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Cameroun: Petrole village


Ekok, la ville qui respire le carburant.


Photo prise par l'auteur.
Photo prise par l'auteur.
petrol_village.mp3 Petrol village.mp3  (2.9 Mo)

Le carburant fait parti de la vie des habitants d’Ekok voilà bientôt plus de deux décennies. A Ekok, ville frontalière entre le Nigeria et le Cameroun, les activités tournent sans cesse au quotidien, dû aux échanges qui ont lieu entre le Cameroun et le Nigeria dans cette petite ville. Mais la ville a une particularité qui surprend plus d’un. Il s’agit de la vente du carburant venu du Nigeria. Une pratique illégale selon les autorités qui dure depuis des années. Cette situation a donné une réputation à Ekok au point où les populations ont donné à cette ville le nom de "Petrol village".

Pourtant, Ekok est la petite ville qui ouvre le Cameroun officiellement à la république fédérale du Nigeria dans la région du Sud Ouest et plus précisément dans le département de la Manyu. Ici se fait les échanges de passagers, des commerçants, hommes d’affaires et bien d’autres entre le Cameroun et le Nigeria. Mais chose surprenante, dans cette petite ville où le transport jouit d’une importance capitale, il n’y aucune station service, comme le confirme Ashanga Rogers vendeur en gros de carburant: "Non il n’ y a pas de stations services, ici on achète au Nigeria à Ikom ou à MFUM là à la frontière dans leurs stations services, donc on achète la-bas et revend ici".

C’est le même scénario entre Bamenda et Mamfé. Sur cette longue voie transnationale qui lie le Cameroun au Nigeria on compte deux stations services donc une à Batibo après Bamenda et la seule et unique du département de la Manyu à Mamfé. Selon les habitants de la zone, la station de Mamfé ne parvient pas à satisfaire les besoins des habitants de cette grande ville. Comme solution pour palier à ce déficit, on opte pour le carburant frelaté venu du Nigeria encore appelé zouzoua. Le zouazoua se vend n’importe où dans les deux régions et même en pleine journée.


Vous avez dit carburant?

C’est donc un carburant "dit" frelaté selon les autorités qui est vendu à Ekok. De la ville d’Ekok, il est distribué dans toutes les deux régions anglophones. Le processus est simple selon certains vendeurs que nous avons rencontré. Les acheteurs vont au Nigeria dans les villes de Port Harcout, Mfum, Ikom acheté dans des stations, chez des grossistes. Ce carburant est livré par ces grossistes directement au Cameroun dans la ville d’Ekok. Deboh Brandon nous raconte le processus en bref: "On va au Nigeria, on rencontre ces vendeurs et puis on discute avec eux, si on veut acheter ces bidons jaunes on paye cash 100.000f, on finit de payer on revient au Cameroun et à eux de trouver leur propre véhicule pour venir nous livrer le carburant ici au Cameroun, mais si tu fais parti des membres de l’association des vendeurs de carburant tu peux toi même transporté ton carburant".

Ce carburant est par la suite conduit dans un quartier en périphérie appelé "Petrol village" pour être stocké. Contenu dans des bidons plastiques de 20 litres, ils sont entreposés dans des cabanes faites en bois appelées carabottes, dans l’attente des revendeurs détaillants. A l’arrivée des détaillants, le carburant est transféré dans des bidons de petites contenances puis transportés vers les localités voisines et les villages. Si le lieu est un site de revente, il sert aussi de station service à tous les véhicules qui circulent dans cette petite ville frontalière. Les autorités, les pasteurs, les habitants, les conducteurs de taxis viennent se servir en carburant ici nous confie un vendeur.

Ici le litre coûte entre 450 et 500f contrairement à la pompe qui affiche plus de 600f CFA. Un carburant dont les prix varient sur le marché nigérian en fonction du temps On peut avoir le matin un bidon de 20 litres à 10.000f et le même le soir à 12 voir 13.000f. Rogers Ashanga revient sur les prix du marché: "Vous savez le marché du Nigeria varie, il n’est pas stable comme chez nous au Cameroun ou pendant des années on a eu le même prix à la caisse pour le carburant. Au Nigeria un jerricane peut couter 10.000f le matin, le soir monter à 11000f soit 9000f. Mais pour le moment, ce bidon de 20 l coûte 13.000f. Depuis que la crise a commencé on se bat comme on peut surtout en octobre lors de la fermeture des frontière, ce n’était pas facile. Lors des attaques, c’est plus dure car tout est bloqué et il n'y a pas de mouvement mais on essaye de gérer".



14/06/2018




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