Le drame de notre système, c’est cette démocratie à sens unique. Dans l’enceinte du conseil municipal, et plus encore dans les méandres opaques de la communauté de communes, l’opposition joue trop souvent le rôle de la potiche de service. On l’écoute par politesse, on l’ignore par habitude. Des potentats locaux retrouvent ou se mettent en place, verrouillant des réseaux de décision sans réelles barrières, transformant ce qui devrait être des maisons communes en véritables chasses gardées.
Pendant ce temps, le réel frappe à la porte. Les maires vont devoir jongler avec des budgets exsangues, étranglés par des factures d'énergie qui explosent. La difficulté est là, brutale, et elle ne se réglera pas par de simples discours de vœux.
Et l'abstention, toujours elle, reste le premier parti de France. Ce silence des urnes est le miroir de notre fragilité. Car ne nous trompons pas : si les partis dits « démocratiques » voient aujourd'hui les extrêmes frapper à leur porte, c’est d’abord le fruit de leur propre impuissance. À force de gestion comptable sans vision et d’entre-soi protecteur, ils ont eux-mêmes tracé la route à ceux qu’ils prétendent combattre. Le château de cartes est de plus en plus vacillant, et ce n'est pas en repeignant les volets de la mairie que l'on empêchera le vent de s'engouffrer.






Canicule : quand la cécité collective nous mène au bord du gouffre

