restent jugent indispensable de se donner du temps avant la désignation du prochain lauréat. En décembre 2018, la justice suédoise condamne finalement Jean-Claude Arnault en appel à deux ans et demi de prison ferme et à une amende pour viol. Et un nouveau secrétaire perpétuel est élu. De nouveaux membres font aussi leur entrée, tandis que cinq “consultants externes indépendants” chargés d’apporter de “nouvelles perspectives” sont engagés.

Il faut signaler qu’à côté du prix Nobel existe depuis 1980 le Right Livelihood Award, connu en français sous le nom de "Prix Nobel alternatif" il est doté d’une somme équivalente à 250.000€ répartie entre quatre lauréats choisis pour des thèmes différents comme l'environnement ou les droits de l'homme notamment. Ce prix est remis le 9 décembre au Parlement suédois, la veille de la cérémonie du prix Nobel. Cette année, la lauréate en a été Greta Thunberg "pour avoir inspiré et porté les revendications politiques en faveur d'une action climatique urgente conforme aux données scientifiques".
 

Extraordinaire découverte archéologique à Majorque  08/10/2019

Elle a récemment été faite sur le site du talayot du Serral de ses Abelles, lieu qui doit accueillir prochainement un grand musée que l’île va dédier à son histoire. Une épée de bronze, vieille de quelque 3.200 ans, vient donc d’être trouvée lors d’une fouille préparatoire. Les deux archéologues Jaume Deyà et Pablo Galera ont découvert, presque par hasard, cette arme fendue en deux près d’un mégalithe. L’épée retrouvée, relativement bien conservée, serait selon les premières observations un vestige rare datant de la civilisation talayotique, le talayot est une construction de forme cylindro-conique attribuée aux Phéniciens. Cette période de l’histoire et de la culture des îles Baléares, encore mal connue, a été proposée en 2013 à l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco. Les spécialistes qui ont observé l’épée pensent qu’elle a appartenu à une famille aristocratique de la civilisation talayotique et aurait été enterrée en guise d’offrande. Jusqu’à maintenant, seules dix autres armes du même type ont été découvertes. Maintenant, il s’agit pour les archéologues de tenter de faire le lien entre ces épées et les talayots, des constructions mégalithiques qui pourraient être de petites forteresses militaires ou des tours de surveillance.

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